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20Mai/130

Critique: Curtains – Richard Ciupka – 1983

curtainsSynopsis:
6 jeunes actrices sont invitées à venir passer un week-end d'audition chez un célèbre producteur, Jonathan Stryker, qui offrira un rôle de rêve à la meilleure d'entre elles. Celui-ci s'étant débarrassé de son actrice principale (et compagne) en la faisant interner, il doit lui trouver une remplaçante pour son plus grand film.Cependant, un mystérieux tueur masqué va venir se joindre à la fête...

L'avis de David:
Encore un slasher qui a fait les beaux jours des vidéos-clubs des années 80. "Curtains" a fait fantasmer beaucoup d'ados comme moi qui passaient devant sa jaquette, la bave aux lèvres, et qui s'imaginaient toutes les horreurs que pouvaient proposer la bobine. On y retrouve la puissante Samantha Eggar, déjà vue dans le mythique "Chromosome 3" de Cronenberg (critique bientôt tiens) et le non moins puissant John Vernon qui joue le rôle du producteur véreux. Alors, ça valait le coup d'attendre 30 ans ou pas..? Bon, je pense que ça a sacrément vieilli et ça se voit. Je ne peux pas dire que ça soit foncièrement mauvais, mais parfois ça fonctionne, parfois beaucoup moins. Certaines séquences parviennent à être particulièrement dérangeantes comme le début dans l'asile ou certains plans avec la poupée (qui a vraiment une expression flippante). Le tueur assure bien le show aussi avec un masque décalé (une vieille femme aux cheveux oranges) qui lui confère une apparence malsaine appuyant de belle manière ses apparitions (à chaque fois précédées de la petite poupée porte malheur); et son identité est finalement assez surprenante à la fin (même si on se rend compte que son look n'a finalement aucune symbolique et n'apporte rien..). Attention toutefois à ne pas s'attendre à un gros slasher décérébré dans lequel le tueur découperait de la barbaque à la chaîne. Que nenni. Ici pratiquement pas de gore, le sang est très discret et les meurtres tout en mise en scène, un peu comme si on assistait à un ballet orchestré par Stryker (le réalisateur Richard Ciupka est d'ailleurs crédité comme Jonathan Stryker au générique, ce qui est plutôt marrant). Mention à celui sur la glace, patins aux pieds, qui fait preuve d'une belle efficacité, et ce, sans montrer une goutte de sang. Du côté de la psychologie des personnages (les 6 actrices plongées dans une rivalité jusqu'au-boutiste pour le rôle de leur vie) ça fonctionne beaucoup moins bien. C'est mou, c'est long, c'est traité parfois à la limite du ridicule (avec des doublages et des dialogues vraiment pourris) et mis à part une séquence assez forte jouée devant les filles on ne peut pas dire que l'envie de rester en éveil soit la plus forte. Dommage, le réalisateur a trop voulu en faire, ou pas assez, c'est selon. Certaines scènes oniriques sont heureusement très réussies et je dois dire que cette petite poupée à la moue si triste fait vraiment bien son boulot, à savoir nous coller une bonne frousse (le rêve avec l'accident de voiture). Avec un poil plus d'action, une pincée de gore qui tache et une pointe de génie on aurait pu approcher le très bon slasher; là pour le coup on restera sur le très moyen.

"Curtains" est donc un petit slasher sans prétentions qui aligne quelques séquences bien troussées mais aussi quelques longueurs et maladresses qui lui barrent l'accès aux plus hautes marches du podium. Avec quasiment pas de sang à l'écran, Ciupka prend la direction de la frayeur et de l'imagerie burlesque, aidé par une poupée effrayante et un tueur en décalage complet avec son propos. Parfois ça passe, parfois ça casse. Un résultat en demi-teinte donc, pas mauvais mais pas génial non plus. Si vous l'avez attendu 30 ans, la déception risque d'être de mise, sinon vous pouvez vous laisser tenter mais en connaissance de cause.
2s5

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