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15Sep/150

Critique: La dernière maison sur la gauche – Dennis lliadis – 2009

lasthouseSynopsis:
Deux jeunes parents viennent passer quelques jours dans leur résidence secondaire avec leur fille Marie. Celle-ci se fait enlever avec son amie Paige par un groupe de dangereux individus. Cette dernière est tuée,Marie violée mais elle parvient à s'échapper et à rejoindre ses parents. Un orage éclate et la bande de criminels va se réfugier dans la maison familiale prétextant un accident. John et Emma vont peu à peu tout faire pour venger leur fille...

L'avis de David:
david"La dernière maison sur la gauche" réalisé en 1972 par un Wes Craven alors débutant (ce sera d'ailleurs son premier film) tenait déjà du remake puisqu'il s'inspirait fortement d'une oeuvre du Suédois Ingmar Bergman, "La source". Il marquera les débuts d'un genre devenu tristement célèbre, le "Rape and Revenge", littéralement "Viol et vengeance" et frappera tellement fort (dans l'horreur psychologique surtout) qu'il se verra interdit de sortie dans certains pays pour une durée plus ou moins longue (30 ans en Angleterre tout de même..). Autant dire que ce remake du quasi inconnu réalisateur Grecque Dennis Lliadis était attendu au tournant, et pas seulement sur la gauche. Arriver à faire aussi glauque et aussi dérangeant que Craven à l'époque semblait peine perdue (les scènes du pipi dans le pantalon et celle du viol foutent vraiment la rage) Lliadis l'a bien senti en plaçant son film sous la coupe de l'ultra-violence, et graphique plus que psychologique cette fois. Les acteurs reprennent très bien le flambeau avec une mention spéciale à Monica Potter qui nous offre une  interprétation sur le fil du rasoir (à la fois fragile et forte) mais aussi à Garrett Dillahunt (vu dans pas mal de séries) qui nous fait un Klug (non, pas celui roulé sous les aisselles..) absolument terrifiant, reprenant avec brio le rôle de l’inoubliable et regretté David Heiss. On pourra aussi noter une ambiance musicale electro du plus bel effet (la scène du plongeon au début nous transporte complètement) et un sens du cadre qui fait plaisir à voir. En ce qui concerne le message porté par Craven en 72 (faut-il tuer le meurtrier et en devenir un à notre tour? est-ce humain de vouloir voir ce genre d'actes?), il est ici mis totalement de côté au profit d'un divertissement plus calibré et finalement moins tourné vers la réflexion sociologique. Mais pour le coup, on peut dire que ça fonctionne. La scène du viol est totalement abjecte et fait preuve d'une complaisance qui met mal à l'aise et la dernière demi-heure déverse un flot de mises à mort toutes plus trash,gores et violentes les unes que les autres (la scène finale, même si quelque peu tirée par les cheveux, fait même très mal à la tête..). On ne s'ennuie pas, ça bouge, c'est sanglant, ça envoie du lourd et c'est finalement bien comme ça. Plutôt que d'essayer de supplanter un film devenu culte pour toute une génération, Lliadis prend le contre-pied et s'évertue à nous façonner un bon petit film sans péter plus haut que son cul (ou en faisant le poirier sur un escabot alors... Essayez d'imaginer la scène) et qui fait vraiment du bien par ou il passe (oubliez l'escabot là..)..

"La dernière maison sur la gauche" version champignons à la grecque est un bon crû, goûteux et bien moins traumatisant que son aïeul. Mention bien donc pour ce remake qui partait de très loin et qui finit avec la feuille de vigne juste là ou il faut. Alors oui, le choc n'est plus là, c'est beaucoup plus conventionnel mais le pire est évité. Un remake qui ne se justifiait pas (comme beaucoup) mais qui divertira même les plus irréductibles et c'est déjà pas mal..
4s5


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