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16Mai/140

Critique: Godzilla – Gareth Edwards – 2014

godzillaSynopsis:
Des monstres terrifiants émergent des tréfonds de la terre et semblent se nourrir de la radioactivité. Alors qu'ils sont occupés à réduire en miettes notre civilisation, une créature encore plus énorme fait surface du fond des océans, bien décidée à aider l'humanité..

L'avis de David:
Gareth Edwards m'avait envouté avec son "Monsters" sorti de nul part au parti pris à la fois déconcertant et tellement intelligent; un récit axé sur ses personnages au détriment des monstres du titre, finalement relayés au second plan. Hop rebelote, le gonze tente de nous la rejouer mais cette fois avec un invité de marque, le bien nommé "Godzilla". Après une version Roland Emmerichienne qui malgré tout le mal que tout le monde a pu en penser ne m'avait pas déplu (mode cerveau OFF, popcorn ON et destructions qui tabassent à gogo) voici donc le Godzilla d'auteur, tout dans le style rien dans le calbar (et il en aurait fallu un maousse pour y stocker les oeufs radioactifs de notre lézard en surpoids). Je sais que je ne vais pas me faire que des amis, mais tant pis. J'ai été terriblement déçu.. Alors oui, les acteurs sont plutôt bons (mis à part le fils militaire tête à claque spécialiste en bombe nucléaire sans diplôme et en 24h, qui réunit à lui tout seul tous les clichés des blockbusters Américains), la réalisation est inspirée, les images parfois touchant au sublime.. Mais voilà.. C'est long, trèeeeees très long. Pas loin d'une heure vingt de dialogues insipides, inutiles, chiants.. Et pas de trace de Godzizi (pourtant il est gros, mais il steak haché..). On pourrait se dire qu'au moins les deux zouaves qui vont lui servir d'adversaires vont assurer le spectacle en attendant.. Ben ils essayent bien mais dès que ça devient sympa, on coupe et on renvoie le tout sur un écran de télé (le BFMTV du coin retransmet en direct..) ou via le champ d'une porte entre-ouverte.. Edwards a clairement choisi de ne pas trop en montrer, afin de mettre le spectateur dans une position inconfortable, celle de la victime qui voit la scène via une brèche dans un mur ou aux infos la peur au ventre. Sauf que bien souvent quand on vient voir un film comme "Godzilla", c'est surtout le divertissement qu'on est venu chercher.. Et autant dire que là on se fait chier grave.. Quand enfin, Godzizi arrive (via une scène iconique absolument sublime d'ailleurs).. Il était temps, reste plus qu'une petite demi-heure pour sauver le monde, faut pas déconner; bon Pizza Hut livre bien dans le même délai, ça devrait le faire... Son design est à ce titre très réussi et on retrouve notre lézard d'antan suffisamment relooké pour qu'il fasse son petit effet. Nous voilà donc dans la partie dite "spectaculaire" du film ou tout ce joyeux petit monde se colle des mandales à l'ancienne, comme avant, à l'époque des "Spectreman" et autres "Bioman".. Alors oui, les fans vont clairement kiffer (surtout que les effets spéciaux sont juste sublimes..), même le rayon atomique répondant présent (ça m'a fait penser à une montée de lait..) mais les autres vont osciller entre la frustration et la tristesse d'avoir été pris pour des bananes avec une bande annonce qui laissait présager un spectacle monstrueux..  C'est sympa, mais plutôt léger, avec un Godzilla a qui il ne manque plus qu'une cape rouge, volant au secours des humains (en même temps le matériau d'origine c'était un peu ça aussi mais ça passait), immortel (il mange quand même une barre d'immeuble dans la gueule et en ressort tout fringuant quelques minutes plus tard..) allant jusqu'à faire attention à ne pas trop abîmer les habitations pendant la baston.. On ne sent absolument pas la puissance des affrontements, ni la dangerosité que devrait inspirer ce monstre titanesque assis le cul entre deux chaises; décidément c'est mou jusqu'au bout.. Encore une fois, c'est loin d'être nul (la photo est juste superbe et certains plans larges ou aériens frisent le génie..) mais c'est aussi loin de ce que j'attendais de mon dieu lézard favori..

Gareth Edwards nous refait le coup du parapluie avec ce remake qui touchera les fans en plein cœur mais laissera les autres sur le bord de la route assurément. Trop de clichés, de longueurs, un scénario taillé à la serpe et une mièvrerie ambiante qui finit d'enfoncer le clou. Heureusement les trente dernières minutes offrent quelques affrontements sympatoches mais qui ne mettent finalement pas assez en valeur les merveilleux effets spéciaux du film. A voir avec des yeux d'enfants.. ou pas.
3s5


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