Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

11Juin/120

Critique: The Theatre Bizarre – David Gregory/… – 2012

Synopsis:
David Gregory, éditeur indépendant de dvd via son label « Severin Films », a eu l’idée de produire une nouvelle anthologie de films d’horreur dans l’esprit du Theatre du Grand Guignol et ce après avoir édité un court documentaire sur le film "ARIA" composé d’extraits d’opéras illustrés par 10 réalisateurs dont Ken Russell, Nicolas Roeg, Jean-Luc Godard et Robert Altman. Coproduite par Metaluna la société de production de Jean-Pierre Putters et Fabrice Lambot, l’intérêt de l’œuvre malgré de très petits budgets alloués à chaque court-métrage, était de donner une grande liberté artistique et créatrice aux réalisateurs.

L'avis d'Alice:
Premier segment du film,"The Mother of Toads" donne l’occasion à Richard Stanley ("Hardware", " Le souffle du démon") de revenir sur le devant de la scène. Il nous raconte l’histoire d’un couple d’anthropologues Américains en voyage en France qui rencontre sur un marché une femme étrange,affirmant détenir un exemplaire du Nécronomicon... Hélas, son sketch de monstre est mal éclairé et manque d’originalité. Il ne parvient pas à éviter les clichés et se révèle au final l’un des plus faibles. On retiendra surtout la présence de Catriona McCall, actrice des films d’horreur géniaux de Lucio Fulci (Frayeurs, L’au-delà, La maison près du cimetière). " I love you" de Buddy Giovinazzo, est un drame domestique qui rappelle son culte « Combat Shock ».Il bénéficie d’une interprétation très convaincante et crée la surprise dans son traitement et son twist tragique et bouleversant. " Wet Dreams " de Tom Savini est une farce réjouissante dans laquelle un mari infidèle se voit assailli par des cauchemars de castration. Sexe, dialogues jouissifs et humour noir composent ce segment divertissant au twist bien dans l’esprit du film. " The accident " le segment de Douglas Buck s'inscrit dans le genre dramatique et n’a pas grand-chose à voir avec le concept du film. Pas forcément à sa place, cela en fait une respiration bienvenue avant les deux derniers sketchs. Envoutant et onirique, c’est l’un des meilleurs malgré sa très courte durée. Dans " Visions Stains " de Karim Hussain, une jeune femme assassine des droguées pour prélever leur liquide oculaire au moyen d’une seringue afin de se l’injecter ensuite dans l’œil. Elle a en effet découvert qu’au moment où les victimes rendent leur dernier souffle et voient leur vie défiler devant leurs yeux, le liquide était « imprégné » des souvenirs les plus marquants de leur vie. Glauque, difficilement supportable à visionner (certains spectateurs se seraient évanouis devant les très gros plans des aiguilles qui s’enfoncent dans l’œil) c’est l’épisode choc du film. Le répugnant " Sweets " de David Gregory, est l'opus le plus trash du lot. Il nous raconte une histoire d’amour qui se termine et clôt le film en une apothéose grotesque de bouffe, de vomi, de gore et de cannibalisme ! De qualité variable, ce film à sketches évoque surtout " Les contes de la crypte " ou " La quatrième dimension " et présente des courts-métrages assez maitrisés et de bonne facture. Quelques figures incontournables de l’horreur: Tom Savini, Udo Kier, Debbie Rochon et Catriona McCall entre autres, devraient ravir à eux seuls tous les amateurs du genre. Le tout manque néanmoins de cohésion, malgré des thématiques communes aux différents sketchs. La faute sans doute à un " fil conducteur " (réalisé par Jeremy Kasten) reliant les segments les uns aux autres sous forme d’entractes mal amenées, relativement plates et incohérentes et qui échoue donc à " cimenter " l’ensemble. Dommage, c’est pourtant le sketch le plus fidèle au thème du Theatre du Grand Guignol à l’honneur sur le projet.

Critique réalisée par Alice.

Réactions
Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier