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10Sep/150

Critique: Razorback – Russel Mulcahy – 1984

Synopsis:
Jake Cullen, un vieil homme vivant dans le désert Australien, est attaqué par un monstrueux sanglier qui emporte son petit-fils. Deux ans plus tard, une journaliste Américaine très en vogue débarque dans la région afin de réaliser un reportage sur le massacre des Kangourous. Elle va malheureusement elle aussi croiser le chemin du monstre...

L'avis de David:
davidQuelques années avant de faire décoller sa carrière avec "Highlander" et de subir ensuite un crash au décollage avec "Highlander 2", Russel Mulcahy s'attaquait au film animalier avec ce "Razorback" qui aura marqué les esprits. L'âge d'or du film de monstres (oserais-je dire l'âge de cristal.. les plus vieux qui ont vu le film comprendront..) restera en effet hanté par cette péloche sans trop le sou, brutale et emplie d'une noirceur digne de la crinière du cochon affamé. Le réalisateur nous sert une vision de l'Australie peu reluisante, remplie de crétins consanguins passant leurs journées à se tirer dessus, boire et découper de la viande. On se croirait presque dans Mad Max tant le trait est forcé. Pourtant, les images sont d'une beauté à tomber. Entre trips psychédéliques à la Russel (Ken hein, pas Kurt..), vastes étendues de désert filmées de jour comme de nuit avec une maestria certaine et éclairages feutrés et "habillés" (par des filtres hérités tout droit du monde du clip, premiers amours de Mulcahy), la palette complète du faiseur d'images inspiré défile sous nos yeux. Alors oui, parfois (souvent) c'est un peu too-much mais pour peu qu'on ne soit pas complètement allergique au concept (et à la musique synthétique, elle aussi très en vogue à cette époque), la vue est belle. Gregory Harrison reprend le rôle du redresseur de torts (après "Logan's Run" mais pas dans l'espace ce coup-ci) et part donc à la chasse au cochon sauvage. Et sauvage il l'est le bougre (pas Harrison, assez moyen ici, mais le bestiau). Les séquences d'attaque font preuve d'un montage et d'un sens du cadrage percutants parvenant à retranscrire à la perfection la violence des assauts (et quasiment sans jamais voir l'animal); c'est bien simple, certains plans donnent l'impression du passage d'une locomotive au travers de maisons, cabanes, badauds passant par là.. Le tout à vieilli bien sur et l'aura culte qu'aura trimbalé le film pendant toutes ces années aura (mouarf y a de l'écho) un peu perdu de sa superbe aux yeux des nostalgiques que nous sommes, mais peu importe. Ce qui est surtout dommage c'est cette deuxième partie qui semble ne jamais aller jusqu'au bout de son capital horrifique. La bébête y est beaucoup plus présente, les attaques plus dirigées, mais le manque de faisabilité de l'époque nuit à l'image de ce monstre qu'on croirait tout droit sorti d'un manga tant chacun de ses pas fait trembler la terre entière. Parceque oui, même si il a coûté près de 250 000 dollars (façonné à taille réelle avec animatronique pour une durée d'apparition à l'écran qui ne dépasse pas les quelques secondes), le choix de ne jamais le dévoiler entièrement lui confère un aspect figé pas du meilleur effet.. On se retrouve donc face à une tête bien animée mais qui semble posée sur un rail afin de la projeter contre les protagonistes (en même temps c'était le cas, mais sur une moto..). Pour une fois j'avoue, un p'tit peu de CGI aurait permis de gagner en souplesse...  Mais bon, recentrons le débat; c'est tout de même bien réalisé et le combat final mérite tout de même d'être vu compte tenu des moyens dont on disposait à l'époque. Un peu le "Jaws" façon phacochère..

"Razorback" fait donc partie des films dits "cultes" mais qui prennent tout de même un bon coup derrière les oreilles quand on les revoit aujourd'hui. C'est pas beau de vieillir.. On a la vue qui baisse, la mémoire qui flanche et on se rappelle de choses qui semblent s'être modifiées avec le temps. Ce qui est sur, c'est que la photo reste superbe, certains panoramas laissent pantois (même si fortement surexposés voir irréalistes) et cette ambiance lugubre, comme hors du temps (amplifiée par cette lumière presque hypnotique) fait des merveilles. Après, ça reste un film de monstre classique, un peu sur-estimé mais tellement attachant..
3s5


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