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6Sep/120

Critique: Candyman – Bernard Rose – 1992

Synopsis:
Hélène Lyne écrit une thèse sur les mythes et légendes urbaines. En se promenant dans un quartier défavorisé de la ville, elle découvre la légende de "Candyman", sorte de croquemitaine qui apparaît lorsque l'on prononce cinq fois son nom devant un miroir. Elle ne prête tout d'abord que peu de crédibilité à cette histoire mais très vite une série de crimes horribles va la pousser à se poser les bonnes questions.. Le monstre existe-t'il réellement ou est-ce simplement un fou qui se ferait passer pour lui? Hélène se lance alors dans une enquête qui va la mener en plein cauchemar...

L'avis de David:
Véritable surprise lors de sa sortie en salles en 1992, ce "Candyman" est pour moi l'un des meilleurs films écrit par Clive Barker (avec Hellraiser bien sûr). Le scénario est inspiré d'éléments que l'on retrouve dans plusieurs légendes urbaines populaires, telles que Hanako San et Bloody Mary - Marie la sanglante. Il n'est pas parfait, certes, mais il a ce je ne sais quoi qui fait que l'on est complètement envoûté par cette ambiance à la fois glauque et d'une tristesse sans nom. Cette histoire d'un homme puni d'avoir aimé est tout simplement touchante et rend ce monstre difficile à détester. C'est simple, on ne sait jamais trop si on doit le considérer comme une victime à qui on aurait tout pris et qui ne ferait que répondre au désespoir d'individus en perdition ou si il peut vraiment être catalogué dans la case "monstre sanguinaire assoiffé de sang".C'est cette contradiction permanente qui rend en partie le film si particulier, appuyée par une bande originale signée Philip Glass de toute beauté. Que dire de cette séquence d'ouverture ou l'on survole la ville bercé par les notes d'une mélodie mélancolique aux intonations d'outre tombe. Bernard Rose nous livre également quelques images d'une puissance graphique étonnante comme ces tags dans les vieux immeubles représentant le bourreau, dont la bouche permet de passer d'un appartement à un autre... Toutes ces images sont empreintes d'un double sens brillant qui force à la réflexion. A côté de ça, "Candyman" est également un pur film de peur et Tony Todd remplit bien son office. Chacune de ses apparitions provoque un sursaut et les meurtres qu'il commet se permettent quelques débordements gores du plus bel effet (surtout dans sa version non censurée). Et puis sincèrement, qui n'a pas après la vision de ce film, tenté de prononcer cinq fois son nom devant un miroir...  Le film nous assène également une fin apocalyptique qui vous laissera sur le fondement avec un retournement de situation pas piqué des hannetons. Tout est finalement remis en question; alors, légende ou réalité? Chacun se fera son idée...

"Candyman" est donc un film magique, puissant mais triste aussi. Une tristesse lourde et pesante qui finira presque par prendre le pas sur la peur. Virginia Madsen y est impériale et Tony Todd joue clairement le rôle de sa carrière. Et puis comment oublier cette musique de Philip Glass qui nous hantera pendant encore bien longtemps. Un grand moment.

Réactions
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