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16Déc/130

Critique: Carrie – Kimberly Peirce – 2013

carrieSynopsis:
Carrie n'est pas une adolescente comme les autres. Sur-protégée par une mère prônant un extrémisme religieux étouffant, elle ne connait pratiquement rien de la vie et découvre ses premiers émois de jeune fille. Souffre douleur de ses camarades, une mauvaise blague va la faire basculer vers un côté obscur dont elle même n'avait pas connaissance...

L'avis de David:
Réaliser un remake du chef d'oeuvre de De Palma semblait réellement une entreprise casse-gueule tant celui-ci fait figure de film culte de la période bénie des eighties avec une Sissi Spacek sublimant le rôle de cette gamine pas tout à fait comme les autres qui traverse une période de changement liée à l'adolescence plutôt brutale.. C'est donc Kimberly Peirce qui s'y colle et finalement c'était plutôt une bonne nouvelle.. La vision d'une femme sur cette problématique aurait effectivement pu apporter un peu de sang neuf (désolé, celle là au départ je voulais pas la faire..), d'autant qu'elle avait réalisé auparavant un "Boys don't Cry" qui traitait déjà de rhétoriques similaires (crise d'identité sexuelle, acceptation de soi..). Inutile de se tourner autour du groin, ce n'est finalement pas une réussite. Alors oui, ce n'est pas non plus le ratage total annoncé par certains, tout dépend comment on regarde le film en fait. Tout commence par une scène d'introduction ou l'on peut voir Julianne Moore accoucher d'un bébé juste en éternuant (j'exagère à peine) et surtout sans avoir à couper le cordon (sic); le ton est donné. On va se marrer. Après faut juste choisir sa couleur et éviter le jaune.. Car oui, les scénaristes en ont clairement trop fait. C'est sur-joué la plupart du temps (seule Julianne Moore s'en sort bien, Chloe Moretz flirtant régulièrement avec le ridicule en nous gratifiant de gros yeux tout ronds qui font pas peur...), filmé sans génie et ça sent vraiment la décalcomanie pure et dure du film de De Palma sur énormément de plans.. Mention spéciale aussi à la scène ou Carrie découvre qu'elle a ses règles et qui inonde carrément les douches du Lycée sur toute leur superficie (on est pas loin de l'arrosoir quand même..); sans compter que la Moretz nous la joue alors grosse panique avec cris, gesticulations et gros yeux tout ronds (oui encore).. Mais le pire est à venir. Tout le monde se lâche carrément dans le final avec une Carrie très colère qui détruit littéralement la moitié de la ville (quand elle tape du pied elle fissure la route, véridique je n'en rajoute pas, c'est vous dire la gaudriole du truc, les Zucker ne sont pas loin..). Au rayon des poilades involontaires on notera la mort d'un gars causée par un seau vide, la maison qui s’effondre et qui fait pleuvoir des pavés Dieppois (alors qu'elle est en bois..) et sans toucher la voiture postée à quelques mètres; pire encore, Carrie déchaînant les enfers et faisant sauter les routes mais qui n'arrive que difficilement à se défaire de sa môman armée d'un couteau...Et on passera sous silence la rapidité de transformation de l'ado attardée à une jeune femme fatale plutôt à l'aise dans son décolleté ainsi que l'image finale, différente de celle de l'original, et qui aurait franchement dû s'en inspirer.. Bon, on arrête les méchancetés maintenant; oui parceque c'est pas si mauvais.. En fait, ça se laisse regarder. Certains passages sont réussis (essentiellement ceux entre la mère cinglée et sa fille ou encore la scène du miroir brisé, jolie visuellement parlant) et les mises à mort finales sont bien punchy et violentes comme il faut. Le film, qui traite en réalité de la différence et du changement, s’embourbe dans ses propres théories et se tire une balle dans le pied en ne changeant justement que le strict minimum et en faisant preuve d'un conformisme qui l'éloigne à des milliards de kilomètres de son aîné. NDLR:Ce film se base sur l'oeuvre de Stephen King, parut aux Editions Doubleday en 1974. Ce fut le premier roman publié par King. Suivez ce lien si vous souhaitez lire sa critique sur horreurlitteraire.com.

"Carrie" n'est donc pas une grosse daube, mais certainement pas un bon film non plus. A partir du moment ou on oublie totalement le De Palma, le tout se laisse regarder tout comme il se laisse oublier aussitôt. Un pur produit de la génération "Twilight", édulcoré à l’aspartame et totalement inoffensif. A voir un paquet de pop corn dans une main et son cerveau dans l'autre pour être sûr qu'il ne lui prenne pas l'idée de réfléchir, ou pire, de se rappeler pour ceux qui auraient vu l'original...
2s5

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