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4Nov/160

Critique: Ouija 2, les origines – Mike Flanagan – 2016

ouija2Synopsis:
Los Angeles 1965. Une veuve élève seule ses deux filles après la mort de son mari. Afin de gagner un peu d'argent, elle monte de toutes pièces des séances de spiritisme censées soulager les gens qui viennent la voir. Au cours de l'une d'elles, un esprit démoniaque va entrer dans leur maison.. et tout faire pour ne plus la quitter..

davidL'avis de David:
Exceptionnel. Voilà le premier mot qui me vient en repensant à l'expérience vécue au visionnage de ce film sur grand écran. Et pourtant c'était très loin d'être gagné. Une suite anecdotique d'un film anecdotique ("Ouija" assez mauvais d'ailleurs) adoubé d'une communication somme toute légère qui pourrait faire croire à un DTV qui se serait trompé de canal.. Bref, ça partait bancal quand même. Le film démarre, ambiance années 60, période pleine de charme, bande sonore géniale et cadrages qui laissent à penser que Flanagan est tout sauf un débutant. Et puis on est peu à peu happé dans cette histoire de spiritisme à milles lieux des "Conjuring" et consorts, captivé par cette histoire que le réalisateur prend le temps de nous raconter; ses personnages sont clairement définis, font preuve d'une psychologie plutôt aboutie et participent donc à donner une âme au film. Là ou un James Wan nous submergerait d’effets compliqués et de plans alambiqués, Mike Flanagan choisit la simplicité et distille l'angoisse par petites touches terriblement efficaces. Ce n'est que lors de la seconde moitié du métrage que les choses vont s'emballer et nous flanquer une frousse de tous les diables. J'essaye de contenir mes émotions pour ne pas trop en dire, mais sincèrement, je n'ai pas été aussi effrayé devant un film depuis au moins une bonne quinzaine d'années (certains frissons sont même à comparer à ceux procurés par l'"Exorciste" de Friedkin, à qui une scène rend d'ailleurs hommage). J'ai décollé de mon siège au moins une bonne dizaine de fois et à chaque fois avec l'impression de m'être sacrément bien fait banané. Mais ce n'est pas le pire. Non, le pire c'est la petite Lulu Wilson qui campe une possédée comme on en a plus vu depuis des lustres. ouija-2Chacune de ses apparitions va vous faire couler la sueur dans le creux du dos et je peux vous assurer que vous n'êtes pas prêt d'oublier son petit visage au sourire bloqué et aux yeux vitreux. Et là encore le maître mot est "simplicité" avec un maquillage et des effets ultra simples mais qui vous retournent le cerveau. Mais "Ouija 2" est aussi un film de fan pour les fans. Flanagan le saupoudre d'hommages plus ou moins appuyés à certains ténors du genre qui ne manqueront pas de faire mouche auprès des passionnés. On pense de suite à l'"Exorciste" bien sûr mais aussi à la poésie morbide du grand Lucio Fulci, "La maison près du cimetière" bénéficiant d'un immense clin d’œil avec son docteur fou charcutant des corps dans le sous-sol de la maison (le décor ressemble d'ailleurs à s'y méprendre à celui de Freudstein). L'affrontement final, véritable train fantôme cinématographique, vous réserve quelques rebondissements de haute volée qui lui confèrent une tension de tous les instants rendant ce démon proprement terrifiant, VRAIMENT terrifiant (et faisant passer la none de James Wan pour une danseuse du Crazy Horse sur le retour). Le fin mot de l'histoire, glauque à souhait, fait office de cerise sur le McDo et même la toute dernière image du film se permet un nihilisme total laissant une petite part d'imaginaire au spectateur déjà bien malmené. Stupéfiant. Stupéfiant de voir qu'à l'heure actuelle, le talent peut encore prendre le dessus sur le pognon et le dieu marketing. Brillant jeune Flanagan, vous avez bien mérité votre cocktail...

"Ouija 2" est très certainement LE film d'horreur de cette année (minimum) et consacre instantanément Mr Flanagan Grim-réalisateur en chef. Une entrée fracassante au panthéon des tous meilleurs et un spectacle prompt à coller la mort aux plus endurcis. Si vous le pouvez, foncez voir cette perle sur un grand écran et dans une salle noire, les sensations n'en seront que décuplées. Top de l'année en tout cas!
5s5

 

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