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4Avr/170

Critique: Friend Request – Simon Verhoeven – 2016

Synopsis:
Laura est cool, populaire, et ce ne sont pas ses 800 amis Facebook qui vont dire le contraire. En plus, Laura est sympa, et remarque une jeune femme isolée et solitaire pendant ses cours. Elle décide de faire le premier pas et de lui parler avant de l'ajouter à ses amis virtuels...

L'avis de David:
J'avais affûté le Katana, sorti ma plus belle plume, préparé les tomates bien pourries.. Bref, tout était fin prêt pour que je puisse atomiser ce nouvel étron sorti des écuries Hollywoodiennes semblant vouloir surfer sur l'engouement porté aux réseaux sociaux par notre jeunesse actuelle. "Unfriended" étant déjà passé par là (il parait que ça fait moins mal la deuxième fois), il ne me restait plus qu'à souffrir une heure trente et à déverser ma haine critique à grand coup de vannes lourdingues et de jeux de mots ras la ceinture. La routine quoi. Et bien croyez le ou non, j'ai finalement aimé "Friend Request"... Oui je sais, je vous déçois, moi aussi en fait.. Je m'étais tellement échauffé tout seul,préparé, conditionné même que la déception fut grande. L'histoire est bonne, voir même assez étonnante (le final), la tension est palpable (surtout dans la première moitié du film) et l’héroïne (non, elle ne l'est pas elle) sorte de Jennifer Love Hewitt période "Souviens toi l'été dernier" fait le job. La réalisation est carrée et Simon Verhoeven (aucun rapport avec Paul) semble aussi à l'aise pour poser son histoire que pour nous faire pointer sous le t-shirt avec quelques séquences de flippe bien troussées juste comme il faut. Mention spéciale aux flashs gore/glauques montrant des cadavres surexposés particulièrement dérangeants. L'idée de transposer le mythe de la sorcière à l'ère de l’électronique est également très intéressant et montrer la dangerosité de se surexposer sur les réseaux sociaux (notamment en acceptant/ajoutant de parfaits inconnus) fonctionne ici à plein régime avec une Marina Mills dérangée au point de faire vraiment peur (vous ne regarderez plus vos amis virtuels de la même manière). La fameuse sorcière envoie des rillettes au travers de plusieurs séquences et excelle dans l'art de la mise à mort. Au menu: éclatage de tronche ultra-violent dans un ascenseur, égorgement, piqûres de guêpes jusqu'à la mort, les réjouissances sont variées et une fois n'est pas coutume ne sont pas aseptisées ou filmées hors champ; que du bonheur. L'idée que chaque ami qu'elle ajoute est littéralement "emporté" par la faucheuse est délicieusement savoureuse et prépare la pirouette finale qui m'a pour une fois agréablement surpris (même si il va falloir faire fonctionner votre imagination pour recoller certains morceaux). Le message socio-culturel est clair et démontre par l'effroi que le cyber-harcèlement est un vrai problème et que notre addiction aux réseaux sociaux peut très vite nous conduire dans une impasse tant nous frôlons chaque jour sans le savoir quelques personnalités sombres ne cherchant pas forcément que notre amitié (sans parler de la notion d'isolement générée par la fracture sociale du "tout connecté"). Au rayon du moins bon on citera une seconde partie plus dispensable car virant assez nettement vers un nawak grand-guignolesque au classicisme assumé et quelques jump-scares bruyants qui ne s'imposaient finalement pas vraiment (même si je dois avouer que certains sont efficaces). Impossible également de passer sous silence l'incroyable morceau figurant sur le générique final (sublime au passage).. Composé par Gary Go, "The Beginning" est une messe noire electro aux forts relents Carpenterien faisant irrémédiablement penser aux Zombies/Cannibales flicks Italiens des années 80. Joie.

"Friend Request" est un petit plaisir coupable certes imparfait mais qui fait tout de même sacrément du bien. Glauque (certains flashs mettent vraiment mal à l'aise), dérangeant, violent et maniant avec astuce les codes de notre société sur-connectée, le film de Simon Verhoeven atteint son objectif (nous divertir) et mérite amplement son visionnage. Sans prétentions mais étonnamment bon.

 

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