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19Fév/150

Critique: Dread (Terreur) – Anthony DiBlasi – 2009

dreadSynopsis:
Quaid est un étudiant en philosophie plutôt doué mais très perturbé. Il décide avec deux de ses camarades de démarrer une thèse sur les peurs les plus profondes de l'être humain. Cette étude va faire resurgir chez lui un traumatisme subit dans son enfance et peu à peu le faire basculer vers la folie...

L'avis de David:
Issu des "Livres de Sang" de Clive Barker (tout comme "Book of blood" ou encore "Midnight Meat Train" d'ailleurs), voici une adaptation d'une nouvelle du maestro qui fait plaisir à voir. Cette petite série B bien emballée est effectivement l’archétype même de la perversion et de la folie qu'affectionnent tout particulièrement l'ami Barker. On retrouve effectivement la douleur, thématique chère à l'auteur, traitée toutefois avec une approche différente que dans "Hellraiser" et ses suites par exemple. Nous ne sommes pas ici dans la recherche du plaisir via la scarification ou les sévices extrêmes mais plutôt dans l’apaisement d'un mal au travers de celui des autres.. Quaid, traumatisé par l'attaque d'un fou meurtrier qui se soldera par la mort de ses deux parents devant ses yeux, oblige ses camarades à affronter leurs propres terreurs; et plus il va loin dans ce qu'il leur fait endurer, mieux il se sent. Une horreur plutôt psychologique donc, mais terriblement efficace, surtout dans sa dernière demi-heure qui nous infligera quelques séquences proprement gerbantes (la peau à la paille de fer ou la pire de toute, la dégustation d'une entrecôte pourrie et remplie de vers par une végétarienne affamée..). Comme à son habitude, Barker flirte en permanence avec le malsain, épaulé à la perfection par un Shaun Evans totalement crédible en névrosé basculant peu à peu dans la folie la plus totale. On nous propose un véritable voyage vers ce qui fascine l'homme depuis toujours: l'exploration de ses peurs les plus intimes, l'attirance incontrôlée qui lui rend nécessaire de se mettre en fâcheuse posture, ceci afin de se délecter de la substantielle moelle qui ressortira du pressoir à émotions: la sensation d'être vivant. La notion de voyeurisme y est également bien présente et un parallèle semble évident avec "Midnight Meat Train" (notamment durant la violente séquestration d'une camarade de Quaid et ce n'est pas qu'une question d'entrecôte...). On peut même noter une poignée de séquences qui pourraient passer pour des hommages comme celle ou Quaid peint pour exorciser sa douleur (en mutilant ses modèles sur ses toiles), scène qui m'a fait furieusement penser au "Color me blood red" du grand Herschell Gordon Lewis.. Ajoutez à cela des flash-back et des hallucinations donnant lieu à des scènes particulièrement bien torchées (l'attaque du fou à la hache), une séparation bien mince entre le sexe et la mort (encore une vilaine habitude du papa de Pinhead), une fin d'une noirceur monstrueuse (qui en laissera d'ailleurs plus d'un sur le cul tant elle provoque le dégoût) et vous obtenez une des meilleurs péloches DTV d'il y a quelques années.

"Dread" est donc un des meilleurs représentant de l'oeuvre de Clive Barker, et ce, même si il s'éloigne finalement des délires fantastico-horribles de l'écrivain. Plus psychologique et en même temps plus ancrée dans une réalité qui n'est finalement que la notre, l'horreur est pourtant bel et bien là. Une horreur qui prend aux tripes et à la gorge, de celle qui vous force à réfléchir sur la condition humaine. Même le final ne vous sortira pas la tête du sac et prendra plutôt un malin plaisir à vous plonger encore un peu plus dans l'obscurité. Un très bon film, mésestimé, qui mérite une place de choix dans votre dvdthèque.
4s5


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