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8Oct/130

Critique: Humongous – Paul Lynch – 1982

humongousSynopsis:
Dog Island, une île perdue sur laquelle vit une jeune femme et ses chiens. Lors d'une soirée arrosée, elle est sauvagement agressée et violée par un homme qui finira dévoré par ses fidèles amis à quatre pattes. De cet acte ignoble, naîtra un enfant monstrueux qu'elle cachera au fond d'une cave. Bien des années plus tard, une bande de copains échouent sur cette île. Ils vont très vite être confrontés à quelque chose d'horrible. Un être mi-humain, mi-animal.. Un être perdu, en colère et qui a faim...

L'avis de David:
Faisant partie des fleurons de l'époque bénie des slashers des années 80, cette critique de "Humongous" me tenait particulièrement à coeur, et il y a une bonne raison à ça. Alors oui, le film est sympatoche et fait partie de cette nostalgie d'une époque si riche en émotions horrifico-cinématographiques, mais surtout, j'avais emprunter son titre pour mon premier site, "Humongous" donc, qui a muté par la suite en Grimmovies.. Tout un symbole donc.. Et pourquoi que le monsieur il avait choisi spécialement celui-là pour utiliser son titre? Ben d'abord parceque "The Burning" ou "Massacre à la tronçonneuse.com" ben ça faisait pas groovy comme titre pour un site web, et puis aussi parceque j'adore vraiment trois choses dans ce film, même encore aujourd'hui: sa séquence d'ouverture glauque à mort (avec un viol qui se termine par un déchiquetage en règle) qui amène une idée vraiment tordue (avec ce rejeton difforme élevé comme un chien, caché de tout le monde), son générique décalé qui fout les poils (des photos d'époques avec une musique d'époque également, toute guillerette, qui donne un côté étrange au truc et met mal à l'aise finalement..) et enfin son affiche juste grandiose qui a marqué mes années vidéo-clubs tant je bavais devant à chaque passage au rayon horreur ("ça rampe, ça hurle et ça a faim".. l'accroche ultime!). Mais sinon, le film, ça donne quoi? Ben c'est assez moyen même si plutôt correctement emballé, les acteurs jouent comme des quiches-lorraines (sauf Joy Boushel qui jouerait plutôt aux ballons... Si si, rappelez vous, "La mouche" de Cronenberg..) et les meurtres sont assez softs (ou en tout cas souvent hors champ; même si parait-il une version Uncut traîne sous le manteau, on verra ça plus bas..) mais le tout dégage pour moi un tel capital sympathie que je ne peux pas m'empêcher de l'apprécier. Le monstre n'est pas des plus réussi et on ne le voit finalement que très peu (à la fin, légèrement éclairé par les flammes..); heureusement tant il semble se rapprocher du croisement entre une huître géante et un pan bagnat..  On notera tout de même une ambiance plutôt bien rendue avec le sentiment que cette créature rôde en permanence dans l'ombre, derrière chaque arbre de cette forêt.. La ressemblance avec "Anthropophagous" de Joe D'amato est également de mise tant par son sujet (un monstre anthropophage sur une île qui chasse une bande de jeunes échoués là..) que par son enrobage, musical notamment (une sorte d'orgue électronique dont les sonorités rappellent furieusement le géant grecque adepte de côtelettes saignantes..). Ah! Attendez, on me dit dans mon oreillette qu'une version Américaine traînerait dans certaines obscures boutiques et proposerait effectivement le montage Uncut.. J'étais donc obligé de vérifier tout ça.. Après un vif coup d’œil sur cet objet si convoité, je me dois de vous dire qu'en fait, seule la séquence du viol semble plus dure que dans mes souvenirs, avec un gros plan sur l'intimité de la dame et un léchage de doigts pas très distingué.. Sinon très certainement une poignée de secondes en plus sur quelques meurtres (dont celui du violeur, assez gore) mais Tom Savini ne se sentira pas menacé.. Bref, du dispensable...

"Humongous" est le cas typique du film bourré de défauts mais qui ne pourra s'empêcher d'attirer la sympathie des nostalgiques de l'ère vidéo-clubesque. Un slasher comme il en fleurissait à cette époque, avec une histoire glauque à défaut d'être originale, et un emballage plutôt léché qui confère à l'ensemble une atmosphère pesante et oppressante. Son propos et son affiche ont souvent fait sa réputation d'alors et je dois dire qu'il reste à mes yeux un petit plaisir coupable que j'aime à revoir, des souvenirs plein les yeux.
3s5

Réactions
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