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4Juil/160

Critique: L’étrange cas Deborah Logan – Adam Robitel – 2014

deborahloganSynopsis:
Une jeune étudiante en médecine prépare une thèse sur la terrible maladie d'Alzheimer. Afin d'appuyer ses travaux, elle s’intéresse au cas de Déborah Logan qui vit seule avec sa fille. En échange d'une coquette somme, les deux femmes acceptent d'être suivies par des caméras dans leur quotidien et ainsi de devenir les "stars" d'un documentaire. Mais tout ne va pas se passer comme prévu, Déborah devenant de plus en plus violente...

L'avis de David:
davidSurfant comme Brice de Nice sur la vague des "found-foutage de gueule" mais avec une pointe de "documenteur", cet étrange cas semblait effrayant avant même d'insérer la galette dans la bouche du lecteur. Ben oui, on en a soupé des machins filmés avec une Go-Pro voir un téléphone portable censés nous faire faire pipi dans la culotte. Je donne donc à manger au lecteur, fébrile, en prenant bien soin de m'écarter juste ce qu'il faut pour éviter une gerbe de vomi si le besoin s'en fait sentir. Et bien pour une fois on peut ranger le Sopalin et même Pampers n'a qu'à bien se tenir (préférez celles avec les élastiques, là). Le film vous met tout de suite dans l'ambiance et autant vous dire qu'elle va être sacrément pesante. Le premier sentiment qui assaille le spectateur n'est pas vraiment la peur; on est surtout terriblement mal à l'aise. Adam Robitel nous place dans la peau d'un voyeur de la pire espèce puisqu'on ne fait que suivre par caméra interposée le terrible quotidien de cette pauvre Déborah (et dieu sait que cette maladie fait des ravages). Le ton oscille donc en permanence entre l'anxiété (accentuée par les changements d'humeur soudain de notre hôte), le malaise (les soins, la dégradation de son état) et le questionnement. Mais dans quelle direction le réalisateur veut-il bien nous emmener? Mystère.. La photographie est très jolie (hormis les plans filtrés par les différentes caméras), le cadre propre et posé et surtout la fantastique Jill Larson au physique si particulier s'en donne à cœur joie pour nous faire hérisser les poils. On ne sait jamais vraiment comment elle va réagir aux différentes situations et par ce fait la tension est à son maximum durant la petite heure trente que dure ce film. Une gageure. Peu à peu, la bascule opère et les premiers événements paranormaux surviennent. Fatalement, la crédibilité du film s'en trouve amoindrie mais après tout, c'est un peu ce que l'on est venu chercher non? Exit l'exorcisme foireux servi à toutes les sauces depuis quelques années (le seul prêtre du film va très vite prendre ses jambes à son cou), exit les grosses ficelles vues maintes et maintes fois; le réalisateur préfère user d'effets timides mais diablement efficaces (comme ces images subliminales de démons lors de certaines crises qui vous feront jouer de l'arrêt sur image, parole de Grimmer!) et même si il cède quelque peu à la facilité dans les 20 dernières minutes (sorte de mix entre "The Descent" et "Catacombes") on ne peut s'empêcher de frissonner encore et encore. Pour résumer, le film fait peur via deux facettes bien différentes, comme si il avait lui même deux personnalités. Au travers de cette terrible maladie tout d'abord, qui éloigne peu à peu la personne de ses proches et la transforme en une inconnue à deux doigts de la folie mais également par la possession démoniaque qui prendra le relais afin de nous asséner le coup de grâce. Mais finalement, le véritable monstre de l'histoire n'est pas lié à une énième entité diabolique mais plutôt à un mal qui nous touche de plus en plus et qui inquiète par l'invisibilité de sa progression. Un mal qui nous ronge peu à peu, qui nous change, qui peut nous rendre terriblement violents comme totalement affables. Un démon de l'esprit. Pour ceux venus exclusivement chercher du sensationnel, ne vous en faites pas, vous serez également servis. L'intrigue, même si elle n'est pas d'une originalité à se damner, réserve son petit lot de twists et de jump-scares (vraiment bien foutus pour le coup) et la malédiction invoquée est suffisamment bien trouvée (avec sur la fin quelques trucages et créatures du plus bel effet comme cette vision d'une petite fille littéralement "gobée" par Déborah..) pour vous délivrer votre dose habituelle d'adrénaline cinématographique. On lui reprochera peut-être une ou deux maladresses à la toute fin et quelques facilités inhérentes à ce genre de péloches mais rien de très grave heureusement.

Bien étrange en effet ce cas Déborah Logan, et ce n'est pas pour nous déplaire. Pas le film du siècle, mais une bobine bien troussée qui une fois n'est pas coutume arrive à nous filer les chocottes à l'ancienne. Une atmosphère glauque, pesante, un mal être de tous les instants contribuent à faire de ce petit film sorti de nulle part un bel essai bien transformé. Pas totalement parfait mais presque, voilà un bon film de possession qui devrait vous réconcilier avec le genre (et mention spéciale à l'actrice principale qui tient une bonne partie du film sur ses épaules!). Grimvalidé!
4s5


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