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8Août/160

Critique: American Nightmare 3:Elections – J.DeMonaco – 2016

purge3Synopsis:
Une sénatrice Américaine vise le siège de la présidence des Etats-Unis et propose en premier lieu de faire annuler la "purge" qui sème terreur et désolation chaque année. Ses opposants vont profiter de cette monstrueuse soirée pour la faire exécuter. C'était sans compter sur Léo, survivant de la précédente purge, qui est devenu son chef de la sécurité.

davidL'avis de David:
Allez zou, on va encore faire grincer des dents mais tant pis. Le concept de la série créée par James DeMonaco est juste génial, ça on ne reviendra absolument pas la-dessus, c'est un fait. Le premier sentait bon la découverte et nous offrait un sympathique "home-invasion" pas piqué des hannetons, le second prenait le contre-pieds et virait péloche d'action badass étendant la chasse à l'homme à toute la ville et bien le troisième se prend juste les pieds dans le tapis et se rétame lamentablement sur la table basse la gueule la première (remarquez, c'est bien violent ça). Parlons tout de suite des choses qui fâchent.. Frank Grillo, que j'adore et qui était parfait dans "American Nightmare 2", rempile dans le rôle mais semble avoir trois grammes dans chaque veine tant sa présence à l'écran est terne et effacée. Mono-expression, essoufflé et las à chaque bastonnade, notre héros semble bien fatigué d'être là et honore son contrat tant bien que mal. Passons maintenant au scénario, gavé jusqu'à la moelle d'incohérences en tout genre et de séquences too-much nous rappelant en permanence que le film pète plus haut que son cul (à ce titre Grillo devait porter un pull-over à ce moment précis tant il arbore la coupe à Desireless..); les flingues ont des chargeurs 30 coups minimum, un employé de magasin devient un véritable sniper et tire en pleine tête d'un gars à au moins 150 mètres (alors que des mercenaires sur-entraînés tirent comme des quiches lorraines), Léo s'enlève une balle de la poitrine avec une pince sans même serrer les dents (John Rambo est battu), fait péter un immeuble avec un bombe planquée dans un ordinateur (et le méchant, présent sur place, s'en tire tranquille sans une égratignure), un gentil Monsieur qui se rappelle d'un cri de ralliement de gang et devient leur pote, j'en passe et des meilleures.. On va vite parler un peu de la réalisation avant de franchement s'énerver: plate, digne d'un téléfilm, on sent cruellement le manque de moyens (ou alors tout est passé dans le budget coke) et le tout est souligné par une partition musicale quasiment inexistante. On peut pas dire mais une petite montée de son dans les scènes de tension ou avant une bonne baston ben ça manque.. Même le dernier David Guetta aurait fait l'affaire. Et c'est sans compter les innombrables ralentis qui font monter le compteur de durée à presque deux heures dans la douleur. C'est bien simple, il n'y a pas une seule fusillade ou altercation qui ne finisse pas à la vitesse d'un escargot sur lequel on aurait monté un parpaing. purge3cA côté de ça, le réalisateur ose tout et se permet des effets de style en positionnant sur certains plans sa caméra à peu près n'importe où sauf là ou il faut (sans déconner, le travelling qui passe sous l'aisselle d'un gars, puis sous l'entre-jambe d'un autre pour finir par tournoyer autour d'une poubelle c'est pas ça qu'on appelle le cinéma d'auteur Mr DeMonaco). Insupportable. On essaye quand même d'en dire un peu de bien maintenant ? Ça va être vite fait en même temps. Certains masques sont sympas, deux trois effets gores aussi et une scène sortie de nulle part ressemble à une fulgurance au beau milieu de tout ce bordel: une michonne bien énervée dézingue de la pétasse à coup de fusil à pompe avec une classe imparable et nous offre les 3 minutes jouissives du film (ah si y aussi la gentille dame qui regarde son mari brûler en chantonnant).. Si seulement tout avait pu être de cet acabit; surtout que l'idée de départ est toujours aussi bonne même si le discours politique sous-jacent parait difficile à avaler...

Fan des deux premiers (surtout du deuxième d'ailleurs), ce troisième opus m'a consterné. Je me suis pris à rêver d'un concept pareil dans les mains d'un Carpenter ou d'un Walter Hill, ou l'on verrait des hordes de gangs s'attaquer à tout ce qui bouge avec sauvagerie. Là on est plus dans la farce grotesque (la mioche qui revient chercher sa confiserie..) qui ne fait jamais peur et qui ennuie. Sans déconner, heureusement que le réalisateur ne s'appelle pas Stéphanie, parce que l'ouragan n'est pas loin. Allez, on rembobine et on purge.
1s5


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