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15Sep/120

Critique: L’au dela – Lucio Fulci – 1981

Synopsis:
Louisiane, 1927.Schweik, peintre occulte, termine sa dernière oeuvre, la représentation de l'enfer sous la forme d'un océan de corps, la mer des ténèbres. Mais dans un climat de croyances en la magie noire et le malin, il est bien vite capturé par les villageois qui vont le crucifier et le brûler vif pour sorcellerie. En 1981, Liza hérite de la bâtisse et décide de la restaurer pour en faire un hôtel. Mais peu à peu des évènements étranges vont se produire, particulièrement aux alentours de la chambre 36...

Mon avis:
Un putain de chef d'oeuvre.. fin de la critique. Trêve de plaisanteries, cet "Aldila" du grand Fulci est une des visions les plus noires que ce réalisateur a pu nous offrir. En effet, il tente de nous y présenter rien de moins que l'enfer. Comme à son habitude, il n'y va pas avec le dos de la cuillère (aiguisée la cuillère...) et nous assène des scènes d'une force et d'une violence incroyable, alliant le gore le plus graphique avec l'onirisme poétique macabre le plus fascinant. On retrouve les thématiques chères à Fulci avec la mort, le rêve (qui tire ici vers le cauchemar) ou bien encore la "martyrisation"; oui car on peut facilement faire le parallèle entre lui et ce peintre revenu d'entre les morts pour se venger, tant il a souffert toute sa carrière d'un mauvais accueil et d'une incompréhension totale de son oeuvre par la critique. On retrouve également certains acteurs fétiches chers à celui-ci, comme Catriona MacColl qui livre ici une très bonne interprétation aux côtés de David Warbeck. Les fans de gore seront une nouvelle fois aux anges tant le film repousse les limites dans ce domaine et personne n'est épargné, même les enfants subissent les foudres du peintre: énucléations,égorgements,tête transpercée par de l'acide, homme dévoré vivant par des araignées; Lucio provoque et fait preuve d'une inventivité sans limite en allant encore plus loin que dans son déjà culte "L'Enfer des Zombies". Gianetto de Rossi, maquilleur presque attitré du maître, fait une nouvelle fois des merveilles et mis à part quelques plans apparaissant maintenant un peu désuets notamment lors de la séquence des araignées, il s'en tire avec les honneurs. Autre élément d'importance dans la plupart des ses oeuvres, la musique. Et tout comme "La maison près du cimetière" par exemple, celle-ci est également très réussie et souligne avec une force incroyable les séquences d'anthologie qui nous sont envoyées à la tronche.Le film, d'une beauté intemporelle à couper le souffle, se permet même un final apocalyptique d'une puissance visuelle stupéfiante et d'une audace bien rare pour l'époque. C'est surement ça l'enfer... le néant, la mort, la solitude, qui se répètent à l'infini. Fulci a inventé un style de cinéma unique; un cinéma qui flirte en permanence avec le grotesque et le macabre, entre le beau et le sale absolu. Des images envoûtantes qui vous prennent dans leurs filets pour ne plus jamais vous laisser partir.

Chef d'oeuvre du genre et pièce maîtresse de l'oeuvre de Lucio Fulci, L'au dela est un film qui divisera tant il peut déconcerter encore aujourd'hui. Mais une chose est sûre, il restera dans ma mémoire comme une oeuvre traversant les époques, d'une beauté incroyable et d'une puissance horrifique dévastatrice. Une ode à l'enfer dont même Satan n'aurait pas oser rêver.

Réactions
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