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6Août/140

Dossier: Chainsaw is family… repose en paix Marilyn…

texaschainsawmassacreCelle qui fut une des premières "Screaming queen" en hurlant pendant près d'une demi heure lors de sa course poursuite avec le célèbre Leatherface n'est plus. Elle nous a quitté ce 5 Août 2014, laissant derrière elle une traînée de fans de la première heure; celle du grand Hooper, du premier "Massacre à la tronçonneuse" en 1974 mais aussi du "Crocodile de la mort". Une petite apparition dans "Massacre à la tronçonneuse 2" non créditée, une autre dans le quatrième opus et encore une dans "Texas Chainsaw 3D", sorti l'année dernière, décidément, la tronçonneuse lui aura collée à la peau. Une grosse pensée pour elle et ses proches donc, et quoi de mieux pour ça qu'une petite rétrospective de la série qui a bercé notre adolescence boutonneuse passée à errer dans les vidéos-clubs de l'époque... Nous allons donc poser la lame de notre objet tranchant sur cette famille de cinglés cannibales, entrés dans l'histoire à grand coups de scie mécanique et de hurlements hystériques. Huilez vos chaines, enfilez vos gants, montez le son car on démarre en fanfare..

texas1Massacre à la tronçonneuse - Tobe Hooper - 1974
Voilà certainement l'un des films m'ayant fait le plus fantasmer durant cette époque bénie des VHS René Château (vous savez, "Les films que vous ne verrez jamais à la télévision.."). La critique ayant déjà été faite dans ses murs (juste ici) je ne vais pas trop m’appesantir sur le sujet, même si vraiment le film le mériterait. D'une puissance horrifique tétanisante, il parvient à vous glacer le sang sans même en verser une goutte à l'écran. Jouant sur l'ambiance poisseuse, crasseuse même (certains acteurs étaient malades sur le tournage tant la puanteur de la maison était atroce) et sur la folie délirante de ces rednecks barbares mangeurs de chair humaine ("Masque de cuir" en tête, si je peux me permettre..), Hooper parvient à faire voir des choses à ses spectateurs qui n'existaient pas à l'écran (les séquences sanglantes justement). La violence est tellement brutale, si déchaînée, qu'elle laissera une trace indélébile dans le cœur des fans. Marilyn y inventa un nouveau métier dans le monde du cinéma, la "Scream queen", littéralement la reine du cri; Sally son personnage subissant les assauts du monstrueux Leatherface pendant une bonne partie du film jusqu'à l'apothéose final et ce plan mythique d'un monstre tournoyant sur lui-même en vénérant son dieu tronçonneuse comme le prolongement viril de lui même. Inoubliable, culte, "Massacre à la tronçonneuse" restera l'un des films les plus importants du cinéma d'horreur. De nos jours, ce bijou n'a rien perdu de sa superbe et conserve cette réputation sulfureuse qui a contribué à une partie du son succès.

texas2Massacre à la tronçonneuse 2 - Tobe Hooper - 1986
Second fleuron de la série, le virage pris par Hooper est radical. Exit le glauque absolu, la crasse et la puanteur, welcome la gaudriole, le gore qui tache et le fun débridé (même si, qu'on le croit ou non, le premier film distillait déjà un humour noir particulièrement savoureux). La famille est de retour avec notre bon vieux boucher équipé Husqvarna, le papy qui semble bien plus en forme que précédemment (le sang ça rajeunit apparemment) et deux nouveaux personnages pas piqués des hannetons. Cette fois il sera question de concours de pâtés, généreusement concoctés avec la viande de nos congénères. Miam. Le tout est beaucoup plus léger, même si certaines séquences très très gores ont dû être coupées (le massacre de l'équipe de foot dans le parking), Tom Savini s'en donnant à cœur joie pour nous jeter un maximum d'hémoglobine à la tronche. Dennis Hopper enfile le costume du Cow-boy solitaire assoiffé de vengeance et nous gratifie même d'un combat au sommet, tronçonneuse contre tronçonneuse avec masque de cuir. Bill Moseley y incarne également un personnage haut en couleur, survolté, au sourire dévastateur. Beaucoup d'humour donc, de la blague potache même, ce qui n'empêche pas quelques passages tout simplement cultes (l'attaque des deux jeunes dans la voiture avec une "marionnette" cadavre pilotée par Leatherface en est un bon exemple..) et certaines scènes particulièrement dérangeantes (le masque fraîchement découpé déposé sur une Caroline Williams tétanisée). Bref, la critique c'est par ici et je vous invite à vite vous en délecter afin de vous imprégner de la saveur de ce pâté fait maison qui déménage.

texas3Massacre à la tronçonneuse 3, Leatherface - Jeff Burr - 1990
Cette fois c'est Jeff Burr qui reprend le flambeau (l'excellent "The Offspring" avec Vincent Price) et qui recentre illico tout le biniou sur le protagoniste qui porte la série sur ses épaules, Leatherface. On y retrouve donc le géant à la scie mécanique dans une version super énervée, aux prises avec un clone de Sally aidé par Ken Foree mais sans sa tenue de super flic de supermarché..  Viggo Mortensen y trouve un de ses premiers rôles et parvient à inquiéter le spectateur avec sa trogne de mec normal qui cache en fait un sacré secoué du bulbe. Mention spéciale également à la petite fille de la famille (une nouvelle recrue) qui joue avec des poupées très particulières et nous fait cadeau d'une séquence particulièrement dérangeante. Quelques scènes gores sympas (mais censurées, heureusement réintégrées depuis dans une edition DVD dites "intégrale") mais rien de véritablement transcendant pour cette suite qui se regarde sans déplaisir mais sans jamais égaler les précédents. Même la scène du dîner y est reproduite le génie en moins cette fois, nous laissant dubitatif face au sort de cette jeune femme dont finalement on se fout un peu.La bande annonce, énorme, envoyait pourtant du lourd avec un clin d’œil à Excalibur apte à faire trembler d'impatience les fans les plus endurcis. Il restera cette magnifique tronçonneuse chromée offerte à Leatherface et quelques scénettes rigolotes du sieur aux prises avec un jeu éducatif bien intransigeant. Et Burr et Burr et ratatam, Amstramgram.. Tant pis pour nous, ce sera surement pour une prochaine..

texas4Massacre à la tronçonneuse,nouvelle génération - Kim Henkel- 1994
On va passer super vite sur cette super purge réalisée par le co-scénariste du super premier quand même, Kim Henkel. La biture de la veille a du être sévèrement chargée tant le machin ne ressemble à rien sauf à une galette en forme de peau de renard: Leatherface devient une sorte de travesti aux sentiments exacerbés, les situations sont toutes plus grotesques les unes que les autres (on a même droit à une espèce de chef mutant dans une limousine.. sic..) et on se demande en permanence ce que sont venus faire Matthew McConaughey et Renée Zellweger dans cette galère.. Un étron à oublier très vite donc sous peine de griller quelques neurones dans l'aventure.. C'est comme quand Leatherface, cherchant du boulot, se pointe chez des bûcherons en vantant sa maîtrise de la tronçonneuse et son expérience au Sahara."Mais monsieur, il n'y a pas d'arbres au Sahara..".. Ben ouais, justement, c'est comme le talent, y en a plus... A bon entendeur, sauvez vous vite...

texas5Massacre à la tronçonneuse - Marcus Nispel - 2004
Michael Bay qui se décide à produire un remake du film culte de Tobe Hooper. Cela avait vraiment de quoi faire rire; ou peur tout dépend ou on se place.. C'est Marcus Nispel qui est désigné pour emballé le tout (j'imagine bien la méthode du je mets pleins de réalisateur dans une pièce et.. ce serrrrrra tooooooi qui le feraaaa... hop tout le monde steak haché...) et contre toute attente il va TRÈS bien y arriver. Le scénario est légèrement remis au goût du jour, la petite famille Texane aussi. Leatherface y prend enfin la place qui lui revient et devient monolithique (sa première apparition avec le rideau de fer m'a littéralement laissé pantois), le tout avec une maîtrise de la peur et de l'angoisse qui fait plaisir à voir. Même si il est loin d'égaler l'original, l'ambiance est là, crasseuse et poisseuse comme il faut, et les acteurs font vraiment du bon boulot (Jessica Biel en tête, reprenant avec brio le rôle de notre regrettée Marilyn). R.Lee Ermey y campe un oncle particulièrement frappadingue, le shérif Hoyt, à la manière du sergent Hartman dans "Full Metal Jacket". La violence est également bien présente, avec des meurtres secs et violents, virant même parfois vers le gore craspec via quelques coups de tronçonneuse bien placés. Seul petit bémol, cette habitude du département Marketing de tout miser sur le "D'après une histoire vraie" qui nous vaudra un épilogue bien réalisé mais quelque peu tiré par les cheveux (car très loin de l'inspiration originale d'Ed Gein, dossier à lire ici). Ne boudons pas notre plaisir, c'est très réussi et surtout totalement inattendu vu le postulat de départ; respect!

texas6Massacre à la tronçonneuse, le commencement - J. Liebesman - 2007
Fort du succès assez phénoménal du premier remake, Bay remet le couvert et part sur la voie de la préquelle. Plutôt bien vu. Cette fois le doigt inquisiteur s'est pointé sur Jonathan Liebesman (l’honnête "Nuit de terreur", le moyen "La colère des titans" et le tout bientôt "Mutant Ninja Turtles"). Encore une fois, le tout frise le vraiment bon, même si les origines du boucher Hewitt sont finalement expédiées assez rapidement en début de métrage (mention tout de même encore une fois au Shérif Hoyt qui devient Shérif à la place du Shérif de bien belle manière..); le scénario remplit certaines ellipses laissées précédemment (les dents de Hoyt, le vieux et son fauteuil roulant..) et on retrouve une nouvelle fois cette ambiance si oppressante qui caractérise cet univers. L'humour n'est cependant pas laissée pour compte et une poignée de séquences déclenchent l'hilarité ce qui permet de relacher un peu la pression.. Liebesman se lâche un peu plus que Nispel niveau gore et saupoudre le tout de quelques scènes vraiment crades (l'arrachage de peau du bras, l'extraction d'un visage à vif, un gus coupé en deux à la tronçonneuse..) qui font bien mal.. Bref, en un mot, bien, en deux mots, bien bien.. Jessica Biel passe le relais à Jordana Brewster, qui apporte du Fast et du Furious au rôle et Lee Tergesen (inoubliable dans la série "OZ") va donner un petit peu de fil à retordre à nos dégénérés de service. Du ludique, du sang, des tripes et un solide coup de fourchette pour un ragoût qui ne manque pas de saveur. Yabon!

texas7Massacre à la tronçonneuse 3D - John Luessenhop - 2013
Mort de rire 3D. Rein que le titre donnait déjà le ton.. "Tronçonneuse 3D".. Sans déconner, bientôt "Marteau 3D" ou "Pince à linge 3D" voir même "Saucisse 3D" (Ah merde celui-là ils l'ont fait..). Les rois du marketings ont encore frappé. Vu la montagne de billets récoltées par les deux remakes précédents, pas étonnant qu'on en voit arriver un troisième. Bim, ce coup-ci ce sera un reboot, carrément. Alors oui, y a du gore, ça saigne, y a de la 3D (à base de très grosses ficelles quand même..), des scènes qui auraient pu devenir cultes (comment rater le passage de Leatherface au beau milieu d'une fête foraine en 5 minutes...), mais voilà.. C'est tout.. L'histoire est complètement foirée, les clichés s'amoncellent par paquets de douze et même l'introduction qui se voulait un sérieux hommage à l'original (reprise pile poil à la fin de celui-ci) sent le pet foireux à plein nez (mais ils étaient combien dans cette baraque nom de nom...?!). Pire que tout, dans la dernière partie, Leatherface va carrément endosser le costume du grand sauveur et jouer de la tronçonneuse pour rendre justice.. Sic.. Je vous invite à lire la critique dispo ici (surtout qu'il y a une chouette chanson cachée dedans..) afin de vous faire une idée de tout le mal que je pense de ce machin (et du peu de bien aussi tant qu'à faire..). Parfois, il faudrait vraiment savoir s'arrêter...

MBtcmVoilà, on va s'arrêter là. Après tout cet étalage de viande, un peu de légumes facilitera le transit. On retiendra que le premier film restera l'un des plus mythique film d'horreur de tous les temps et rien que pour ça, merci Mr Hooper et spécialement aujourd'hui merci Mme Burns. Merci pour avoir incarné un rôle que l'on n'oubliera jamais et d'avoir insufflé toute cette hystérie à cette oeuvre. Vous resterez LA "Scream queen", celle par qui tout à commencé. Maintenant il est temps de vous reposer, de ranger les baskets, d'oublier ce vilain monsieur qui vous courait après avec un acharnement qui nous aura fait transpirer. Vous laissez au cinéma de genre et tout particulièrement au cinéma d'horreur un précieux héritage, en même temps qu'un immense vide. Paix à vous.

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