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19Sep/160

Critique: 31 – Rob Zombie – 2016

31Synopsis:
Durant la nuit d'Halloween, 5 personnes choisies au hasard d'une route se font enlever et vont devoir participer à un jeu terrifiant. Ils vont devoir survivre 12 heures dans une arène, chassés par une meute de tueurs fous lâchés à leur poursuite. Coincés dans "le monde du crime", ils vont passer la plus longue nuit de leur existence..

davidL'avis de David:
On va commencer l'article comme 95% des gens qui parlent de ce film: moi j'aime Rob Zombie. Pas tout, moins le côté Rob que le côté Zombie d'ailleurs. "House of 1000 corpses" ou "Devil's Rejects" j'aime beaucoup. Un peu moins sa vision du "Halloween" de Carpenter et pas du tout le reste. Il n'empêche que je trimbale depuis toujours une espèce de tendresse pour le bonhomme qui rendait l'attente de son nouveau film interminable. Sorti directement par la case I tunes fin de semaine dernière (il avait bénéficié d'une confidentielle projection en salles U.S.) et très certainement dispo début 2017 en Blu-ray chez nous (avec une version "uncut" nous dit-on dans l'oreillette), c'est fébrile que je me suis lancé dans son visionnage. Bon, on commence par quoi? Les bonnes ou les mauvaises choses? Etant donné que je n'entendrais jamais votre réponse (et inutile de prétexter l'ère du tactile pour essayer de griffonner directement sur votre écran), je vais choisir les bonnes. Richard Brake! Incroyable, investi, monstrueusement flippant, les mots me manquent tant son interprétation fait décoller le film à chacune de ses apparitions (la séquence d'intro est à ce titre absolument dantesque). Le reste du cast n'est pas mauvais hein (enfin pas tous en tout cas) mais il a une telle présence qu'il vampirise littéralement l'écran. Zombie nous offre donc de suivre une belle brochette de rigolos au langage fleuri et à l'attitude débonnaire (sexe drogue et Rock'n Roll mec) qui vont devoir se serrer les coudes à défaut de se retrouver avec des moignons. On pense inévitablement à "Massacre à la tronçonneuse" ,"Devil's Rejects" mais également à "Running man" de King (enfin, son double) ou "Le prix du danger" du père Boisset. Sacré melting pot quand même. Mais oser un mélange pareil sans se tirer une balle dans le pied, fallait vraiment maîtriser l'angle de tir (ou avoir un tout petit pied, au choix). C'est pas mal filmé, rigolo comme tout, outrancier et ça ne présageait que du meilleur. Ah oui, j'allais oublier, la partoche musicale est de toute beauté! Sans déconner, je ne sais pas si c'est un hommage voulu ou non, mais on croirait reconnaître les sonorités du maître Carpenter, avec des synthés froids,abruptes et des mélodies qui filent instantanément la gaule. Pour moi le coup de cœur absolu. Je me suis retenu aussi longtemps que possible (plus que le pompiste en tout cas) mais il va désormais falloir parler de ce qui fâche, c'est à dire à peu près tout le reste.. Même si ce n'est clairement pas la pierre angulaire de ce genre de péloche, le  scénario est quasi inexistant, comporte pas mal d'incohérences assez fulgurantes et nous donne surtout l'impression d'avoir vu le film une bonne dizaine de fois déjà (un peu d'"Hostel", une pointe de "Slashers" et une bonne grosse louche des deux films cités plus haut.. Paie ta galette..). rob-zombie-31-trailerLes tueurs, hormis Doom's Head (Richard Brake impérial), n'ont aucun charisme et font tous référence à un pan de l'histoire du film de genre: entre le nain nazi, le catcheur travesti et les deux frères à la tronçonneuse (avec masque en peau humaine Leatherface style), le plat est copieux et l'odeur peu ragoutante, mais ça passe encore (deux trois rots bruyants mais rien de grave, on est dans le ton). Mais là ou l'envie de fracasser sa télécommande est la plus forte, c'est indéniablement dans le sur-découpage frénétique d'à peu près toutes les scènes d'action. Le Jason Bourne du film d'horreur. C'est bien simple, le film est surement très gore, mais on ne voit absolument rien, peau de balle, tant l'image saute et virevolte dans tous les sens (pour la future version uncut ils ont fait "pause" c'est ça?). Navrant. Ah oui, et y a Sherri Moon aussi qui devient vite gavante à force d'être mise en avant, mais ça, on ne peut pas lui en vouloir à notre barbu énervé, c'est tout de même sa femme (sinon bonjour l'ambiance à la maison). Reste un final sympa (la toute dernière scène surtout) et des décors parfaitement éclairés et mis en valeur qui touchent parfois au sublime (dans le crade hein, entendons nous), ce qui sera bien peu au regard de la déception qu'on vient de prendre dans la gueule (pan dans les dents et sans les gants)...

Ouille ouille ouille.. Non, il ne s'agit pas du cri d'un oiseau aux trop grosses couilles qui tenterait de se poser sur une branche, mais bien le ressenti que m'a laissé cette nouvelle oeuvre de Rob Zombie. Brutal oui, gore on sait pas trop (on voit rien de toute façon), peu inspiré surement mais plein de références et bercé par une musique sublime ce qui lui permet d'éviter le zéro pointé. Le gus est doué, c'est sûr, mais encore faut-il qu'il soit bien luné.. Pour ce coup-ci, on repassera et on attendra l'an prochain..
2s5


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