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26Août/120

Critique: La maison des ombres – Nick Murphy – 2011

Synopsis:
Quelques années après la fin de la première guerre mondiale, Florence Cathcart est une chasseuse de fantômes renomée en Angleterre. Elle est invitée par Mallory, un ancien mutilé de guerre devenu professeur d'histoire, dans un pensionnat qui abrite un terrible secret. Un enfant y est décédé il y a peu et aurait aperçu un fantôme. Florence va utiliser tous les accessoires scientifiques dont elle dispose pour trouver une explication rationnelle à ce qui s'est passé et rassurer du même coup tous les enfants de l'établissement...

Mon avis:
Voilà ce que j'appelle un petit bijou. Je n'avais pas été touché émotionnellement par un long métrage de ce type (surtout une ghost story) depuis bien longtemps. Le réalisateur fait preuve d'une classe folle notamment lors de ses cadrages et dans l'utilisation de couleurs délavées donnant un côté triste et mélancolique à l'histoire. Car plus que la peur, c'est surtout une certaine forme d'analyse psychologique qui nous est proposée ici. Les amateurs de sensations fortes à grand spectacle risquent forcément d'être déçus mais passer à côté d'une telle merveille me parait tout simplement inconcevable. Le film prend son temps pour nous présenter le quotidien de ce pensionnat pas comme les autres qui semble abriter une âme perdue. Florence va sortir l'artillerie lourde pour tenter de prouver le contraire et la première partie du film devrait rappeler des souvenirs aux fans d'émissions comme celle de R.I.P. par exemple. Elle utilise en effet tout un tas d'ustensiles qui vont du détecteur de champ magnétique à l'appareil photo qui ressemblent à s'y méprendre à ceux utilisés par la bande à Nico mais avec 90 ans de moins... Peu à peu, l'histoire va basculer et ne va pas ménager l'esprit cartésien de Florence. Certaines scènes d'apparitions du fantôme sont proprement tétanisantes (il faut dire qu'il n'a pas une tronche de porte bonheur) et d'autres, plus calmes, vont à coup sûr vous filer la chair de poule (le moment ou Florence regarde dans la maison de poupées m'a littéralement glacé le sang...). Le réalisateur va alors commencer à nous dévoiler la solution de son puzzle qui devrait mettre en pièces les plus blasés d'entre vous! Le twist final, juste hallucinant, fait en même temps preuve d'une grande tendresse et d'une grande sensibilité; la beauté des images étant soutenue par une bande originale elle aussi à la limite de la grâce, appuyant encore si besoin était sur cette charge émotionnelle que l'on trimballe depuis le début. Et plus fort encore, même la dernière image passée, on est toujours en droit de se demander si réellement on a vu ce qu'on devait voir ou si finalement nos ressentis ont encore une fois été trompés. Une gageure. Le film se permet aussi quelques clin d'oeils à de grands auteurs comme Lewis Caroll et son "Alice au pays des merveilles": une peluche en forme de lapin est retrouvée par Florence dans un "passage secret" et semble symboliser plusieurs choses; le passage à l'âge adulte ou la prise de conscience d'un autre monde, qu'elle ne peut pas comprendre.. ce qui est un peu la même chose vous en conviendrez. Et comme Mallory le dit si bien "C'est les yeux fermés que l'obscurité est la plus forte...".

La maison des ombres est instantanément devenu pour moi un classique et à même nécessité une seconde vision afin de me rendre compte de tout ce que j'avais pu rater la première fois. Un pur joyau à mi-chemin entre la peur et la tristesse, entre l'effroi et l'amour, le vrai. Un pur concentré de talent qui mérite une place au panthéon de mes films préférés, na! Un film d'une rare beauté et d'une intelligence renversante. Bluffé!

Réactions
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