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6Avr/132

Critique: Massacre à la tronçonneuse – Tobe Hooper – 1974

massacre_a_la_tronconneuseSynopsis:
Août 1973, cinq jeunes amis traversent le Texas en van par une chaleur écrasante. Menacés par un auto-stoppeur dérangé qu'ils avaient embarqué peu de temps avant, ils parviennent à le faire fuir mais sont obligés de s'arrêter pour faire le plein de leur véhicule. Au détour d'un chemin, ils découvrent une vieille bâtisse qui va vite devenir le lieu de leurs pires cauchemars....

L'avis de David:
Tobe Hooper, jeune réalisateur dont c'est la première oeuvre, n'aurait jamais pu imaginer que son "petit" film réalisé à des fins purement commerciales allait devenir un véritable monument encore inébranlable aujourd'hui. Comment expliquer que cette oeuvre réalisée à l'arrache avec peu ou pas de moyens, soit devenue cette vision d'une brutalité inouïe qui marquera à jamais les amateurs d'horreur. Les Etats-Unis, alors en pleine affaire du Watergate, n'était pas préparés à recevoir une telle bombe de violence en plein visage. Le parallèle avec la famille de cannibales et le fait que l'Amérique est capable toute seule comme une grande d'enfanter ses propres monstres montre bien que Hooper pointait du doigt les dérives de l'époque, étroitement liées au mode de vie de la société capitaliste. Sous une chaleur étouffante, sans le sou (produit par des producteurs de Porno) et avec des acteurs à la limite d'exploser, Tobe Hooper parvient à créer un climat glauque et dérangeant, imprimant à la pellicule une tension telle qu'aucun autre métrage n'arrivera à égaler un jour (bien aidé par la photo de Daniel Pearl et une musique crispante et dérangeante qui nous agresse dès le générique). Pour la petite histoire, le film est né d'une anecdote toute simple: son réalisateur faisait la queue dans un magasin et excédé s'est demandé si les choses accéléreraient s'il se saisissait d'une tronçonneuse... Ajoutez à cela un bon morceau de l'histoire d'Ed Gein, le boucher de Plainfield, célèbre Serial-Killer (qui commis des meurtres insoutenables dans les années 50) et vous obtenez le cocktail parfait du film culte que personne ne peut oublier (avec la mention très vendeuse "inspiré de faits réels"..).Dès sa sortie en France, le film est rapidement dans le collimateur de la censure (très active à l'époque) qui le fait interdire pour, je cite: "atteinte à la dignité humaine pour trop grand réalisme". A partir de là, l'auréole sulfureuse autour de ce "Massacre à la tronçonneuse" fera son travail (notamment en partie à cause du côté racoleur de son titre) et les cinéphiles adeptes du grand frisson en feront le monument que l'on connait. Certains se souviennent même encore de l'horreur et du débordement d'hémoglobine qu'ils ont pu voir et qui les a marqués à jamais... Alors qu'il n'y quasiment pas une goutte de sang versé durant tout le film, tout étant suggéré.. Mais la violence est d'une telle puissance, d'une telle force, que même ce que l'on ne voit pas nous semble être montré. Ajoutez à cela le fascinant "Leatherface" (tête de cuir), boogeyman désormais mythique, qui fabrique des masques à l'aide du visage de ses victimes et vous obtenez le cocktail parfait pour ce qui deviendra l'un des fer de lance des éditions René Chateau dans nos vidéos-clubs adorés ("les films que vous ne verrez jamais à la télévision", aux côtés de "Zombie" de Romero ou bien encore du "Maniac" de Lustig). Pour en revenir au film, on suit donc (en serrant les mâchoires) le calvaire de ce groupe de jeunes aux prises avec une famille de cannibales bien décidés à les transformer en barbecue pour leur dîner; et je dois avouer que même après l'avoir revu il y a peu, c'est toujours aussi éprouvant. Cette "pseudo" impression de réalité, ce réalisme si convaincant nous donne parfois l'impression d'assister, impuissants, à un véritable massacre que l'on contemplerait par le trou d'une serrure.. Certaines séquences resteront pour moi gravées à jamais: Le boucher jaillissant de son antre et fracassant la tête d'un quidam à coups de marteau, ce même Leatherface courant derrière une malheureuse dans un couloir et l'empoignant pour finir par l'empaler sur un crochet à viande... Autant de moments qui transpirent la peur, la souffrance (certainement grâce aussi à celle endurées par les acteurs pendant le tournage) et finalement... l'horreur, la vraie.

"Massacre à la tronçonneuse" est et restera pour moi un monument du film d'horreur, une oeuvre culte qui a bercé mes années vidéo-clubs et qui a nourrit mes fantasmes de spectateur qui rêvait de voir ce qui se cachait derrière cette jaquette si terrifiante. Éprouvant tout autant que terrifiant, on ressort de ce visionnage comme "vidé", épuisé. Mais une chose est sûre: on n'est pas près d'oublier ce que l'on vient de voir. Unique.
5s5

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