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14Avr/160

Critique: Halloween – Rob Zombie – 2007

halloween_robzombieSynopsis:
Pour Michael Myers, 10 ans, tout va basculer cette nuit du 31 Octobre. Raillé par ses camarades de classe à cause du travail de stripteaseuse de sa mère, violemment harcelé par son beau-père alcoolique, il va revêtir un masque de latex et commettre l'irréparable. Dès lors interné dans un hôpital psychiatrique, il se mure dans un silence de mort. 17 ans plus tard, il s'échappe de celui-ci et commence à décimer toutes les personnes ayant le malheur de croiser sa route..

davidL'avis de David:
Réaliser un remake n'est déjà pas chose facile (en plus de ne pas être toujours utile) mais s'attaquer en plus à un mythe comme le "Halloween" de Big John, fallait vraiment avoir un pet au casque. Et c'est Rob Zombie qui va se coller le coup de pelle, pile entre les deux yeux. Faut dire que le gonz était déjà sacrément barré à la base; "La maison des 1000 morts" avait déjà vaillamment posé les fondations de son immense talent, "The devil's rejects" lui, a terminé de monter le mur. Un road-movie ultra violent et ultra transgressif, véritable pépite du cinéma de genre qui envoyait bouler à 100 mètres à peu près toute la production horrifique de l'époque. On imaginait déjà donc le pire (mais qui serait en fait le meilleur) pour ce retour en grâce de Michael Myers sur nos écrans. Et bien que nenni, le chevelu énervé va se tenir plutôt à carreau et nous offrir une vision assez tranquille des origines du mythe. Toute la première partie sera exclusivement consacrée à la jeunesse du croque-mitaine en devenir et va gentiment poser les bases. La description peu flatteuse de sa famille est déjà un choc. Bye bye le gentil petit couple propre sur lui que l'on peut apercevoir dans le film de Carpenter, les Myers nouvelle génération piquent un peu la rétine. Une maman stripteaseuse qui fait ce qu'elle peut pour s'en sortir, un mari alcoolo violent et injurieux tout juste bon à rester affalé dans son canapé (William Forsythe impérial) et une sœur chaudasse du cul qui se fout de tout, voilà l'archétype parfait de la famille en roue libre qui sert de cadre à notre jeune tueur en herbe. Ajoutez une pincée de connards pour l’emmerder bien comme il faut à l'école et vous obtenez la couscoussière explosive la plus bouillante depuis "Les sous-doués passent le bac". Bref, comme prévu le pétage de plombs arrive et presque tout le monde passe gentiment à la casserole avant que Michael ne se retrouve enfermé dans une jolie pièce doublée toute blanche (viens mettre la chemise..). Toute cette première partie est vraiment intéressante, dans son approche tout d'abord, "humanisant" le personnage culte crée par Carpenter et Debra Hill mais aussi dans la violence psychologique qu'elle dégage. Halloween-rob-zombie-211246_600_401Exit le gamin possédé par le mal et impossible à tuer, Myers est désormais le résultat d'une faillite familiale évidente ayant entraîné une déconstruction totale de l'individu. Et c'est à partir de là que le bas blesse. La deuxième partie du film rentre dans le rang et semble coller presque au plan près à l'oeuvre originale. Le tout devient un peu plus plan-plan, presque ennuyeux parfois et même si le talent du bonhomme est toujours bien visible (la mise en scène est de haute volée) le soufflé a tendance à retomber. Une succession de meurtres violents, certains repris intégralement de la version de 1978, mais sans réel génie. On sent bien qu'avoir les frères Weinstein à la production a du étouffer quelque peu les ardeurs de Zombie et c'est bien dommage. Carte blanche sur tout ce qui n'existait pas (la jeunesse de Michael, son passé) mais on ne touche surtout pas au patrimoine horrifique de ce siècle. A noter que Rob aurait déclaré vouloir faire deux films au départ; l'un basé exclusivement sur la jeunesse du monstre et l'autre qui aurait été un remake. Idée abandonnée rapidement par les producteurs. Ceci explique surement les deux parties bien distinctes du film et le fait qu'on se retrouve avec un résultat en demi-teinte, tantôt émerveillés par tant de maîtrise du réalisateur tantôt blasés en se demandant ce qu'aurait pu donner la partie slasher si le gus avait vraiment eu les coudées franches. Mais ne vous méprenez pas, l'ensemble reste bien nerveux, ultra violent (Myers ne fait vraiment pas dans la dentelle, aidé par la carrure impressionnante de Tyler Mane) bourré de "gueules" familières à Zombie et qui font le job (Danny Trejo, Brad Dourif, Malcom McDowell, Clint Howard, Udo kier ou encore Richard Lynch) et carrément plaisant à regarder. Une suite sera même commise toujours par la même équipe deux ans plus tard, suite très controversée qui divisera les fans (voir qui en horripilera certains) tout en allant encore beaucoup plus loin dans la violence graphique.

"Halloween" version Rob Zombie est un remake intéressant. Très loin d'égaler le chef d'oeuvre de Carpenter, il parvient tout de même à faire monde honorable et oscille entre le très réussi (la jeunesse de Myers) et le moyen (la seconde partie trop "plan plan"). La photo est magnifique, la réalisation solide et le tout permet tout de même de passer un bon moment. Quelle joie de retrouver notre croque-mitaine au meilleur de sa forme (il a une gueule folle!). Ne boudons donc pas notre plaisir et savourons juste simplement ce remake bien moins mauvais qu'on n'aurait pu l'imaginer en attendant le nouveau 31 de monsieur Zombie qui ne devrait plus trop tarder à débarquer.
4s5


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