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5Sep/160

Critique: Conjuring 2, le cas Enfield – James Wan – 2016

conjuring2Synopsis:
Lorraine et Ed Warren, deux démonologues reconnus, nous entraînent avec eux dans les méandres d'un de leur plus brûlant dossier: le poltergeist d'Enfield. Phénomène paranormal le plus documenté à ce jour, cette histoire d'esprit frappeur terrorisant une mère de famille et ses quatre enfants va les confronter au plus terrible fantôme qu'ils n'ont jamais affronté...

davidL'avis de David:
Dire que je l'attendais celui-là serait un euphémisme.. Le cinéma de Wan est pour moi dans une logique de montagne Russe. Un démarrage tout en haut ("Saw","Insidious" et "Conjuring") pour une chute vertigineuse ensuite ("Insidious 2" et dans un autre registre "Fast7").. Ses débuts n'étaient-ils que des coups de chance? A t'il fait le tour de ce qu'il pouvait nous offrir pour nous faire frissonner? Voilà une bonne occasion de répondre à ces interrogations qui taraudaient ma fibre cinéphile depuis quelques temps. Bon ben c'est pas peu dire que de dire que ça commence foutrement mal (un peu comme cette phrase).. Diantre (ouais j'avais envie de le placer celui-là), mais pourquoi faire une intro de 5 bonnes minutes sur l'histoire d'Amityville (surtout quand ça n'a strictement rien à voir avec le cas Enfield) si c'est pour la massacrer de la sorte. Sans déconner, je pense que Wan devait vouloir rallier les fans et faire un peu comme les films de super-héros actuels, une sorte de caméo du patron en matière de hantise (Hey les gars, dans "Conjuring 3" y aura Freddy et Han Solo! Venez nombreux!). Sauf que là, pour moi ça a été la douche froide. Expédiée en quelques minutes, la scène ou Ronald Defeo assassine toute sa famille nous est présentée au travers de Lorraine Warren, investie poliment pour l'occasion; et autant dire qu'on est pas loin du ridicule..Chaque coup de fusil me faisait m'enfoncer un peu plus dans mon fauteuil, chaque effet "clipesque" pourri ou en accéléré m'arrachait une goutte de sueur supplémentaire.. Lorraine m'a tuer.. Bref, on constate que Damiano Damiani peut dormir sur ses deux oreilles (le tétanisant "Amityville 2, le possédé") et on essaye de très très vite oublier ce qu'on vient de voir en espérant que le reste relève le niveau. Il faut dire que le cas "Enfield" a de quoi nous filer les choquottes. Ce Poltergeist mal embouché a sévi de 1977 à 1979 (même s'il semblerait que plusieurs entités avaient jeté leur dévolu sur cette demeure) et il a fallu l'intervention d'un prêtre pour calmer le mécréant. James Wan colle presque à la perfection aux événements réels et la ressemblance entre les photos d'époque et certains plans du film est frappante. Il s'en éloigne pourtant peu à peu pour nous raconter "son" histoire, introduisant un nouveau personnage maléfique, "Valak", sorte de nonne démoniaque pas piquée des vers. Il y a à boire et à manger dans ce nouvel opus. Tantôt Wan excelle et frôle le génie, tantôt il se complaît dans les effets faciles et vus mille fois. Virtuose de la caméra, il nous propose quelques cadrages à couper le souffle, comme cette vision de haut de l'escalier menant à la laverie, aux lignes perpendiculaires également présentes dans le plan suivant mais avec un retour à l'horizontal. Brillant. Dans le domaine du frisson, quelques séquences relèvent également du mémorable. conjuring2_art2La scène du tableau avec allumage/extinction des lumières va vous faire dresser les cheveux sur la tête mais celle qui m'a le plus interloqué est l'interview du fantôme par Ed Warren, dos à lui, Wan usant de la focale pour nous faire distinguer des choses qu'on préférerait ne pas voir. Très très malin, même si le procédé semble assez artificiel et surtout ne pas vraiment servir la trame de l'histoire (Pourquoi l'esprit ne voudrait communiquer que si on lui tourne le dos? Ben pour pouvoir expérimenter une idée du réalisateur pardi). On aura aussi droit à l'explosion d'effets en tout genre pour un final plutôt enlevé et riche en attaques et monstruosités de tous bords (le bonhomme tout tordu, la petite fille possédée ou bien le clou du spectacle avec la nonne profane..); on ne peut également pas passer sous silence la prestation mémorable de la très jeune Madison Wolfe, portant une bonne partie des frissons sur ses épaules, et les séquences plus "calmes" entre Ed et Lorraine qui apportent de la douceur et de l'épaisseur à leurs personnages (le calme avant la tempête avec cette magnifique reprise du King à la guitare). Pour finir, mention spéciale au générique final composé de comparaisons photographiques entre le réel et ce qui a été tourné (c'est d'ailleurs pour le moins bluffant) sur fond de musique gutturale flippante comme il se doit. On nous fait même cadeau du véritable enregistrement réalisé lors du fameux interrogatoire et le moins que l'on puisse dire c'est que ça ne laisse pas indifférent (même si on est loin du magnifique coup marketing présent en bonus sur "Le dernier exorcisme"). Mais pourquoi Diantre le film n'a t'il pas démarré avec un générique de ce calibre? Ça aurait au moins mis tout le monde d'accord!

Wan a le cul entre deux chaises sur ce deuxième épisode, coincé entre une faculté à toucher du doigt l'excellence par l'image et l'envie de trop bien faire; il envoie trop de purée quand une ou deux pelletées auraient suffit. Et que dire de cette introduction approximative qui aurait pu tuer l'affaire en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.. Bon stop, ne boudons pas notre plaisir et saluons avec les honneurs l'arrivée d'un bon film d'horreur sur nos écrans (phénomène paranormal plutôt rare de nos jours)...
4s5


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