Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

18Oct/160

Critique: Don’t Breathe – Fede Alvarez – 2016

dontbreatheSynopsis:
Trois jeunes paumés décident de cambrioler une maison ou vit un vétéran de la guerre d'Irak. Rendu aveugle lors des combats, l'homme vit seul et fait le deuil de sa fille unique, tuée dans un accident de voiture. Nos apprentis voleurs comptent sur son handicap pour récupérer un énorme magot qui serait caché dans la maison. Mais tout ne va pas forcément se passer comme prévu et ils vont devoir lutter pour leur survie...

davidL'avis de David:
Depuis la séance consacrée à sa vision du cultissime classique de Sam Raimi, Evil Dead, je suis intiment persuadé que Fede Alvarez est un jeune réalisateur avec un potentiel énorme. Pas mal de rumeurs plus tard (un "Dante's Inferno" qui serait toujours d'actualité d'ailleurs), il vient me coller un méga coup de poing dans la gueule pour me le rappeler. Première chose à clarifier, "La maison des ténèbres" n'est absolument pas le film d'horreur que son affiche et son titre Français essayent de nous faire miroiter. Il se situerait plutôt du côté du thriller tendu comme un string d'Orque au suspens acéré comme une dent de requin (à ne pas inverser sous peine de faire très très mal à l'Orque). C'est bien simple, on est littéralement cloué au siège pendant une heure et demie qui semble ne durer que quelques battements de cils. Bien sûr, les inspirations nous sautent à la tronche: un peu de "Panic Room" par ci, beaucoup de "Sous-sol de la peur" par là, mais surtout une grosse identité visuelle (et sonore) qui lui confère une aura de terreur presque indescriptible. Et pour ça, Alvarez excelle carrément. Plan séquence mélangeant faux indices et éléments de réponse, jump-scares attaquant en permanence le spectateur par surprise (en même temps c'est leur job), fausses pistes et retournements de situation en pagaille, on ne peut pas dire qu'on s'ennuie devant ce film. Mention spéciale à Stephen Lang, qui interprète un chasseur de haute volée, terrifiant à bien des égards. La moindre de ses apparitions glace le sang et le peu de paroles qu'il prononce résonnent comme si elles venaient d'outre tombe. L'homme reste un homme, mais fait preuve d'une ruse machiavélique épaulée par des sens aiguisés comme des couperets (compensant sa perte de la vue). Lui et son chien (un molosse monstrueux qui nous gratifiera d'un hommage à peine masqué au "Cujo" de Stephen King) formeront un duo de choc apte à fasciner le spectateur tout autant que le terrifier. Parce-que oui, cet aveugle est proprement fascinant et dégage une aura qui excuserait presque ses actes pourtant sordides. L'explication finale tient plutôt pas trop mal la route et lui donne un background appréciable permettant de mieux comprendre ses motivations (en même temps que de lui filer une bonne raison de virer maboul). Au rayon des déconvenues (toutes petites hein) dbon pourra citer un background des personnages principaux quasi inexistant (mis à part l’héroïne qui aura droit à un traitement spécial avec une tranche de vie qu'on ne lui enviera pas), des stéréotypes gros comme des caisses (le bad-boy, le gentil tout propre sur lui et la blonde) et un fan service peut-être un peu trop présent mais franchement ce serait pinailler que de s'attarder sur ces peccadilles. A noter aussi une séquence dans l'obscurité la plus totale qui sera l'un des points culminant du métrage et quelques explosions de violence qui finiront de vous couper le souffle (plus un petit coup de pipette dans la bouche qui va laisser un goût salé pendant quelques temps..). Fede Alvarez transcende chacun de ses plans et mélange avec brio l'aspect Indie du film (la musique et le décor urbain, vide) et la puissance d'un huit-clos percutant comme un uppercut de Mike Tyson. Il nous injecte une puissante dose d'adrénaline qui ne nous quittera plus jusqu'au dernier plan et qui nous laissera rincés par tant d'émotions fortes. Un manège, un train fantôme dans lequel on embarque en se demandant "Mais c'est quand que ça s'arrête?" (tout en priant bien fort qu'on ne nous entende pas). Merde, une putain d'envie me refaire son "Evil Dead" maintenant...

"Don't Breathe" est une pure réussite qui montre qu'avec du talent on peut transcender une histoire qui semblait pourtant vue et revue maintes fois. Alvarez confirme qu'il est le bonhomme à suivre et que son cinéma possède une vraie identité, une identité forte. Le grand fan de "Retour vers le futur" (c'est son film préféré) nous montre qu'en tout cas pour nous, le futur des films d'horreur c'est lui.
5s5


Réactions
Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier