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10Jan/170

Critique: Evil Dead 3, Army of darkness – Sam Raimi – 1992

Synopsis:
Après avoir crée un trou dans l'espace temps lors de son combat contre le mal, Ash se retrouve projeté en l'an 1300. Il se retrouve face au roi Arthur et doit à tout prix retourner à son époque. L'alchimiste du royaume lui propose une solution liée au Necronomicon -le livre des morts- mais qui n'est pas sans risques... Comme de bien entendu, Ash va gaffer...

L'avis de David:
Fort du succès du simili-remake de son film phare "Evil Dead" et décidément en vogue après la sortie de "Darkman", Sam Raimi revient en force quelques années plus tard pour nous offrir une nouvelle vision de son univers démoniaque. Laissant de côté l'aspect gore et cradingue si cher aux deux premiers opus (surtout au premier d'ailleurs, le deuxième glissant déjà gentiment vers le loufoque macabre), il choisit de traiter son histoire comme un dessin-animé live partant dans tous les sens, explorant toutes les facettes d'une mythologie démoniaque et maniant désormais un humour digne d'un Tex Avery sous amphétamines (à la manière de "Mort sur le gril"). Grooovy! Le simple fait de déplacer le cadre de cette fable démono-horrifique au temps des chevaliers va contribuer à laisser une bonne partie du fan service en carafe et aurait pu signer l'arrêt de mort de la saga.. Mais c'était sans compter sur le talent de Raimi qui parvient à faire prendre à son héros un virage de type 180 degrés, lui conférant un caractère égoïste et vicelard qui le suivra désormais avec un succès sans cesse grandissant (l'excellentissime série "Ash vs Evil Dead"). Bref, Ash is back, avec sa main tronçonneuse, sa chance du débutant et ça va déménager. D'ailleurs il aimerait bien lui, pouvoir repartir rapidement dans notre époque fleurissante pleine de marketing et de futilités existentielles. Chez prix bas, les prix sont bas, et on souhaiterait qu'ils le restent! Mais plutôt que de réciter une incantation salvatrice, notre héros incisif va encore une fois faire sa tête de con; en se trompant dans la formule, il aide le Necronomicon à libérer les forces du mal et à déclencher une guerre qu'il va devoir mener jusqu'à la victoire. AshLes hostilités étant ouvertes, le florilège d'âneries et de situations cocasses peut enfin commencer. Combat contre un démon dans un puits putride, attaque de "mini-lui" à coups de fourchette dans le fondement, baston contre son double démoniaque ("accouché" à grand renfort de déformations faciales et corporelles totalement délirantes) et clou du spectacle: l'armée des morts, tout fémurs dehors, qui affronte l'armée d'Arthur et ses humains. Alors oui, le film a un peu vieilli (même si les effets spéciaux tantôt latex/prothèses tantôt image par image ont un charme fou), l'apport des versions HD n'est pas forcément à son avantage (certains trucages à l'ancienne passent moins bien comme des ficelles qui deviennent visibles) mais nom de dieu quel pied! Bruce Campbell assume parfaitement son rôle de personnage de dessin-animé, enchaînant les chutes mortelles et les situations rocambolesques à tour de bras (enfin, avec un seul de bras); la galerie de monstres inhérentes à tout Evil Dead qui se respecte et l'humour ravageur de l'ensemble finissent de faire le job ce qui nous fait passer une petite heure vingt-cinq le sourire aux lèvres emprunt de béatitude (pour la version Européenne tout du moins, le director's cut présent sur le Bluray totalise lui 1h36 au compteur). Je récapitule: pour peu que l'on sache à l'avance ce qu'on est venu chercher et surtout qu'on ne soit pas hermétique à un humour déjanté réservé jusqu'ici à l'univers du Cartoon, ce troisième opus ravira vos papilles visuelles avec son culot "monstre" et son jusqu'au boutisme assumé. Un lâchage de bride en forme de gros bordel hystérique qui fut synonyme d'échec commercial pour Raimi et qui le forcera ensuite à rentrer dans le rang des productions plan-plan Hollywoodiennes (non sans une grosse pincée de talent quand même). La toile était tissée..

Destroy, hors-norme, fun, voilà ce qui caractérise le mieux cet "Army of Darkness" de haute volée. On ne retrouvera ce degré de folie que bien des années plus tard via une série dédiée à notre héros con et mégalo. Pas mon préféré (le premier, même réalisé avec des bouts de ficelle, m'avait décollé une sacrée baffe dans la gueule) mais pas le naveton parfois injustement annoncé, cet épisode chevaleresque mérite clairement que l'on s'y attarde. Une bouffée d'air frais dans un monde de brutes.

 

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