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4Fév/160

Critique: Bone Tomahawk – S.Craig Zahler – 2015

bonetomahawkSynopsis:
Un groupe d'Indiens cannibales en quête de vengeance enlève des habitants de la paisible ville de Bright Hope. Le Sherif Hunt, accompagné d'une poignée d'hommes, décide de partir à leur recherche. Contre toute attente, ils vont vivre un véritable cauchemar dont ils ne sortiront pas indemnes.

davidL'avis de David:
Grand Prix du festival International du film fantastique de Gerardmer 2016, ce "Bone Tomahawk" avait tout pour intriguer. Décrit par certains comme le mix entre "La chevauchée sauvage" et "Cannibal Holocaust", le pari semblait osé. Afin de mener sa petite entreprise à bon port, Craig Zahler s'est entouré d'un sacrée casting de ouf. Kurt Russel, impérial comme souvent, embarque avec lui Matthew Fox ("Lost"), Patrick Wilson ("Conjuring","Insidious"), Richard Jenkins (méconnaissable -non ce n'est pas un film-), David Arquette ("Scream") et même Sid Haig ("House of 1000 corpses") traînent leurs bottes dans la poussière et rivalisent de rudesse et de grossièreté. La civilisation ma bonne dame, on vous le dit, rien ne peut aller contre la civilisation. Dès de le départ, le ton est donné avec un Sid Haig lâchant (non pas de caisses à l'horizon) un "Que veux-tu que ces sauvages fassent contre la civilisation" tout en se grattant les balloches avec son arme. Classe. Car c'est à ça que nous allons être confrontés, des hommes soit disant civilisés luttant contre des hommes soit disant sauvages (cannibales ça c'est sûr). Même si ce choc des cultures n'est pas la pierre angulaire du film, on sent bien que le réalisateur avait un message à faire passer, le tout filmé avec une violence crûe, sans concessions, froide comme la mort. Cette sensation de froideur est d'ailleurs renforcée par le fait qu'il n'y a quasiment aucune musique pour accompagner l'image; perturbant, mais diablement efficace. On résume donc: des chapeaux, des flingues, des chevaux, des affrontements secs et nerveux.. Un bon Western quoi, voir même bien meilleur que certains gros outsiders actuels (non je ne suis pas un salopard..).Mais, il ne manque pas quelque chose là? Ben on m'avait parlé d'Indiens bien énervés, limite sur les dents (et de devant en plus) et pour l'instant, mis à part quelques cris ou bruits suspects (un reste de soupe au Maïs Kurt?), aucune plume à l'horizon. Il aura fallu attendre plus de la moitié du film (on peut même dire qu'on est dans les 40 dernières minutes sur les  2 heures 17 que totalise celui-ci) pour enfin découvrir nos amis amateurs de viande rouge et jubiler tant les hommages à "Cannibal Holocaust" voir même à "Cannibal Ferox" sont évidents. L'histoire bascule alors totalement dans l'horreur avec une poignée de scènes extrêmement gores capables de retourner les estomacs les plus aguerris (le scalp suivi de l’écartèlement feront date tant ils mettent mal à l'aise); d'autant qu'on ne sait jamais qui partira en premier et chaque incursion du chef des indiens (impressionnant avec ses défenses incrustées dans la peau des joues) vous hérissera le système pileux. "Make them die slowly" qu'ils disaient, et ben pour le coup c'est plutôt raté. A noter tout de même deux trois incohérences comme le fait d'avoir perché la grotte si haut pour ne pas utiliser cette notion ensuite (le héros y accédera pépère, une jambe en mousse, sans l'aide de cordes et sans même transpirer). On assistera également à une courte incursion dans le monde de ces "troglodytes" (leurs femmes enceintes et aveugles valent le détour) avec la description d'une petite particularité anatomique plutôt incongrue (et pas vraiment ragoûtante) qui va participer à rendre ces "hommes" encore plus effrayants. Bref, la fin est tendue comme un string, la violence y est exacerbée et le spectateur totalement incrusté dans son fauteuil; ça sent la mission accomplie ou je ne m'y connais pas...

Mélange de Western et d'horreur (mais plus de chapeaux que de tripailles quand même hein), il fallait oser et S.Craig Zahler s'en tire avec les honneurs. Enfin un peu de viande fraîche dans cet étalage de remakes et autres plats de nouilles sans saveur. "Bone Tomahawk" frôle l'excellence mais de peu. La faute à une première partie un peu trop étirée et à une seconde qui aurait elle mérité plus d'égards. Mais inutile de bouder notre plaisir, c'est avec une plume dans le fondement et un arc à la main que vous allez fissa me déguster cette petite perle, foi de Nagawika! Hugh (non pas Grant)!
4s5


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