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13Nov/150

Critique: CUB – Jonas Govaerts – 2014

cubSynopsis:
Un groupe de scouts et leurs guides se retrouvent malgré eux détournés de leur destination de campement. Sam, qui lors du trajet a remarqué une silhouette traversant  les bois à vive allure, a un mauvais pressentiment. Selon certains fait-divers, 'Kai' un monstre mi-enfant mi-animal roderait en ces lieux...

mikeL'avis de Mike:
Scout un jour, scout toujours, tel est la devise. Le concept étant simple: former les jeunes recrues à apprendre à se débrouiller par eux même, mais aussi acquérir l'entraide et la discipline.. Pour cette dernière, Peter (ndlr David: non ce n'est pas de flatulences dont il s'agit..), l'un des trois guide a sa façon bien extrême de la faire régner; accompagné de son Pitt-bull on se trouverait bien au-delà de la discipline qui laisserait plutôt place à de la tyrannie envers les enfants (la maltraitance viendra après). Kris et Jasmine, les deux autres accompagnateurs sont quand à eux bien plus pacifistes, essayant tant bien que mal de calmer les ardeurs de Peter. Bref, tous nos p'tits louveteaux partent en expédition pour mettre en pratique toutes ces belles paroles. Le campement de base est quant à lui squatté par deux espèces de branlos qui n’ont qu'une envie: c'est que l'embrouille soit déclaré. Les trois moniteurs ayant la responsabilité des enfants, ils vont devoir rester zen en essuyant insultes et provocations des deux zigs. Un nouveau campement va être choisi à la hâte, empruntant un itinéraire qui aurait sûrement mérité réflexion à l'avance. Et oui, le terrain est miné. Quand on voit un plan de la roue du camion qui roule sur un truc et que le plan d’après on plonge dans une salle de contrôle toute rouillée avec un gros bouton rouge qui clignote hystériquement, disons que ça sent un peu la sonnette d'alarme : "nos invités sont arrivés... faisons leur la fête (après tout dépend de quelle fête?). Arrivés sur place, c'est un havre de paix, et les louveteaux se mettent au boulot Hai hi, hai ho. Avant la tombée de la nuit, le campement est monté avec le feu vert des autorités locales (un gros mec  sur une bécane que je sais même pas comment elle a réussi a tenir le choc). Le gros gars de la parenthèse d'avant averti tardivement les guides comme quoi cet endroit est  un chantier désaffecté, et que lors des licenciements, beaucoup de travailleurs n'ont même pas attendu le délai de carence pour palper du chomdu : ils ont pété un câble et se sont pendus cash sur place. Avec cette news qui plombe le moral, allez-hop, ni une ni deux, on allume le feu de bois et tous en cercle pour une chouette soirée à la belle étoile. Le gros con de Peter (désolé, j'ai rien contre l'acteur mais le rôle exige mon débordement) va évidement avec pédagogie et toute la retenue nécessaire pour ne pas traumatiser les enfants (je suis sarcastique) organiser des jeux... Bien sur, entre humiliation ou lâchage de clébard au bask de Sam (ou encore aidé de son collègue), ils vont faire tellement peur aux gosses que ça aura pour effet de développer et inciter la haine chez les enfants tellement choqués qu'ils vont vouloir faire la peau à ce "monstre"... Je suis pas sûr qu'à la base, tout cela soit dans le manuel. Je parle, je parle mais je ne vous dirais que peu de choses du film contrairement à mon habitude. Je vais vous faire des esquisses de plusieurs aspects que j'ai ressentis, sortes de petits instantanés. Tout d'abord, le jeune Sam, personnage pas vraiment introverti mais en dehors du lot, ou tout simplement plus malin. C'est ce qui créera des moments de connivence avec Kai, tout d’abord devant l'injustice puis devant sa suite logique: la violence libératrice. Des moments super géniaux aussi : lorsque les mômes se retrouvent seuls dans les tentes et déballent leurs surplus de bagages emportés au nez et à la barbe des guides: du Coca, des bonbecs, une PSP et un Playboy.. Trop marrant. On y voit aussi les premiers émois des petits bonhommes envers la gente féminine (reluquage de la guide qui prend sa douche à la clé) initiant les premiers frémissement d'hormones, qui plus tard formeront comme chez tout mec, leur second cerveau. Et comme vous êtes assoiffés de sang, les meurtres sont barbares, sadiques, amenés avec ingéniosité, millimétrés et machiavéliques. Mais ils ne raviront pas spécialement les aficionados de gore à outrance (vous savez celui qui oblige à faire des lessives toutes les deux ou trois prises); ce n'est de toute façon pas le but. Une scène choquante aussi, qui ne rentre pas dans le cadre "horreur" mais plus dans celle de la maltraitance dont je parlais plus haut (qui prouve bien que le réalisateur n'a pas froid aux yeux). C'est un film que je qualifierais de "survival" avant tout. Plein de photosynthèse et d'oxygène, un bon bol d'air puisque filmé en décor naturel, en pleine foret. Mais pas que, les sous-sols sont intriguants avec des accès un peu partout, ce qui laisse place aux surprises auxquelles on ne s'attend pas. Le premier plan de la tanière de Kai m'a aussitôt laissé imaginer le griffonnage du story-board, l'originalité de la création, entre le papier et la mise en œuvre réelle, de l’échelle, des assurances pour les comédiens, ce qui est possible et impossible sachant que l'on parle de budget serré, tout ce qui a dû entrer en jeu. Les effets sont de bonne facture et des scènes de combat il y a. Coté musique, Steeve Moore nous compose un thème d'ouverture repris en clôture générique extra, avec des nappes de synthé style années 80 cadencées comme il faut (si vous avez dépassé la quarantaine sinon orientez-vous vers Cliff Martinez avec 'Drive' lol). A noter qu'un second à l'orgue vous fera de suite resurgir des souvenirs horrifiques vintage époque Dario Argento...

Je trouve que le pari de Monsieur Govaerts qui est de faire un film violent avec des meurtres perpétrés par des enfants (attention pas "que" par des enfants) est risqué, mais totalement réussi. Il était en  compétition au festival de Gerardmer 2015, face à un navet comme "Goodnight Mommy" par exemple (dont je n'ai rien à dire, c'est pour dire !). Un long métrage, original et non-conformiste, très bien écrit et réalisé, qui explore d'autres registres, chose inhabituelle dans le genre. On compatirais presque, autant vous dire qu'il m'a beaucoup plu. Pour ma part, j'y ai vu tout un pan sous forme d’avertissements qui invitent à la réflexion (ce que Peter est, il le reproduit sur les enfants selon le même schéma)...  Mais bon, j'avais peut être pas les bonnes lunettes, à vous de me le dire...
4s5


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