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18Déc/150

Critique: Stake Land – Jim Mickle – 2010

stakelandSynopsis:
La terre fait face à une épidémie d'une ampleur sans précédent. Les gens se transforment en Vampires et se contaminent les uns les autres. Des groupes d'hommes tentent de survivre tant bien que mal, certains au détriment de leur part d'humanité. Au beau milieu de ce chaos, un homme et un enfant traversent le pays à la recherche de New Eden, dernier endroit sûr et imprenable par les créatures de la nuit...

davidL'avis de David:
Sorte de mix entre "La route", "Walking Dead" et une tripotée de films de Vampires, "Stake Land" ne prétend pas créer une révolution. Jim Mickle soigne son récit dans le fond et dans la forme mais ne pète jamais plus haut que son cul et reste donc dans les chemins balisés propice à ce genre de films. On retrouve donc un monde en perdition, des Vampires bien énervés (et qui ont grave la dalle) et surtout, surtout, le danger le plus mortel alentour: l'homme. Car oui, les hommes vont se révéler bien plus dangereux que leurs homologues aux dents longues, déployant une violence âpre justifiée par un instinct de survie de tous les instants. Dès la scène d'ouverture, on comprend que l'on va assister à quelque chose de "spécial"; un Vampire attaque et tue les parents de Martin (et son petit frère.. le lâché de bébé mort fallait vraiment oser) et ce n'est que grâce à l'intervention de "Mister", vagabond passant par là, que le jeune homme pourra s'en sortir. Il passera alors un cap, celui de devenir adulte (il tuera même Noël à un moment). Critique sociale sous bien des aspects (on peut citer pèle-mêle le fanatisme religieux, le refus de la différence et de l'autre en général..), ce parallèle en est d'autant plus intéressant. Martin devient un homme responsable de lui et des autres, sous l'égide protectrice de "Mister", le tout baigné dans une mélancolie persistante, aussi bien dans l'image que dans les événements relatés, appuyée par une bande son absolument sublime qui vous accompagnera tout au long de ce visionnage. Mickle tire la substantielle moelle de son micro-budget et nous gratifie d'une réalisation de haute volée, de plans qui laissent sur le cul et même de scènes d'attaques qui envoient clairement du lourd (nous laissant dubitatifs sur la capacité de certains à savoir tenir une caméra surtout quand on dispose d'un budget au moins dix fois supérieur).. Bref, le réalisateur colle la fessée déculottée à certains et ça ça fait du bien (et n'y voyez aucun penchant.. quoique..). Les effets spéciaux assurent eux aussi le spectacle et sont pour la plupart réalisés en live, livrant leur dose de sang aux assoiffés de gore que nous sommes sans se vautrer dans la démesure. Petite ombre au tableau: on aurait vraiment apprécié que le méchant de l'histoire tienne une place un peu plus importante tant sa première intervention semblait augurer du meilleur. Une sorte de Negan côté dents-longues qui aurait amplement mérité une plus grande exposition et un développement plus "touffu". Sinon Kelly McGillis, méconnaissable, assure parfaitement son rôle, tout comme Nick Damici (également co-scénariste), Connor Paolo et Danielle Harris (oui oui, celle de "Halloween 4 & 5" et de "Hatchet 2", ou 3 je sais plus..).

"Stake Land" est une petite perle dans le paysage des DTV et nous offre un voyage à la fois terrifiant et terriblement séduisant. Musicalement superbe, l'oeuvre de Jim Mickle assure aussi du côté visuel et nous embarque dans une aventure poignante sans jamais plus nous lâcher (on n'ose imaginer ce qu'il ferait avec un budget plus important). Reflets de tous nos travers les plus obscurs, son film est avant tout et sans fioritures, un regard intimiste sur notre société qui en dit long quand à sa faculté à s'autodétruire.
4s5


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