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31Déc/150

Critique: Frontiere(s) – Xavier Gens – 2007

frontieresSynopsis:
L'extrême droite prend la tête du pays et des émeutes éclatent un peu partout. Un petit groupe d'amis tente de fuir la capitale après un coup raté qui a entraîné la mort de l'un d'eux. Ils trouvent refuge dans une bien étrange bâtisse tenue par de dangereux dégénérés qui vont leur faire vivre les pires heures de leur existence.

davidL'avis de David:
Après un "Hitman" perfectible mais de bien meilleur calibre que la daube édentée vomie cette année (bientôt l'année dernière tiens) et quelques courts métrages (dont "Au petit matin" avec le même Aurélien Wiik que dans "Frontiere(s)" justement mais aussi Estelle Lefébure), Xavier Gens (dont vous pouvez lire une petite interview vraiment sympa ici) nous livre sa version du "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper. Dans la lignée des films Français qui font mal comme "A l'intérieur" ou encore "Haute tension" (certainement mon préféré) et avant le coup de grâce définitif que sera "Martyrs" de Laugier, voici donc ce qui devait signer le renouveau du film de genre bien de chez nous.. Malheureusement, cela ne suffira pas, et toutes ces pépites n'enclencheront qu'un léger soubresaut, à mon grand désarroi. Mais au moins, le voyage en valait-il le coup pour nous, pauvres spectateurs nourris aux burgers goût caca? Pour moi oui, je peux le dire, j'ai vraiment beaucoup aimé ce "Frontiere(s)". Alors ouais, c'est pas très fin dans le propos, pas plus dans le traitement et le jeu d'acteur et encore moins dans les tortures infligées aux protagonistes qui baignent dans la boue et le sang pendant une bonne partie du film mais putain, qu'est-ce que ça fait du bien! On sent l'amour du cinéma de genre à chaque recoin de bobine et il fallait avoir une sacrée paire de balloches grosses comme des montgolfières pour porter ce projet à bout de bras jusqu'aux bureaux des distributeurs. Sans déconner, vous imaginez le tableau? "Bonjour, je suis un jeune réalisateur talentueux et mon film parle de gamins égorgés ou dépecés vivants par des cannibales nazis en pleine essor de l'extrême droite en France.."; on sent tout de suite les difficultés (surtout en cette période de remous sociaux). Bref, Gens l'a fait et jusqu'au bout s'il vous plait. Bien sûr, le tout n'est pas exempt de défauts: la caméra à l'épaule pour simuler l'action intense moi j'y arrive toujours pas et à part me filer une bonne grosse gerbe rien d'autre ne se passe (heureusement que ça se limite à une poignée de scènes); quelques stéréotypes sont un chouia trop appuyés tirant un peu vers la parodie sans le vouloir (certaines répliques bas du front du "chef" Nazi illustrent bien ce sentiment) et le mélange de "The Descent", "Hostel" et "Massacre à la tronçonneuse" pourrait faire poindre l'indigestion de références mais si on passe au dessus de tout ça comme une mouche au travers du mur du son (le petit point rouge en l'air c'est son saignement de nez) et bien on kiffe! Les acteurs se donnent (impressionnante transformation de Samuel Le Bihan, à contre emploi, véritable montagne de muscles déchaînée..), le rythme ne faiblit pas, le patriarche fait peur (chapeau bas pour le choix de l'acteur), Jean-Pierre Taieb joue la partoche like a boss (mais ma préférée restera celle du sublime "The Divide" du même réalisateur) et on prend dans la gueule ce qu'on était venu chercher: une bidoche bien rouge et bien saignante.. Comme dirait la vache, que personne ne bouze, y en aura pour tout le monde: coupures de tendons d'Achille, explosion de tête en gros plan (sublime d'ailleurs), découpage à la scie circulaire façon Jess Franco dans "Bloody Moon" (mais sans le mannequin tout pourri piqué dans la vitrine du Monoprix du coin) et autres joyeusetés feront la journée des amateurs d'hémoglobine. "Make my day" disait un certain Harry (non pas le fabricant de brioches, le nôtre il préférait les pains) et moi quand je vois autant d'envie de bien faire et de combler ses fans à l'écran et bien je ne peux qu'aller dans son sens. Un grand bravo aussi à l'interprétation de Karine Testa qui semble porter une bonne partie du film sur ses épaules, telle la Marilyn Burns Française (qui nous a quitté bien trop tôt et nous manque à tous), hurlant et pleurant, alternant avec brio entre la peur, le désespoir et la colère..

"Frontiere(s)" est un essai courageux, un pavé dans la marre lancé par un réalisateur au talent fou et à la détermination sans faille. Il réussit là ou bon nombre se sont rompus les os et nous offre un voyage au bout de l'enfer sans se prendre la tête, tranquille. Pas un chef d'oeuvre, ni un film sans défauts. En gros, une bonne bouffée de genre a regarder dans l'unique but de se divertir (frissonner n'est toutefois pas exclu) et c'est déjà vraiment beaucoup. Merci Mr Xavier, les Gens te saluent bien bas.
4s5


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