Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

5Mai/150

Critique: Peur bleue – Daniel Attias – 1985

peurbleueSynopsis:
La famille Coslaw habite la charmante petite ville de Tarker's Mill dans le Maine. Marty, qui est paraplégique, entretient des rapports difficiles avec sa sœur aînée. Seul son oncle trouve grâce à ses yeux. Un soir de pleine lune, Marty pense avoir croisé la route d'un loup-garou. Persuadé que la légende est vraie, il va enquêter afin de prouver que le monstre existe bel et bien.. Pendant ce temps, des meurtres inexplicables ont lieu chaque nuit..

L'avis de David:
Adapté du roman de Stephen King, ce "Silver Bullet" dégage ce que beaucoup n'arrivent pas à obtenir: de la sympathie. Même si il s'éloigne parfois de l'oeuvre originale (le loup-garou parle dans le livre et fait preuve d'une cruauté et d'une méchanceté vicieuse et sans limite) Daniel Attias parvient tout de même pour son premier film à rendre le tout diablement attachant. Collaborateur de Steven Spielberg sur "E.T." (comment rêver meilleur mentor..), il fait preuve ici de pas mal de maladresses (cadrages foireux, acteurs en roue libre..) mais tient bon la barre en nous proposant un cachet improbable qu'on ne retrouve réellement que dans les œuvres sorties durant cette période bénie. On suit donc le petit Corey Haim dans ses aventures poilues, aux prises avec un gros nounours bien énervé. Gary Busey joue le tonton picolo avec brio et Everett McGill fait ce qu'il fait de mieux, le vilain méchant (inoubliable dans "Le sous-sol de la peur" de Craven).. Mais voilà, on arrive au talon d’Achille principal du film: son monstre. Soyons honnête, les deux seuls fleurons du genre resteront "Hurlements" et "Le loup garou de Londres"; Carlo Rambaldi (créateur de l'extraterrestre "E.T." quand même) aura beau se démener comme un diable, il n'égalera jamais Rob Bottin ou Rick Backer... Son monstre n'est donc qu'un comédien en costume (oui oui, un bon point à celui qui parviendra à déceler la fermeture éclair..) avec une tête animée grossièrement.. Autant dire que vu de face, le coyote fait peur, mais certainement pas dans le sens voulu (sans compter qu'il y a une légère ressemblance avec un acteur Américain louchant allègrement vers l'ascension de Jupiter, les poils en plus.. Sacré Mike..).. Il me fait penser à une race de loups totalement idiot qui vit en Antarctique.. Ouais, le loup phoque.. Et pourtant Attias parvient comme par miracle à rendre les moments ou le machin sort de sa tanière plutôt dérangeants, voir glauques, ce qui constituera un véritable tour de force. Dommage que le final soit expédié manu-militari et que le gore (pourtant bien présent même si certaines séquences frisent le ridicule comme la décapitation du début) n'ai pas plus sa place à l'écran. Quand à la peur, elle ne sera pas bleue, tout juste verte lors d'une chouette séquence de transformation collective dans une église ou d'un final avec une transformation (aidée par des effets spéciaux corrects cette fois) chargeant l'ambiance d'un malaise presque palpable. Sinon, vous en voulez du malaise? Demandez donc à un public en délire ce que dit un loup qui cherche une place en voiture? "Arf, j'me garou?"... Effet garanti.. NDLR: Ce film est basé sur le roman "L'année du loup-garou (Cycle of the Werewolf)", de Stephen King qui parut en 1983. La version francophone de ce roman fut publiée en 1986 aux Editions Albin Michel sous le même titre que le film. Suivez ce lien si vous souhaitez lire la critique du roman Peur Bleue, de Stephen King sur horreurlitteraire.com.

"Peur bleue" est donc une toute petite série B avec de tout petits moyens (le film a coûté 7 millions de dollars pour n'en rapporter que 12) qui parvient envers et contre tout à rester sympathique. Malgré cela, on ne peut s'empêcher de s'imaginer ce qu'aurai pu donner l'adaptation du roman du King si elle avait été confiée à un Dante ou un Landis.. Dispensable mais offrant un divertissement agréable, imparfait mais regardable, le film de Daniel Attias mérite tout de même un p'tit coup d’œil.
3s5


Réactions
Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier