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30Août/130

Critique: Le massacre des morts-vivants – Jorge Grau – 1974

livingSynopsis:
George et Edna se rencontre lors d'un accident de la route les impliquant. La moto du jeune homme étant hors d'usage, Edna décide de l'accompagner jusqu'à la ville la plus proche. En route, ils vont être confrontés à un bien étrange personnage qui va agresser violemment la jeune femme et disparaître aussitôt. Mais le plus surprenant est que cet individu serait un vagabond décédé quelques temps plus tôt...

L'avis de David:
Dire que ce "Let Sleeping Corpses Lie" est sans aucun doute l'un des plus grands films de zombie de la période eighties ne me parait vraiment pas exagéré.. Cette période bénie des années 75-80 a vu fleurir bon nombre de films de morts-vivants, la plupart venant d'Italie, cherchant le succès dans le sillage de "La nuit des morts-vivants" et du "Zombie" de George Romero. Bon nombre de nanars ont donc vu le jour, mais également des classiques instantanés comme "L'enfer des Zombies" de Fulci. "Le massacre des morts-vivants" fait clairement partie de cette seconde catégorie mais en provenance d'Espagne cette fois-ci. Une bonne paella de la mer..pardon de la mort. Grau fait preuve d'une maîtrise sans faille pour cette spécialité qui va réveiller vos papilles de cinéphiles et s'évertue à filmer une campagne Anglaise froide,glaciale même, balayée par des corps sans vie qui se déplacent pourtant et errent tels des âmes en peine. Ce tableau ténébreux fait froid dans le dos et pose une ambiance glauque qui va mettre mal à l'aise le spectateur en permanence. Point culminant avant le final, la séquence du caveau est un véritable tour de force, nous enfermant avec nos deux héros dans cette antre morbide, véritable piège se refermant sur eux. La tension est alors à son maximum, renforcée par une bande sonore usant et abusant de bruitages lourds comme des battements de coeur ou pire encore comme des râles absolument terrifiants (Grau racontera que ces râles étaient inspirés par le dernier souffle rendu par son père sur son lit de mort..). Le scénario ne fait pas dans la dentelle même si un message écolo est pour une fois de la partie puisque le point de départ de cette épidémie est une machine agricole paramétrée pour faire se dévorer les insectes entre eux.. Malheureusement, l'effet va se propager également aux cadavres des environs qui vont mystérieusement revenir à la vie (je vous laisse découvrir comment). C'est d'ailleurs bien la première fois qu'une telle explication, si détaillée, est donnée au réveil de nos marcheurs... On dénotera également une critique sociale bien ancrée dans cette époque avec un héros typé Hippie en opposition franche avec une autorité représentée par un commissaire bourru qui ne veut rien entendre.. Dans sa dernière partie, les morts se déchaînent et le film aligne alors son lot de scènes gores bien crados, scènes obligatoires au genre "Zombie movie", spécialement à cette époque d'excès en tout genre. Éviscérations, sein arraché (scène choc reprise par Bianchi dans le "Manoir de la terreur"), énucléation, égorgement et autres joyeusetés sont au programme, ce qui ne manquera pas de faire censurer le film pendant de nombreuses années. Gianneto de Rossi, comparse de Lucio Fulci pour "L'enfer des Zombies","L'au dela" ou encore "La maison près du cimetière" est déjà aux manettes et nous assène des maquillages d'une rare efficacité. Ses morts-vivants prônent le réalisme (si je puis dire) en se rapprochant de ceux de Romero dans sa célèbre "Nuit des morts-vivants"; des morts sans trop d'artifices donc mais d'une froideur implacable.Giuliano Sorgini signe également une bande originale pesante et intimidante, appuyée par ces fameux râles revenant (sans jeu de mots) comme un leitmotiv terrifiant que l'on met du temps à oublier.

"Le massacre des morts-vivants" est très certainement une des œuvres les plus fortes traitant du mythe des zombies. George Grau parvient à créer une atmosphère plombée par un malaise ambiant particulièrement puissant. Certains passages sont juste anthologiques (le caveau, la morgue..) et laisseront une trace indélébile aux amoureux des cadavres ambulants. Un excellent mélange de gore, d'horreur et de peur que tout passionné se doit d'avoir dans sa filmothèque.
5s5

Réactions
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