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9Jan/160

Critique: Event Horizon – Paul W.S. Anderson – 1997

eventhorizonSynopsis:
Année 2047, sept ans après sa disparition le Event Horizon refait surface et semble errer aux environs de Neptune. Son créateur, Weir, embarque avec une petite équipe dans un vaisseau de sauvetage. Ce qu'ils vont trouver sur place va défier toutes les lois de la rationalité. Le Event Horizon semble avoir ramené quelque chose d'indicible de son long voyage dans un trou noir..

davidL'avis de David:
L'enfer.. Tout un programme. Un mythe que beaucoup espèrent comprendre un jour (alors que parfois il est juste sous nos yeux); de ceux-là, Paul W.S. Anderson en fait partie. Et même si je m'avance un peu je peux raisonnablement dire qu'il a atteint son but avec sa série "Resident Evil".. Et pourtant ce réalisateur n'a pas toujours été un tâcheron qui se filme l'arrière-train à la sonde, loin de là. La preuve avec ce "Event Horizon" sorti de nulle-part et revenu après sept longues années d'errances dans les limbes de l'espace avec peut-être une réponse. Ce qu'on sait nous en tout cas, c'est que le gonz savait tenir une caméra à l'époque en plus d'avoir sous le coude un scénario capable de dresser les poils d'un loup-garou sur sa tête. Impossible de ne pas penser à notre ami Clive Barker (il aurait été consulté lors de la pré-production) tant l'univers proposé ici lui est proche; c'est bien simple, certaines scènes de cauchemar semblent directement provenir d'un nouveau volet d'"Hellraiser" et on s'attendrait presque à voir Pinhead débarquer et lancer un cube dans la gueule de Laurence Fishburne (qui ensuite serait en droit de se demander si il prend la bleue ou la rouge..). Sentiment de claustrophobie mêlé à une caméra en mouvement presque perpétuel, l'attraction vous ferait presque suffoquer tant elle est intense. On suit donc une bande de potes (je les appelle comme ça pour essayer de dédramatiser la chose) en route vers un vaisseau qu'ils sont censés ramener avec l'espoir que l'équipage soit encore un peu entier. Le souci c'est que le chenapan était programmé pour se promener de trou noir en trou noir et qu'il a du en visiter un de trop (et pas propre de surcroît), rapportant avec lui un morceau de ce que certaines de nos cultures appellent l'enfer. Un scénario béton, une tension menée de main de maître et des acteurs impeccables, voilà ce qui vous attends. Laurence Fishburne (dans l'esquive permanente depuis qu'on l'a prévenu qu'un zozo clouté voulait lui planter un cube), Sam Neill (qui galère décidément pas mal entre les démons et les dinosaures) mais aussi Jason Isaacs nous offrent donc une interprétation de haute volée pour une séance de trouille dont on se souviendra longtemps. Hey, les fondus de gore, revenez, ne partez pas... Oui je sais, le film durait près de 2h10 à la base et a été raccourci d'une bonne trentaine de minutes, mais tout n'est pas rose pour autant. On serait plutôt clairement dans le rouge avec des meurtres et surtout des séquences de cauchemar gorissimes! Doigts enfoncés dans les yeux profondément, pilote sodomisé par un tube métallique dans une orgie sanglante démentielle, jambes brisées en mille morceaux et autres joyeusetés sont donc de la fête. Mais sachez tout de même que dans la version uncut jamais sortie, la séquence allait beaucoup plus loin: équipage nu et couvert de sang ayant des rapports sexuels plutôt violents, intestins extirpés de la bouche d'un quidam, seins arrachés et j'en passe. Le "screen-test" a été sans appel, certains spectateurs s'évanouissant durant le visionnage (sans compter que Anderson avait embauché des acteurs pornos pour les scènes de viols et surtout de véritables amputés à différents degrés pour faire plus vrai). Bref, la production a exigé que la scène soit expurgée et même si il ne reste finalement pas grand chose à l'écran, c'est suffisant pour sacrément déranger. Juste au passage, on peut également citer le fait que la séquence d'explication des voyages dans le temps est reprise presque mots pour mots dans le "Interstellar" de Nolan.. Putain, Anderson cité par Nolan.. Là ça y est, on est vraiment passé en enfer.. Ce qui est sûr, c'est que le film fut un échec commercial (la critique ne l'ayant pas épargné.. à tort selon moi) et signa un tournant dans la carrière du réalisateur qui vu finalement "X-men" lui passé sous le nez au profit de Bryan Singer (même si l'histoire dit qu'il aurait tout simplement refusé la proposition). Nous, ce qu'on retiendra, c'est qu'il a réalisé un putain de film avec des putains de moments de flippe dedans. Et ça, ça vaut tout l'or du monde ici à Grim.

Le meilleur film de Paul W.S. Anderson (qui a dit le seul) tout simplement. Il nous offre une virée dans l'enfer de Dante avec un sérieux et un brio qui font froid dans le dos. Un cauchemar éveillé qui devrait sacrément vous filer la frousse en plus de vous tenir en haleine de bout en bout. Mais bon dieu (oula, attention je blasphème), pourquoi n'a t'il pas continué dans cette voie (si je tenais le con qui lui a présenté Mila Jovovich). Allez, vous me direz dix "Je vous salue" et on en parle plus (ou moins en tout cas)...
4s5

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