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14Nov/130

Critique: Cannibal Ferox – Umberto Lenzi – 1981

feroxSynopsis:
Une bande d'étudiants en anthropologie se rend en Amazonie pour étudier de près certaines tribus cannibales. Ils vont croiser sur place des trafiquants de drogue se servant des indigènes comme esclaves. A la suite du viol et de la mise à mort de l'une d'entre eux, les cannibales vont se révolter et vont faire connaitre les pires outrages à leurs tortionnaires...

L'avis de David:
Banni dans plus de 31 pays, cet ersatz de "Cannibal Holocaust" tente lors de sa sortie de capitaliser sur ce qu'il sait le mieux faire: dégoutter son spectateur... Il écopera alors d'une belle interdiction aux moins de 18 ans et reste encore aujourd'hui, auréolé d'une réputation sulfureuse le décrivant comme étant l'un des pires films de ce genre jamais réalisés. Tentant de copier le film culte de Ruggero Deodato et ainsi de surfer sur son succès encore retentissant, Lenzi vise donc le toujours plus. On se souvient de la monstrueuse scène de la tortue dans "Cannibal Holocaust" et bien là on a également droit à des massacres d'animaux "réels", le film en regorge même.. Une araignée broyée, un tapir plié par un anaconda, un crocodile éventrée et bouffé comme un vulgaire carpaccio Lacoste.. Et j'en passe et des meilleures. Le casting réunit quelques unes des plus grandes trognes transalpine de l'époque, comme Zora Kerova ("Anthropophagous" de Damato), ou encore Giovanni Lombardo Radice ("Frayeurs" de Fulci); ce dernier fut d'ailleurs doublé lors des scènes de meurtres d'animaux car il refusa catégoriquement d'y participer. Alors même si le tout a carrément vieilli, "Cannibal Ferox" aka "Make them die slowly" nous propose de décimer toute cette joyeuse troupe et ce, dans les pires souffrances imaginables: cadavres décharnés et dévorés, arrachage d’œil à la machette, éventrations, sexe tranché en gros plan, crâne décapsulé et cerveau dégusté sauce tartare, et, clou du spectacle, la jolie Zora suspendue par des crochets plantés dans sa poitrine (et franchement même encore aujourd'hui l'effet est saisissant..). Bref, si vous êtes végétariens, abstenez vous. Pour le reste, si vous cherchez un film intelligent, ou qui véhiculerait un quelconque message, bah ce n'est clairement pas la bonne adresse. En effet, le scénario est particulièrement con, la réalisation inégale passe le plus clair de son temps à désamorcer la tension apportée par les scènes de torture en nous assénant des passages d'enquête à New-York dont on se cogne comme de notre premier poil pubien et pour achever le tout les acteurs jouent comme des boites en carton.. Autant dire que même la musique complètement foirée (déjà utilisée dans "La secte des cannibales" du même Lenzi.. rien ne se perd..) ne viendra pas sauver les meubles même si elle tente de faire de l'Ortolani à la sauce Funk et il ne restera plus que les monstrueuses scènes gores pour justifier une vision de ce monument des années 80. On peut même s'amuser à dénombrer toutes les incohérences laissées ça et là et qui prouvent que le tout a surement été emballé à la va vite pour engranger un maximum de brouzoufs. Au début du film un des méchants tire avec un silencieux et pourtant on entend bien le bruit du coup de feu, les crochets dans les seins de Zora Kerova changent de taille au gré des scènes ou encore certains cadavres qu'on voit clairement encore respirer (ou leurs yeux cligner); bref, y a matière à se marrer quand même... Pour les plus courageux qui voudraient vraiment bouffer du cannibale (sic), préférez lui l'original, l'holocauste de Deodato, bien meilleur sur tous les plans. Question de préparation peut-être ou alors c'est la cuisson?...

"Cannibal ferox" est un de ces films largement sur-évalués de la période eighties qui profite de sa réputation d'oeuvre "nasty" pour susciter l'intérêt du fan d'horreur à la recherche de sensations. Alors oui, si c'est uniquement cela que vous cherchez, vous allez être servis. Les scènes gores sont vraiment crades (même si finalement pas si nombreuses que ça) et les meurtres d'animaux réellement commis pendant le tournage provoquent des haut-le-cœur. Pour le reste, on fricote souvent avec le Z sans jamais faire mieux que la plupart des bisseries de l'époque, le trash en plus. A voir au moins une fois pour la légende..
2s5

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