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6Oct/132

Dossier: Rétrospective Halloween – Non mais Hallo quoi.. Win!

XXX ZX52880 D HALLOWEEN MOV 13-Z.JPG ENTAutre figure emblématique au même titre que les Freddy Kruegger ou Jason Vorhees, Michael Myers fait clairement partie des boogeyman les plus connus du paysage cinématographique. Crée à l'origine par le génial John Carpenter et sa comparse Debra Hill, il est très vite devenu un véritable phénomène. Le premier film restera l'un des slahers movies les plus rentables de l'époque (47 millions de dollars de recettes) et surtout apportera la consécration à son réalisateur. Et comment oublier cette bande originale composée par Carpenter et qui a su traverser les époques à l'aide de son refrain lancinant. Un pur chef-d'oeuvre. Devenu un classique, "Halloween" a même été classé comme "Film culturel,historique ou esthétiquement important" par le "National Film Registry" en 2006. Une perle, signant les débuts de l'immense Jaimie Lee Curtis et nous faisant profiter du talent du non moins immense et regretté Donald Pleasence (qui restera fidèle à Carpenter pour "New York 1997", "Prince des ténèbres"..). Allons-y, en voiture les amis, chaussez vos plus belles citrouilles, chargez vous en bonbons,on passe la série au crible; et surtout n'oubliez pas: "Trick or treat" petits démons!

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"La nuit des masques"; titre utilisé dans nos vertes contrées pour le premier opus de cette franchise culte en devenir. Tourné en 1978 par un John Carpenter alors peu connu (même si il avait déjà tourné une autre oeuvre phare "Assaut" en 1976), cette histoire de croquemitaine moderne restera pour beaucoup comme l'un des plus terrifiants slasher de tous les temps. Pour les quelques uns qui auraient été cryogénisés pendant une centaine d'années, "Halloween" raconte l'histoire d'un enfant qui du jour au lendemain assassine froidement et sauvagement sa sœur aînée avant de se murer dans un silence évoquant une perte totale de conscience. 15 ans plus tard, Michael se réveille de sa torpeur et s'évade de son hôpital psychiatrique... Et apparemment pour une seule raison: finir son boulot. Sans n'avoir jamais été mis au courant, celui-ci sait qu'il a une sœur cachée et va tout faire pour l'éliminer. Véritable Terminator, il va froidement assassiner tout son entourage avant de s'en prendre directement à Laurie (sa sœur jouée par Jaimie Lee Curtis). Quelles sont ses motivations? D’où lui vient cette force surhumaine? Comment a-t'il appris l'existence de Laurie? Autant de questions en suspens qui vont apporter une aura "fantastique" au film et faire de ce tueur au masque blanc (qui est en fait basé sur le visage de William Shatner, notre capitaine Kirk de la série "Star Trek") un personnage à part. Au rayon des anecdotes, on se souviendra des horribles difficultés qu'a eu l'équipe du film à dégoter des citrouilles (le film ayant été tourné au printemps..) ou encore l'utilisation de fausses feuilles d'arbre (elles étaient en papier et peintes à la couleur d'automne)... Le budget était tellement peu élevé que les acteurs ont carrément dû porter leurs propres vêtements et Donald Pleasence ne fut pas tout de suite envisagé pour jouer le rôle du docteur Sam Loomis; Peter Cushing et Christopher Lee étaient d'abord préssentis (Lee le regrettera d'ailleurs amèrement). Pour rire aussi, le petit ami de Annie qui lui parle au téléphone, est en fait Carpenter lui même qui s'offre ainsi un petit caméo rigolo (désolé pour la rime). Un pur chef-d'oeuvre en tout cas, qui a su traverser les affres du temps et qui reste encore de nos jours une véritable référence de la peur au cinéma.

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Suite directe tournée en 1981 par Rick Rosenthal, cet "Halloween 2" a la bonne idée de démarrer juste là ou le premier nous avait laissé. La jointure est tellement bonne qu'on pourrait croire que les deux films n'en sont en fait qu'un coupé en deux au montage. Toujours écrit par Carpenter et son accolyte Debra Hill, le film emboîte donc le pas à "La nuit des masques" et prolonge la vigilante meurtrière d'un Michael Myers quasiment immortel. L'affrontement aura cette fois lieu dans un hôpital et le capital violence a clairement été revu à la hausse avec des attaques bien plus graphiques que précédemment. A noter que si le masque de notre croquemitaine préféré semble différent, c'est pourtant exactement le même qui a été utilisé, sa différence de teinte s'expliquant tout simplement par le fait qu'il était resté longtemps dans le sac de Nick Castle (l'interprète du premier Michael) ou encore qu'il avait traîné sous le lit de Debra Hill pendant quelques temps.. Celle-ci étant une grosse fumeuse, le masque pris cette teinte légèrement grisâtre. A noter qu'il existe une version spéciale diffusée à la télévision américaine et appelée la "Producer's Cut". Une très bonne suite en tout cas, même si bien entendu en deçà du premier.

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Véritable enfant terrible de la série, "Halloween 3, le sang du sorcier" n'a en fait strictement rien à voir avec notre ami Michael (celui-ci finissant quand même brûlé jusqu'à l'os dans l’hôpital..). Tommy Lee Walace, sous le regard bienveillant de Carpenter, reprend les rennes de la série pour réaliser un épisode totalement différent, une sorte de spin-off qui ne partage que la période bénie des citrouilles avec les autres. Et pourtant, je dois dire que j'aime beaucoup ce film. Un gros fabricant de jouet, Silver Shamrock, dirigé par Mr Cochran, prépare une commande bien particulière pour les fêtes de Samhain. Ses nouveaux masques sont en effet non seulement terriblement réalistes mais surtout terriblement meurtriers; un mécanisme infernal semble attendre un signal pour se déclencher et plonger la ville de Santa Mira dans le chaos... Le docteur Daniel Challis, épris de la fille d'un homme tué sauvagement dans de mystérieuses circonstances, va enquêter sur place et peu à peu découvrir le plan démoniaque de Cochran. Même si cet épisode est celui qui a le moins marché au box-office, cela reste pour moi une excellente surprise. Tendu, plein de mystères, gore à souhait (certains meurtres sont bien crados) et nous assénant cette pub ravageuse de Silver Shamrock à intervalles réguliers (avec cette musique si entêtante, le marketing dans toute sa splendeur..), "Halloween 3" renouvelle un peu le genre et fait souffler une vague de frais sur cette franchise. Il est à noter que Myers étant mort dans le précédent, Carpenter avait décidé de réaliser/produire un "Halloween" tous les ans, chacun racontant une histoire effrayante différente à chaque fois. Le peu de succès du film verra finalement revenir notre tueur masqué préféré. Pour l'anecdote, c'est Joe Dante qui avait d'abord été pressenti pour le réaliser. Et histoire de rigouler, le liquide sortant des veines des humanoïdes n'est autre que du jus d'orange...

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Et voilà que s'amorce doucement le déclin de la série.. Désireux de renouer avec les recettes juteuses d'un Box-office capricieux et très conservateur, les producteurs décident de faire renaître Michael de ses cendres, tel un Phoenix. C'est Dwight H.Little qui s'y colle le premier ("Designé pour mourir" avec Droopy ou encore "Bloodstone" ou "Rapid Fire") avec ce quatrième opus qui sera tout de même le moins faible. Oubliez l'originalité ou la pirouette scénaristique de la mort, Michael revient car il a découvert qu'il avait encore une petite nièce.. Bah oui, la famille s'est sacré pour Micky. Il sort donc de son coma (sic), attrape un couteau au vol et c'est reparti pour un tour. Le film est plutôt correctement réalisé, même si il est assez mou du genou finalement (amateurs de viande saignante, passez votre chemin..) et arrive à déterrer quelques bonnes idées (et bonnes scènes, comme dans la maison au début..) dont une, l'image finale, absolument géniale. Mais c'est déjà trop tard, le sacrilège a déjà commencé... Quel est le con qui a osé changer le masque original par cette horreur qui ne ressemble à rien. Une hérésie pour les fans purs et durs. On peut se consoler en se disant qu'on voit ici Danielle Harris dans son premier "grand" rôle...Dire que Carpenter avait écrit un scénario pour cette suite. Une sorte de film de fantômes, plus ésotérique et flippant qu'un simple slasher.. Les studios l'ont refusé. On prend les mêmes et on recommence donc avec un "Halloween 5" bien prévisible (le 4 ayant rapporté pas loin de 15 millions, pour un coût de 5..), cette fois dirigé par Dominique Othenin-Girard ("La malédiction 4"). Et là on peut dire qu'on nage dans le grand n'importe quoi.. Michael recueilli et soigné par un Hermite (l'acteur changera en cours de route d'ailleurs ce qui vaut quelques incohérences dans ces scènes), re-belotte avec l’équarrissage de teenagers, jusqu'à ce final durant lequel il est enfermé en cellule (sic) puis libéré par un mystérieux homme en noir (chapeau et santiags s'il vous plait).. Certes, le film est plus violent avec un body-count assez réjouissant (et gore, KNB oblige), mais l'aura mystérieuse et surnaturelle mise en place par Carpenter est tellement mise à mal par un scénario abracadabrantesque en totale roue libre, qu'il ne reste plus grand chose de notre croquemitaine autrefois si effrayant. A noter que certains plans ont été cut (une vue sur le visage de Michael sans le masque, horriblement brûlé, et une blessure bien méchante de Jamie à la jambe, lorsqu'elle chute dans la laverie..) et histoire de finir sur un truc rigolo, même le nom du réalisateur est écorné lors du générique (Dominique Otherin-Girard, Mouarf, les cons!)

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Voilà un nouvel épisode qui a fait polémique. Il fallait bien tenter d'expliquer ce qu'on avait jusque là juste lâché sur la table, à savoir l'homme en noir.. Qu'à cela ne tienne, ce sera le patron d'une secte druidique dont Michael est en fait l'instrument et Jamie, sa nièce, accouche d'un enfant devant accomplir une prophétie.. On navigue bien loin là quand même et je pense que la drogue devait être bonne (ou l'eau de vie). Joe Chapelle ("Phantoms") accouche donc lui d'un machin tout tarabiscoté qui ne vaut que pour quelques meurtres bien gores (retournés et ajoutés au cut pour tenter d'améliorer un accueil désastreux des fans) et le dernier rôle d'un Donald Pleasance pourtant bien fatigué (il décédera malheureusement peu de temps après le tournage).. C'est pourtant bien réalisé, carré dans les coins et certaines scènes avec Michael parviennent même à donner le change mais c'est tellement nawak et en décalage par rapport au reste de la série qu'il est difficile d'accrocher... Au rayon des anecdotes, Danielle Harris avait demandé a reprendre son rôle de Jamie mais Dimension refusa de lui verser le cachet demandé (5000 dollars). Le titre original du film était "Halloween 666: la malédiction de Michael Myers" et pour aller plus loin, il était même question à un moment que Michael soit envoyé dans une autre dimension ou dans l'espace, un peu à la manière de Jason dans "Jason X"... sic...

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"Halloween, 20 ans après" (ou H20 pour les intimes) marque un grand retour aux sources. Notamment grâce à Jamie Lee Curtis qui reprend son rôle de Laurie. Steve Miner ("Le tueur du vendredi", "Le tueur du vendredi 2", "House"..) chipe la caméra aux autres et c'est tant mieux! Il réalise là un des meilleurs retour du croquemitaine avec un esprit proche des deux premiers. Michael est parfois impressionnant, fait mal, très mal (la fille plantée dans une lampe, ou la jambe cassée..) et reprend sa mission de "Terminator" prêt à tout pour dézinguer sa sœur. Le film n'est pas parfait, certes, mais il a au moins le mérite de bien faire son boulot et de ne pas trahir l'esprit "Halloween" instauré par John Carpenter et Debra Hill. Miner décide d'ailleurs de faire comme si les autres épisodes n'avaient jamais existé, reprenant l'histoire à la fin du 2 (même si Myers était censé brûler...); une sorte de reboot donc, mais en partant du 3... Nous noterons également ici les débuts de l'acteur Josh Hartnett et l'interprétation de Michael Myers par Chris Durand, qui porta également le masque du tueur de "Scream 2"... Un extrait de ce film passe d'ailleurs à un moment sur un écran en arrière plan... Seul problème, encore une fois notre visage pâle devait mourir à la fin, et pour de bon (décapité quand même)...

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...Un gros problème oui car il va nécessiter une grosse pirouette scénaristique pas très fine pour expliquer son grand retour dans ce "Halloween Resurrection" (qui porte bien son nom du coup..) dirigé par Rick Rosenthal (qui avait pourtant bien bossé sur le 2).. L'idée de départ pouvait sembler séduisante: Une émission de télé-réalité prend place dans la maison en ruine des Myers. 6 jeunes adultes sont donc invités à tenter d'y passer la nuit filmés par une multitude de caméra et effrayés par tout un tas d'artifices de cinéma. Seul ombre au tableau, Michael décide de revenir à la maison juste cette nuit là; du coup, "6 candidats, 1 maison, 25 caméras... et 1 serial killer".. Bonne accroche de messieurs les marketeux. J'y ai crû. Lustucru, et croyez moi il aurait mieux valu se faire cuire une gamelle de pattes plutôt que de subir les déambulations de ces nouilles dans un film sans saveur, sans ambitions, plat comme une tranche de lasagne. Quelques meurtres et un peu de coulis de tomate viennent tenter de relever la sauce mais ça reste très très fade. Seul morceau à sauver qui n'est pas une boulette, l'introduction avec Michael qui vient chercher sa sœur (toujours la très belle Jamie Lee Curtis, mais pour la dernière fois...) dans un hôpital psychiatrique... Pour le reste, on oublie.

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Et voici venu le temps, non pas de l'île aux enfants, mais de "Halloween 1 & 2" version Rob Zombie. Autant dire qu'il est très vite devenu le messie tant les fans voulaient qu'il redresse la franchise, partie un peu n'importe comment.. Moi j'adore Zombie, "House of 10 000 corpses" et "Devil's Rejects" sont deux films vraiment exceptionnels que je revois avec plaisir. Pour sa vision du film de Carpenter je suis plus mitigé. Il tente de creuser la période "enfance" de Michael avec une description en profondeur de sa plongée dans les ténèbres. On perd en mystère ce qu'on gagne en développement du personnage. Une sorte d'analyse sur la folie qui s'installe petit à petit chez cet enfant et le transformera en monstre sans conscience ni raison. Malcolm McDowell reprend avec brio le rôle du regretté Donald Pleasence et Sheri Moon Zombie celui (à la base inexistant) de la maman de Michael. Zombie transforme l'existence de ce petit garçon en un véritable enfer (avec beau-père bourré et agressif, maman stripteaseuse, brimades à l'école...) et tente de nous montrer les dégâts que ça peut faire. Une vision plus contemporaine mais moins en nuances. Malheureusement, la seconde partie du film voit Michael adulte (incarné par un Tyler Bane impressionnant!!!) faire exactement ce qu'il faisait dans l'opus original; revenir à Haddonfield et tenter de tuer sa sœur. Zombie devient alors paresseux et nous offre un copié-collé sans trop de saveur de l'original. Heureusement, cela reste très bien réalisé et efficace avec une violence sèche et brutale comme il sait si bien le faire. De toute façon sûrement la meilleure séquelle depuis longtemps.. Pour sa suite, Zombie remet le couvert et ancre encore plus le croquemitaine (qui n'en est plus un..) dans la réalité en le faisant devenir un véritable clochard, cheveux longs et barbe hirsute, se nourrissant d'animaux morts. Pour moi, il va trop loin et tue le mythe autour de ce tueur si inquiétant et mystérieux (même si d'autres aimeront justement le fait qu'il offre sa vision des choses et pas juste une énième copie carbone). Toujours aussi bien réalisé, ce "Halloween 2" offre quelques séquences d'anthologie (surtout dans sa version "Director's Cut", ultra violente..) comme les meurtres de la stripteaseuse et du patron de bar, d'une sauvagerie inimaginable, ou encore cet épilogue qui reprend toute la partie dans l’hôpital du "Halloween 2" de Rosenthal avec beaucoup d'intelligence... Tyler Bane incarne toujours un tueur monolithique et impressionnant (et filmé parfois de bien belle manière... les éclairages sont magnifiques!) mais qui perd de sa superbe en même temps que son célèbre masque... Une vision personnelle donc, d'auteur, mais qui ne plaira pas à tout le monde (surtout aux fans de la première heure).

Voilà, cette petite rétrospective est maintenant terminée, vous pouvez retourner préparer vos citrouilles pour la fin du mois. En espérant qu'elle vous a plu bien sûr. Vous retrouverez juste en dessous une petite galerie d'images à zieuter avec gourmandise. See you next dossier... David (Mike va me tuer...)

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