Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

17Juin/160

Critique: Pandemic – John Suits – 2016

pandemicSynopsis:
La majeure partie de la population mondiale a été infectée par un terrible virus transformant les gens en bêtes assoiffées de sang. Votre mission, si vous l'acceptez, sera de mener un escadron de combattants et de médecins en lieu sûr tout en allant récupérer des survivants (en l’occurrence dans une école). Stage 1, player one get ready...

L'avis de David:
davidCe synopsis en forme de petit texte figurant au dos d'une boite de jeu-vidéo n'est pas là par hasard. Oubliez l'idée de regarder un film au scénario fouillé, aux personnages profonds ou aux rebondissements machiavéliques et empoignez votre manette Playstation (au moins pour faire semblant) car ce que "Pandemic" vous propose c'est une furieuse partie de Call for Dead (mélange de "Call of Duty" et "Left for Dead"; on a même la séquence de briefing au début...). A l'instar du récent "Hardcore Henry", une partie du bidule est tournée en vue subjective (à la First Person Shooter) et vous ne verrez que les mains du protagoniste ainsi que les armes qu'il va utiliser (les dégâts qu'elles produisent sont également bien reproduits je vous rassure). L'idée peut paraître lourde voir militer pour une célèbre marque d'opticiens et pourtant, comme par magie, ça fonctionne (enfin seulement si on sait ce qu'on est venu chercher). Le réalisateur utilise pour cela un subterfuge qui pallie justement à toutes les faiblesse inhérentes à ce genre d'exercice (peu courant vous en conviendrez): une bonne partie de son film est tournée de manière classique (via des caméras de surveillance ou des mini-cams postées sur les casques des protagonistes entre autres) ce qui permet de laisser souffler le spectateur et de poser les choses entre deux séquences bien énervées. Du coup, le tout se suit sans problème même pour les non-initiés et l'arrivée de la fameuse vue subjective se fait à chaque fois dans la joie et la bonne humeur. Et je dois dire qu'en plus c'est particulièrement bien foutu. Voir un héros découper des infectés en virevoltant dans tous les sens et en choppant tout ce qui coupe et qui se trouve à proximité de lui colle une sacrée patate et ravive le vieux réflexe de vouloir choper sa manette et participer à ce sympathique carnage. La technique est maîtrisée, le sang coule à flots (même si il est la plupart du temps numérique) et on s'étonnera de certains excès gores sacrément croustillants. Bref, une bonne poilade doublée d'une action frénétique qui au vu des moyens engagés (sûrement de l'ordre du budget crottes de nez d'un "World War Z" par exemple) fait honneur au genre avec des décors qui rendent bien et un amour du genre qui se sent dans les inspirations (on a même le droit à une scène que n'aurait pas renié le "Rec" du duo Balaguero/Plaza). Alors oui bien sûr tout n'est pas idyllique.. pandemic-dead-rush-trailer-952594Le pitch tient sur une biscotte Alsa (oui oui, les lights), les infectés sont pour la plupart assez "simples" (on aurait aimé de "vrais" zombies) et les CGI employés pour les giclées de sang par exemple font parfois un peu cheap mais on ne va pas s'offusquer. Le plus gros défaut du film ne sera important que pour les techniciens fourbes et à l'affût de la bévue qui remarqueront que John Suits se prend de temps en temps les pieds dans le tapis. Etant donné que les points de vue changent tout au long du film, certaines distances entre les personnages semblent elles aussi se modifier selon les plans (comprenez un gars est loin puis très près d'un autre en une seconde); quelques erreurs de placement donc qui nuisent un peu à la crédibilité de l'ensemble. En parlant de crédibilité on pourra également noter que certains plans ne sortent d'aucune caméra (enfin de celle du réalisateur quand même hein) et tombent comme des cheveux sur la soupe.. Mais bon, tant que c'est pas une perruque ça reste mangeable sans se peigner les dents. Pas mal de petits défauts donc mais dont finalement on se fout royalement tant le film parvient à rester lisible en toutes circonstances (et pourtant ce n'était pas gagné vu tout ce qui pète à l'écran) sans nous filer de mal de crâne et en alignant la bidoche sans aucun complexe avec une générosité sans failles.

"Pandemic" relève donc le défi de la vue subjective avec brio tout en allant bien moins loin que son homologue "Hardcore Henry". Pétri de petits défauts mais également de grosses qualités, ce jeu-vidéo passif nous offre de l'action, du gore, une absence de moralité et quelques rebondissements bien sentis qui font que la mayonnaise arrive à prendre. Si vous savez ce que vous venez voir vous risquez de bien vous amuser ou au pire vous passerez un moment sympa avec une petite série B qui ne se prend pas la tête.
4s5


Réactions
Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier