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29Mar/130

Critique: Frayeurs – Lucio Fulci – 1980

frayeursSynopsis:
Durant la fête de la Toussaint, un prêtre se pend dans le cimetière de l'église de Dunwich, créant une malédiction censée ouvrir les portes de l'enfer. Des morts-vivants commencent alors à venir tourmenter les habitants du village. Une jeune médium et un reporter décident de tout mettre en oeuvre pour refermer cet accès vers les ténèbres...

L'avis de David:
Première pièce d'une trilogie non officielle qui se poursuivra avec "L'au Dela" et "La maison près du cimetière", ce "Frayeurs" partage les mêmes codes: portes closes et renfermant les pires choses, demeures hantées, univers baroque et meurtres ultra-gores.. Ce sont d'ailleurs ces ingrédients qui permettront à Fulci de devenir le maître incontesté du film d'horreur Italien des années 80 (bon ok, y a l'ami Dario aussi). Je sais que je vais m'attirer les foudres de certains, mais autant le faire tout de suite, ce film n'est pas mon préféré du cinéaste (je lui préfère largement "La maison près du cimetière", plus ancré dans le film de monstre et dans la poésie macabre). Attention, je ne dis certainement pas qu'il est mauvais, loin de là (la preuve, il va prendre une sacrée belle note), juste qu'il me semble plus expérimental dans son approche et donc plus déroutant. On y retrouve par contre clairement les parallèles si chers à l'auteur comme la mince barrière séparant le cauchemar de la réalité ou le monde des morts à celui des vivants. véritable pamphlet politique, le film traduit l'inquiétude de Fulci par rapport à notre monde, sur le déclin. Un monde en proie au doute, enclin à peu à peu laisser l'enfer s'installer. Au fil du visionnage, on sent d'ailleurs lentement cette impression de suffoquer qui s'installe avec des plans en extérieur de plus en plus rares et des personnages principaux qui s'enfoncent de plus en plus dans les entrailles de Dunwich (gros clin d'oeil à H.P. Lovecraft). Et en parlant d'entrailles, "Frayeurs" peut se vanter d'aligner les pires scènes gores vues sur un grand écran. Deux d'entres-elles se démarquent avec force: une pauvre jeune femme vomit l'intégralité de ses entrailles et un jeune homme voit sa tête transpercée par une chignole (effet saisissant encore de nos jours d'ailleurs). Ça parait dingue et pourrait prêter à sourire, et bien je vous assure que ces deux scènes vous laisseront sans voix. La musique électronique entêtante et flippante de Fabio Frizzi vient appuyer chacun des plans désespérés de Fulci avec brio et fait se détacher une sorte de poésie macabre qui oscillerait entre la tristesse et la rage (récurent chez Fulci). Seule ombre au tableau (si je puis dire), une fin abrupte, avec peu de sens ou en tout cas une logique qui m'échappe, et qui semble uniquement avoir été tournée pour éviter le Happy-End (selon la légende, même le réalisateur ne savait pas comment finir son film et n'aurait pas pu expliquer cette dernière scène..).

"Frayeurs" est donc une autre oeuvre maîtresse du réalisateur culte de "L'enfer des zombies". Toujours aussi choc (la censure avait à l'époque pas mal charcuté certaines scènes, les jugeant d'une violence inimaginable), macabre et violent mais en même temps toujours aussi empreint de tristesse et de poésie par instants. Surement son film le moins construit (pas de réel scénario.. juste un enchaînement de tableaux morbides et gores) mais tout de même un petit bijou que tous les amateurs se doivent de visionner.
5s5

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