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26Jan/160

Critique: Final Hours – Zak Hilditch – 2013

finalhoursSynopsis:
Douze heures. C'est tout ce qu'il reste à l'humanité avant qu'une météorite vienne éradiquer toute vie sur notre planète. James décide d'utiliser ce temps pour rejoindre une fête qualifiée d'ultime afin de boire, se droguer et oublier. En chemin, il sauve une petite fille à la recherche de son père qui va brusquement changer l'ordre de ses priorités...

L'avis de David:
Et vous, que feriez-vous si vous ne disposiez que de 12 heures avant de rendre votre dernier souffle? Mourir dans les bras de ceux qu'on aime, se brûler le cerveau dans une fête démentielle en tentant de tout oublier ou bien tout simplement se poser face à l'horizon pour penser à notre vie passée en attendant l'inéluctable.. Chacun soupèsera le poids de sa conscience et décidera de ce qu'il est bon de faire dans ses derniers instants. Ce quatrième long de Zak Hilditch pose en tout cas les bonnes questions et nous mets face à nos pires instincts enfouis au plus profond de nos êtres. Bien entendu, le corollaire avec le "Last night" de Don McKellar est évident, moins bien traité (avec moins de maturité très certainement) mais tenant presque de la relecture. On y retrouve Nathan Philips, vu dans "Des serpents dans l'avion" ou encore "Wolf Creek", 10 bons kilos de muscles en plus, qui cherche sa voie vers la rédemption et campe le personnage de James avec beaucoup de justesse. La jeune Angourie Rice lui volerait pourtant presque la vedette tant son jeu est touchant, l'alchimie liant les deux personnages illuminant cette "société" devenue jungle car délivrée de tous ses artifices sociaux. Les hommes sont revenus à l'état de bêtes et la violence transpire à chaque coin de rue. Finalement, la fin de l'humanité ne serait-elle pas le bout de la boucle? Nous sommes nés sauvages puis doucement nous nous sommes civilisés; peu à peu la courbe s'inverse et nous repartons vers notre état premier jusqu'au retour à la poussière, le néant. Le film nous interroge donc et sera tantôt pessimiste à l'extrême (tendance dépressive comme cette scène ou deux hommes enlèvent une petite fille pour la violer, s'amuser avant de partir..), tantôt optimiste en touchant directement notre cœur, nos sentiments (la magnifique scène finale). Bref, une leçon de vie bien mise en image, avec autant de violence (certaines scènes sont très crûes) que de sensibilité. Bon certes, le tableau n'est pas parfait, mais le parallèle entre le James égoïste du début et celui protecteur et responsable de la fin est vraiment intelligemment amené (il devient père par procuration grâce à Rose qui va lui inculquer ce que la vie n'aura pas le temps de faire, malgré sa compagne enceinte). Au rayon des défauts, on peut citer une caméra plus à l'aise dans les séquences brutales que dans celles impliquant des sentiments ou encore des personnages que l'on qualifiera "de surface" tant ils auraient mérité d'être creusés un peu plus mais qu'importe. L'entreprise reste toujours tellement humble que ne pas trop en faire basculera bien souvent à l'avantage du film de Hilditch et lui permet de laisser le spectateur seul juge de ce qu'il jugera bon de faire lorsque sa dernière heure sera arrivée.. Certains tenteront de terminer quelque chose (l'excellente scène du puzzle), d'autres contempleront juste l'arrivée des flammes (fin du monde spectaculaire alignant de très beaux effets spéciaux au passage, surtout pour une production de ce calibre), purificatrices, qui se chargeront de remettre les compteurs à zéro. Dans tous les cas, le message est passé: vivez ce qui est important, peu importe le temps que ça prend.

"Final Hours" traite à nouveau de cette fin du monde que tout le monde nous annonce imminente, mais il le fait bien. Au lieu de céder aux sirènes du spectaculaire, Zak Hilditch préfère laisser sa caméra au ras du sol, captant les comportement désordonnés d'humains hors cadre totalement paumés. Plus loin que le simple divertissement donc, son film interroge, inquiète, mais surtout touche la corde sensible. Une belle réussite, crûe, sans fioritures, qui préfigure presque de ce qui nous pend au nez demain.
4s5


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