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22Juin/150

Critique: Les griffes de la nuit – Wes Craven – 1984

nightmareSynopsis:
Nancy et ses amis sont des jeunes apparemment sans histoires. Ils sont pourtant tourmentés chaque nuit par un curieux personnage au visage brûlé qui les agresse dans leurs cauchemars. Devenant de plus en plus violents chaque nuit, l'un de ces horribles rêves va causer la mort d'un des ados et pousser le reste du groupe à rester éveiller quoiqu'il arrive.. Nancy va peu à peu découvrir l'horrible vérité sur un dénommé Freddy Kruegger..

L'avis de David:
Tourné après "La dernière maison sur la gauche" et "La colline a des yeux" ( mais aussi "La ferme de la terreur" et l'atroce adaptation de la créature du marais quand même..), "A nightmare on Elm-Street" deviendra l'un des plus gros succès du père Craven, engendrant près de 25 millions de dollars (alors qu'il en a coûté à peine 2..) et signant le point de départ d'une série connue de tous, portée par le très charismatique croquemitaine Freddy Kruegger. Rien que l'idée de départ valait clairement son pesant de cacahuètes, fleurant bon le génie avec ce boogeyman aux griffes d'acier qui chasse ses proies directement dans leurs rêves. Cette première apparition sur le devant de la scène de notre grand brûlé préféré est sans conteste la plus réussie car il nous impose tout sauf l'envie de nous marrer (au contraire parfois des épisodes suivants). Alors oui, il balance de temps à autres quelques vannes dont il a le secret ("Je vais te faire jouir salope".. sic..) mais il est tellement inquiétant dans son rôle de pédophile tueur au visage monstrueux que du coup les poils se dressent en lieu et place des zygomatiques.. En faisant appel à Robert Englund (vu dans certaines série télé comme "V, les visiteurs" ou bien dans le "Crocodile de la mort" du papa de "Massacre à la tronçonneuse"), Craven signe son deuxième coup de maître. Totalement habité, aux allures parfois de dessin-animé (Freddy fait penser au loup de Tex-Avery quand il se déplace, brinquebalant..), il inquiète, dérange et reste finalement longtemps dans l'ombre jusqu'à un final en apothéose (celui-ci ne totalise finalement que 7 minutes d'apparition sur toute la durée du métrage). Le réalisateur flirte en permanence avec le mauvais goût en laissant son monstre dériver et écorner à maintes reprises la bienséance (le gant entre les jambes de Nancy dans la baignoire ou sa langue qui sort du combiné téléphonique..), faisant de lui une sorte de "démon" lubrique tout droit sorti d'une fresque baroque cabotinant même quand il a les bras qui s'allongent (scène particulièrement bizarre qui met mal à l'aise).. Alors oui, le film a désormais bien vieilli et certains effets ont du mal à passer l'épreuve du temps (la doublure d'Englund qui prend feu dans son costume ignifugé, le mannequin en mousse qui passe au travers de la porte à la fin..) mais d'autres rattrapent aisément la donne et laissent encore pantois (le maquillage du monstre, le meurtre de Tina totalement hallucinant..); impossible également de passer sous silence la pétrifiante partoche musicale composée pour l'occasion par Charles Bernstein et qui restera dès lors dans toutes les mémoires. Au rayon des anecdotes on pourra citer la toute première apparition de Jack Sparrow sur un écran de cinéma (Johnny Depp dont c'est le premier film) ou bien encore notre Claude Chabrol national qui est à l'origine du titre Français de ce grand classique de l'horreur ('Les griffes de la nuit", c'est lui..). Pour les plus aguerris, sachez que quand Depp est venu auditionner, il s'est pointé avec son pote Jackie Earle Haley qui même si il n'a pas eu le rôle espéré, jouera Freddy Kruegger himself 26 ans plus tard dans le remake (totalement foiré lui par contre).. Comme quoi tout arrive à qui sait attendre..

Plus qu'un film, "Les griffes de la nuit" est une oeuvre culte qui même si elle a beaucoup vieilli, reste une pépite qui aura marqué l'histoire des films d'horreur d'une manière indélébile. Et c'est sans compter la mise au monde d'un des croquemitaines les plus célèbres du cinéma de genre. Rien que pour ça je crois qu'on peut parler d'un film qui compte, tout simplement..
5s5


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