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23Août/160

Critique: Viral – Ariel Schulman – 2016

viralSynopsis:
Le destin tragique de deux jeunes sœurs au sein d'une famille Américaine en perdition, qui se trouvent confrontées à une mystérieuse épidémie se propageant à très grande vitesse. Elles vont devoir mettre de côté leurs différences et affronter cette terrible menace.

davidL'avis de David:
Et hop, on recommence.. La maison Blumhouse nous refait le coup du "Par les producteurs de The Purge et Insidious".. En général, ça n'annonce rien d'autre qu'une belle bouse bien moulée couleur marketing foireux et goût mouton de prairie; on en sort avec des poils jusqu'entre les dents, habillés pour l'hiver. Convaincu d'être à nouveau le dindon de la farce, je dois avouer que j'ai été agréablement surpris par cette banale histoire d'épidémie fauchée qu'on avait pourtant l'impression d'avoir vu mille fois auparavant. Bon on va tout de suite évacuer le négatif, comme ça ça sera fait. Le traitement tout d'abord, n'est clairement pas focalisé sur de potentiels "infectés", ce qui se traduit par un rythme plutôt lent, axé sur un huit-clos, ne dévoilant les événements extérieurs que par petites touches. Certains amateurs de Zombi-flicks énervés risquent d'être sacrément déçus. Les Zombies justement, quand ils font leur apparition, ne font jamais peur et émettent un bruit digne d'un compteur geiger; un peu comme ceux de "World War Z", ce qui n'était déjà pas vraiment une réussite.. Pour finir, le final est raté et montre clairement que le film n'avait pas les moyens de ses ambitions (effets digitaux douteux et clôture de l'histoire sans trop savoir comment), dommage. Mais alors ma bonne dame, pourquoi que le chroniqueur il a commencé à dire que c'était pas si mal? Ben déjà parce-que nos jeunes protagonistes sont pour une fois à l'opposé de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce genre de productions, c'est à dire tout sauf des têtes à claques qu'on rêve de voir crever dans d'horribles souffrances. Nos ados boutonneux jouent même étonnamment bien et parviennent à captiver l'auditoire à tel point qu'on est suspendu aux péripéties que le film leur réserve. Et c'est également là que cette péloche fait très fort, dans le traitement de son histoire. On oublie tout de suite le côté spectaculaire inhérent au genre et on s'attache à vivre une pandémie de l'intérieur, collés aux baskets de ces deux jeunes sœurs que tout oppose et dont le destin se verra changé à tout jamais par cette contamination dévastatrice. Tout nous sera raconté au travers du quotidien de celles-ci, nous plaçant en permanence à leurs côtés dans un environnement qui nous est familier. Le foyer n'est pas seulement celui de l'infection mais aussi celui d'une famille comme les autres, une famille qui pourrait être la nôtre. Le film bascule alors dans le drame intimiste, confrontant deux personnalités différentes; l'une plutôt délurée qui sera contaminée et devra faire face à l'infection, et l'autre pure et candide qui va se révéler la plus forte et passera au travers de ce mal qui semble ronger toute une génération. viralb1Le tout sonne comme un avertissement pour cette jeunesse qu'on voit céder de plus en plus tôt aux sirènes du tout très vite et sans limites et qui paiera un jour les pots cassés. On pense bien entendu immédiatement à "Ginger Snaps" de John Fawcett, même si ce dernier visait clairement le cran du dessus, tant sur la forme que sur le fond. Attention, le film n'est pas qu'un drame mélancolique sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte (même s'il est vraiment touchant dans ce sens parfois) et les vingt dernières minutes nous offriront quelques séquences avec des infectés dont on ne pourra pas nier l'originalité (le virus n'étant qu'une sorte de ver prenant le contrôle de son hôte). Deux trois séquences peu ragoûtantes principalement axées sur l'extraction de ces longs intrus corporels seront également de la partie et feront frémir les amoureux des insectes que nous sommes. On ne peut également pas passer sous silence la très belle photographie du film qui lui confère un aspect classieux du plus bel effet et qui rend le tout très sympa à regarder. Ajoutez à cela de jolies mélodies appuyant avec sensibilité les moments les plus touchants et vous obtenez une chouette série B, certes fauchée, mais qui donne tout ce qu'elle a pour sortir quelque peu des sentiers battus et offrir un nouveau point de vue aux bestiaux avides de chair fraîche que nous sommes. Dans un autre genre, c'est la deuxième bonne surprise de la semaine avec "Sweet Home" de l'Espagnol Rafa Martinez..

Pétri de défauts mais également de qualités, ce petit film de l'usine à purin Blumhouse réussi à nous captiver en nous embarquant sur un autre terrain que celui auquel il nous prédestinait au départ. Touchant, stressant et faisant souvent preuve d'une saine intelligence, on lui pardonnera ses nombreux écueils. Dommage que ce final en queue de poisson vienne lui faire rater le podium et que Mr Blum n'ait pas daigner octroyer un peu plus de brouzoufs au réalisateur... On a frôlé l'incontournable..
3s5


Réactions
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