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4Avr/160

Critique: Monster man – Michael Davis – 2003

monstermanSynopsis:
Deux amis amoureux de la même fille décident de se rendre à son mariage pour lui avouer leurs sentiments (lui niquer sa fête pour faire plus simple). Sur la route, ils vont croiser Black M, heu non...une auto-stoppeuse aguicheuse et surtout un gros monstre horrible conduisant un non moins monstrueux truck aux roues sur-dimensionnées. Tout le monde est là, on peut commencer.. La poursuite mortelle est lancée.

davidL'avis de David:
Vous connaissez notre amour pour les films cons ici à Grim, et bien on a déniché un digne représentant de ce filon trop peu exploité; on peut même parler d'étalon du genre. Car oui, "Monster man" est con, marrant mais vraiment très con. Le truc ressemble à un mélange entre une parodie assumée et un pur film gore prêt à tous les excès. On sait bien que cet exercice d'équilibriste est plutôt risqué, un peu comme avaler une boite de moules en conserve périmée depuis 15 ans, on peut vite finir au sol la tête dans le vomi (et je vous parle pas de la couleur côté slip).. Et bien le sieur Davis s'en sort avec les honneurs et nous fait constamment hésiter entre la poilade pure et dure et l'horreur graphique la plus appuyée. On en demandait pas tant mais l'assiette est sacrément chargée et il va falloir tout se taper, qu'on s'appelle Duchemin ou pas. La première partie du film laisse le monstre et sa bien jolie famille sur le bord de la route pour s'intéresser plutôt à nos deux protagonistes, sorte de loosers totalement abrutis capables de lâcher cinq vannes sexistes à la minute et de lorgner sur à peu près tout ce qui bouge, voir même sur ce qui ne bouge pas (et si ça dort ou que c'est mort c'est encore mieux). On enchaîne donc les gags scabreux (la fosse septique siphonnée à la bouche nous a sacrément fait marrer) les situations ridicules avec la rigueur d'un métronome et tout ça pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques en folie. Monster ManUn peu de fraîcheur, pas de prise de tête, y a pas à dire ça fait du bien. Alors qu'on frise l'indigestion de calembours scatos et de situations jouées par des acteurs en totale roue libre, le monstre du titre fait son apparition; et il trimbale sa petite famille avec lui. Si il y a bien une chose qu'on ne peut pas lui enlever, c'est sa gueule d'amour. Victime d'un accident de la route, il a été entièrement rafistolé à la main et ça se voit. Agrafes apparentes, œil crevé, mâchoire qui ne tient que par un fil sont autant d'atouts pour ce Don Juan en plus affublé d'une démarche hésitante, comme  un vieux playmobil démantibulé. Mais le pire c'est que le bougre arriverait presque à nous faire flipper via une poignée de scènes ou il cherche sa proie, farfouinant, se servant de son odorat pour la trouver (sa démarche boiteuse et hésitante joue beaucoup sur la glauquitude de l'ensemble). Mais n'oublions tout de même pas le postulat de départ qui est basé sur la rigolade et l’exagération, postulat gentiment rappelé par l'apparition du frangin de l'affaire, coupé en deux (oui oui, vous avez bien lu) et en attente d'une transplantation de tronc(!); je vous laisse imaginer la gueule de l'opération (et du chirurgien, mais là je vous laisse la surprise).. Le final bascule alors dans le nawak (ok on y était déjà un peu quand même) à grand renfort de magie noire, satanisme et gore qui tâche. Yeux crevés, ventre ouvert et fouillé à la mano, bidoche écrasée voir même étalée aux quatre coins du monde, les joyeusetés ne manquent pas. Mais le plus agréable c'est cette sensation de générosité et d'amour du genre qui parvient à nous faire oublier tous les défauts inhérents à ce genre de production éparpillée, le cul entre plusieurs chaises. Ça respire l'envie et la joie de bien faire (mais si parfois le bon qualificatif serait "trop" faire) et vu le peu de moyens dont devait disposer le réalisateur, on ne peut que lui tirer notre chapeau.

"Monster man" est une petite production horrifique mélangeant allègrement les genres et nous proposant une virée dans la déconnade et les tripes plutôt rafraîchissante. Le film ne se prend jamais au sérieux (et heureusement) et nous offre une virée riche en émotions aussi diverses qu'(a)variées. Un monstre ultra réussi, des maquillages gores craspecs, des situations à la limite du burlesque (tendance pipi-caca quand même), il n'en fallait pas plus pour qu'on prenne notre pied (ou celui du voisin, vu le bordel ambiant).
4s5


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