Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

29Fév/160

Critique: We are what we are – Jim Mickle – 2013

wearewhatSynopsis:
Les Parker sont discrets, presque invisibles, et vivent avec leurs règles dans une petite communauté Américaine. Franck, le patriarche, dirige sa famille d'une main de fer. Suite au soudain décès de leur mère, les deux filles aînées vont devoir s'occuper de leur jeune frère tandis que leur père va s'atteler au respect d'une terrifiante tradition ancestrale...

davidL'avis de David:
Remake/relecture de "Ne nous jugez pas" du Méxicain Jorge Michel Grau (rien à voir avec un massacre et des morts-vivants..), le nouveau film de Jim Mickle nous propose de plonger dans l'univers d'une famille bien sombre s'évertuant à perpétuer une tradition bien sale sous les ongles. Interprété de très belle manière par une poignée d'acteurs chevronnés (surtout le père qui se démarque clairement et fait froid dans le dos mais également Michael Parks ou encore Kelly Mc Gillis et Nick Damicci déjà présents dans "Stake Land" du même réalisateur), éclairé et mis en boite avec classe, tout semblait se montrer sous les meilleurs auspices (p'tite devinette: qu'est-ce qui a deux dents et trente paires d'yeux? Réponse à la fin de l'article avec un indice dans la phrase précédente). On est rapidement subjugués par cette ambiance teintée de tristesse et baignée par des tons tantôt blanchâtres tantôt noirs comme la mort; de fait, on n'a de cesse de se demander sur quel terrible secret cette famille est assise depuis des décennies (et vu la quantité de sang promise, leurs hémorroïdes doivent être dans un vache de sale état..). Bref, Mickle nous embarque et c'est déjà vraiment bien! Mais comme lors de tout long voyage qui se respecte, la monotonie pointe vite le bout de son nez (pitié, pas d’escarres en plus) et même avec une méga dose de Préparation H on finit par trouver le temps plutôt long. Car oui, le film est long, trop à mon goût (20 minutes de moins n'auraient pas été de trop.. je viens de me claquer un neurone là..) et sa vision aurait mérité un survol de certains aspects finalement peu importants de l'histoire. Le réalisateur ne cède en tout cas jamais aux sirènes du trash à tout prix tout en parvenant à instaurer un malaise perceptible jusqu'à un final sauvage qui fait froid dans le dos (notamment à cause de certains revirements qu'on ne voit absolument pas venir). Quelques scènes un peu gorasses prennent alors le relais (certains meurtres sont bien gratinés) mais c'est surtout un sentiment de désespoir qui nous anime devant ce dernier acte nous plongeant encore plus profondément dans les limbes de la noirceur. Un petit conseil: claustrophobes et anxieux s'abstenir. On alterne donc en permanence entre une mélancolie sublimée par une bande son magnifique au piano (on peut presque parler de poésie parfois) et une violence froide mais inéluctable qui montre qu'on ne change pas notre nature profonde. Qu'on soit jeune ou vieux, enfant ou vieillard, tout le monde est logé à la même enseigne (qui a parlé d'hospice? Au fait la réponse c'est un car du troisième âge..).On n'est ce que l'on est et il faut faire avec...

"We are what we are" est une bonne relecture à la technique presque sans faille proposant une ambiance qui "happe" totalement le spectateur. Si le tout n'avait pas été plombé par une lenteur (même si elle est nécessaire pour poser l'ambiance) et une longueur excessive il aurait sûrement obtenu la note supérieure. En l'état c'est un bon film, surprenant sur la fin mais dont la vision demande une préparation physique poussée sous peine d'épuisement (comprenez ronflement); a bon entendeur, dégainez les cafetières.
3s5


Réactions
Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier