Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

11Avr/170

Dossier N°16 : ça c’est passé EP7 – Le poupetier de Novgorod


Episode 7Le poupetier de Novgorod
Date ou période: Arrêté en 2011
Lieu: Novgorod, Russie
Film inspiré: "La maison de cire" de Jaume Collet-Serra

Même si le film de Jaume Collet-Serra a été réalisé bien avant cette sordide affaire, on ne peut que constater les étranges similitudes entre cet homme entouré de poupées de chair et les deux frangins un peu barges de ce Slasher tout à fait recommandable (également remake de l'excellent "L'homme au masque de cire" réalisé en 1953). Bon, lui il n'a pas Paris Hilton dans sa collection...

Anatoly Moskvin (01-09-1966) est un universitaire comme les autres et suit des études de langues qui le mèneront à devenir Professeur (il en parlait 13 couramment), puis Traducteur et même Journaliste. Son enfance demeurait sans histoires à un détail près: participant à l'enterrement d'une petite fille de 11 ans, le cortège des adultes présents l'obligèrent à embrasser le visage de la morte en signe de dernier hommage. Poser ses lèvres sur le front cireux du petit cadavre agira comme une sorte de déclic mais ce n'est qu'à l'âge adulte que les pulsions en résultant se rappelleront à lui. Après avoir obtenu ses premiers diplômes universitaires, il développa une forme d'admiration pour les cimetières, les rites funéraires, l'occulte et la mort en général. Il passera une bonne partie de sa vie isolé, préférant rester aux côtés de ses parents, reclus dans son monde sans jamais rencontrer l'âme sœur (il est présumé vierge).
De 2005 à 2007, de graves profanations eurent lieu dans certains cimetières de la région. Moskvin travaillait alors à répertorier les morts pour un ouvrage édité par Alexei Yesin, "Necrologies"; sa fascination pour le morbide l'aura même poussé à passer la nuit directement dans ces lieux de repos éternel, allant même jusqu'à dormir dans un cercueil préparé resté ouvert. La police l'interrogera plusieurs fois (à cause de soupçons de vol et de vandalisme) mais sans pouvoir lui reprocher quoi que ce soit, faute de preuves. Ce n'est que lors d'une enquête un peu plus poussée sur des profanations dans le cimetière de Novgorod (en 2011) que les enquêteurs finirent par découvrir le pot aux roses. Anatoly Moskvin détenait pas moins de 29 corps dans son garage et dans son habitation. Même si le nombre de défunts n'approchait "que" la trentaine, il était soupçonné d'avoir profané au moins 150 tombes dans les environs (ainsi qu'aux alentours de Moscou). Il détenait également bon nombre de photos et de vidéos morbides (des corps désintégrés ou des cercueils ouverts) qui ne pourront malheureusement pas être reliés aux cadavres retrouvés. Lorsqu'il choisissait un corps, il le badigeonnait de sel et de Bicarbonate de Soude afin qu'il sèche (une technique de momification qu'il avait apprise dans un livre), le rembourrait à l'aide de chiffons ou de vieux vêtements, l'ornait d'un masque de cire qu'il décorait au vernis à ongles et terminait son oeuvre en l'habillant à l'aide de vêtements d'enfants. Ces "poupées" momies ornaient son antre sans que personne ne se doute de quoi que ce soit (ses parents étaient absents une grande partie de l'année) tant leur aspect faisait penser à de simples jouets confectionnés par un amateur. L'apprenti embaumeur prenait le thé avec eux, fêtait leurs anniversaires, comme s'il s'agissait de la famille qu'il n'avait jamais eu. Schizophrène Paranoïaque, Moskvin fut déclaré inapte à subir son procès et interné dans un hôpital psychiatrique. Depuis, chaque année, une demande de prolongation de sa détention est formulée et acceptée dans la foulée. Les enquêteurs l'auditionnèrent afin de comprendre ses motivations et se rendirent à l'évidence qu'il était tout bonnement fasciné par les enfants morts tout en étant persuadé qu'il pourrait leur rendre la vie grâce à la magie noire. Il communiquait avec les cadavres et leur demandait si ils souhaitaient être "ramenés" parmi les vivants (aucune tombe n'aurait été ouverte sans le consentement de son occupant). Bien souvent, s'allonger sur la sépulture lui permettait d'entendre ce que lui disait le défunt. Ce n'est que durant les dernières années (ce rituel aurait duré pendant près de 20 ans selon ses aveux) qu'il préféra rapporter les corps chez lui, convaincu qu'il serait plus facile de les entendre si ils n'étaient plus enterrés. Ils les disposaient donc confortablement et passait la nuit allongé près d'eux, tendant l'oreille. Pour lui, répondre aux appels des enfants suppliciés semblait plus important que d'obéir à la loi. Son internement serait toujours d'actualité de nos jours. Annabelle, tu ferais mieux de te planquer...

Réactions
Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier