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23Juil/150

Critique: Creep – Christopher Smith – 2004

creepSynopsis:
Centre de Londres, la fête bat son plein quand Kate, fatiguée, décide de partir. Dans l'impossibilité de trouver un taxi, elle se décide à prendre le dernier métro. Assommée par l'alcool, elle s'assoupit et se retrouve enfermée dans la station déserte. Un train arrive, elle monte à bord. Totalement seule, elle panique lorsque toutes les lumières s'éteignent et qu'une silhouette semble s'être glissée dans la rame...

L'avis de David:
Ahhhhh Christopher Smith.. Que dire sinon que j'adore le travail de ce gars qui transforme tout ce qu'il touche en pur bonheur pour tout fan d'horreur qui se respecte. De ce "Creep" brillant à un "Severance" gore et marrant, tout en passant par un "Black Death" âpre et sans détours ou encore un "Triangle" de haute volée (et source de tout plein de controverses selon la sensibilité de celui qui le regarde ; critiqué d'ailleurs sur votre site bien aimé). "Sale type" (dans notre langue) nous propose donc un scénario plutôt simple et conventionnel à savoir la jeune femme enfermée la nuit dans le métro poursuivie par une espèce de malade bien décidé à en faire son quatre heure. Là ou Smith fait très fort, c'est dans sa propension à aller loin dans l'ultra-violence montrée à l'écran et à nous effrayer encore plus avec ce qu'il suggère. Un véritable tour de force. Dès le début, le film nous assène une atmosphère pesante, étouffante même; la station de métro, déserte, fait furieusement penser à une scène mythique du non moins culte "Loup-garou de Londres" de John Landis, lorsqu'un quidam est poursuivi par la bête jusqu'au pied d'un escalator (on pourrait aussi penser dans une moindre mesure au "Maniac" de William Lustig). Craig (le tueur) déambule de la même manière que le monstre de Landis et traque ses proies tout en n'étant jamais vraiment visible pour le spectateur (l'utilisation du contre-champ est à ce titre fort judicieuse). Mais c'est quand il commence à se montrer que l'horreur devient totale. Il finira par voler la vedette à une Franka Potente énervée  qui court à s'en époumoner et qui va connaitre une nuit qu'elle n'est pas prête d'oublier.. Et nous non plus d'ailleurs.. Les pauvres protagonistes qui vont croiser le chemin de ce monstre effrayant (la transformation de Sean Harris est impressionnante et nécessitait à chaque fois 7 heures de maquillage) vont littéralement en prendre plein la gueule (entre autre...); gorge tranchée lentement plein cadre, embout métallique planté en plein crâne, lacérations diverses et variées et surtout une scène d'opération des ovaires qui va très loin dans l'horreur et le dégueulasse (sans trop en montrer ce qui est encore plus fort). Le comble du glauque étant atteint lorsque le bougre se met à parler à Kate qui se rend vite compte qu'il ne fait que répéter les paroles d'agonie d'une de ses pauvres victime.. Autre particularité, ne vous attendez pas à avoir le pedigree complet du tueur, vous n’effleurerez son existence que par petites touches et indices laissés ça et là, Smith préférant s'en remettre à votre imagination et votre intelligence pour faire le boulot (les rats qui le suivent en permanence lui donnent un côté personnage de conte macabre accentuant encore la peur qu'il dégage). Et c'est tant mieux. Sean Harris était d'ailleurs particulièrement investi dans ce rôle et poussa le vice jusqu'à ne jamais parler ni rencontrer les autres acteurs en dehors des scènes, afin de dé-sociabiliser son personnage au maximum; certains acteurs ne l'avaient même jamais vu avec son maquillage avant de tourner leur scène; on imagine le choc et ça se ressent bien à l'écran...

"Creep" est l'exemple type de la parfaite série B à l'ancienne qui agit comme un uppercut dans la mâchoire. Pas de fioritures, pas de sentiments, juste de la tension du gore et une violence froide sans aucune once d'humanité; une sorte de miroir de notre société actuelle dans ses plus sombres recoins (la dernière scène avec Kate en est le parfait exemple, les pièces déposées à ses pieds faisant bien plus mal finalement qu'un coup de couteau..). Une réussite qui honorera une soirée ciné trouille de bien belle manière.
4s5


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