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3Fév/170

Critique: La nuit déchirée – Mick Garris – 1992

Synopsis:
Un étrange couple, les Brady, s'installe dans une petite ville des Etats-Unis. Peu à peu, leur maison se retrouve encerclée par des centaines de chats errants. Le jeune Charles pose des pièges et semble craindre ces félins peu farouches. Il décide également de très vite se mettre en chasse d'une nouvelle petite amie...

L'avis de David:
Mick Garris n'est pas le faiseur du siècle, c'est une certitude. Avec une palanquée d'adaptations plus ou moins mauvaises, on pouvait craindre le pire. Et pourtant, l’instigateur des "Masters of Horror" ou de "Fear itself" ne peut qu'avoir mon respect éternel, ne serait-ce que pour avoir enfanté ces deux séries si chères à mon cœur. Alors, on leur file un bol de lait à ces félidés imaginés par le King himself (dans une nouvelle n'ayant jamais été publiée)? Et bien je serais tenté de dire oui (de toute façon moi je suis l'ami des animaux). Ce qui frappe au premier abord dès les premières scènes, c'est l'ambiance musicale carrément au top. On passe d'un morceau de la chanteuse Enya (et oui, ce ne sont pas les Fuggees à l'origine, juste une instru samplée..) à d'autres plus "seventies" avec les Contours et franchement cette orgie musicale sert admirablement le film (on pourrait même parler d'ingrédient magique dans ce cas précis). Garris promène sa caméra comme s'il était sur un plateau télé, dirige des acteurs habitués à la petite lucarne comme Brian Krause de la série "Charmed" (accompagnés tout de même par quelques pointures comme Ron Perlman) et tout cela fonctionne étonnamment bien sur le spectateur quelque peu suspicieux. On note même quelques apparitions furtives mais remarqués de Clive Barker, Tobe Hooper, Mark Hamill, John Landis ou encore Stephen King lui même; classe et annonciateur des associations futures du réalisateur pour ses fameuses anthologies de l'horreur. L'histoire est plutôt dans le haut du panier (arf) et ces "félidés" avides d'âmes vierges savent nous faire vibrer en nous positionnant constamment le cul entre deux chaises (tant qu'elles sont dans le bon sens). On oscille donc entre pitié pour ces êtres tristes terriblement seuls et dégoût lorsqu'ils montrent leur vrai visage. Les effets spéciaux mélangent l'artisanal et les CGI à la sauce premiers émois (comprenez "morphings de base" comme il en fleurissait période post "Terminator 2") mais surtout, Garris envoie un peu de pâté (arf arf) en terme de gore (on n'est pas devant un Fulci non plus hein) et se permet pas mal d'excès en tout genre. Mais là ou il laissera tout le monde sur le carreau, c'est dans la représentation incestueuse de cette relation entre Charles et sa mère; baisers enflammés et partie de jambes en l'air atomique (Ohhhh la belle bleue!) sont donc au programme et rendent ce "Sleepwalkers" encore plus attachant de par son irrévérence totale et assumée. Bref, réalisation honnête, acteurs qui tiennent la route, ambiance musicale au top et léger parfum de scandale font corps pour au final nous donner un spectacle certes "oubliable" mais sincère et pas franchement désagréable. Une bonne série B comme on les aime et comme on en voit plus beaucoup.

"La nuit déchirée" est le parfait film de drive-in. Une histoire simple mais carrée, bien jouée, bien mise en scène et pas chiche en séquences choc; une recette sans éclat mais goûtue qui ravira les amateurs d'horreur et de fantastique venus chercher un divertissement sans prétention et sans prise de tête. Pari réussi donc, même si on aurait clairement apprécié un budget plus important qui aurait aidé le réalisateur à aller encore plus loin dans son délire (il aurait tout déchiré, et pas que la nuit!).

 

Réactions
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