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30Avr/170

Critique: Incarnate – Brad Peyton – 2016

Synopsis:
Le Dr Seth Ember est ce que l'on appelle un "incarné". Il a la faculté de s'introduire dans l'esprit de personnes possédées par des entités démoniaques afin de les exorciser. Lorsque le Vatican demande son aide face au cas extrêmement sévère d'un jeune garçon, celui-ci est terrifié à l'idée de retrouver un démon qu'il ne connait que trop bien puisqu'il est responsable de la mort de sa femme et de son fils.. Le combat qui se prépare pour sa rédemption sera probablement son plus difficile...

L'avis de David:
Brad Peyton est un honnête faiseur de bobines à qui l'on doit entre autre le "San Andreas" du Rock invincible ou encore la comédie infantilo-débile "Comme chiens et chats, la revanche de Kitty Galore" (avec un Channibal Lecter à l'affiche tout de même), ce qui n'augurait pas d'un film très jusqu'au-boutiste dont la particularité serait d'oser toutes les transgressions qu'on pourrait attendre dans le genre. Pire encore, la mention "Par les producteurs de Insidious et The purge" posée bien en haut de l'affiche annonçait même une nouvelle colique néphrétique de la maison Blum à la sauce dragée Fuca saupoudrée d'une bonne dose d'anti-vomitif  histoire de ne pas perdre trop de monde dès le premier quart d'heure.. Le Mc Donald de l'horreur quoi.. Et bien croyez le ou non, cet "Incarnate" venu de nulle part n'est pas la purge (ah ah ah) annoncée et s'avère même plutôt agréable à regarder. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, on est très loin du chef d'oeuvre; on se situerai plus entre deux eaux, entre un divertissement finement calibré et un machin généreux qui essaye de bien faire. On retrouve Aaron Eckhart ("The Dark Knight", "La chute de la maison blanche") qu'on avait pas perdu finalement (en tout cas il ne nous manquait pas trop) dans le rôle d'un "expulseur" capable d'enfumer et de faire sortir un démon de sa planque plus vite que Chuck Norris ne compterait jusqu'à l'infini. En bon "yes man" qui se respecte, Peyton soigne son cadre, dirige un minimum ses acteurs et nous enfume nous aussi par la même occasion en nous racontant une histoire avec autant de trous qu'un bord de gruyère rassi. On se retrouve au final avec un curieux mélange d"Inception", "Sos fantômes" et bien entendu l'"Exorciste" qui bouffe à tous les râteliers mais sans jamais en remplir aucun. Mais c'est là que le vrai miracle opère... Malgré tous ses défauts (et il y en a un paquet), le film réussi à garder coûte que coûte ses spectateurs et leur offre même quelques séquences qui parviennent à faire mouche (David -Gotham- Mazouz, qui joue le gamin possédé, fait sacrément bien le job). Comble de tout, le final en tiroirs arrive à nous faire peur en prétextant un happy-end destructeur cher aux productions Hollywoodiennes avant de nous rabattre le caquet avec un démon presque impressionnant toutes cornes dehors (je dis "presque" car on ne le voit finalement que très peu mais c'est suffisant pour faire plaisir aux fans de boucs rageux bien énervés). On pourra bien évidemment regretter l'inexpérience de Peyton dans le domaine qui, même si il veut bien faire, enfonce des portes ouvertes et ne parvient jamais vraiment à effrayer le chaland. Prévisible, mais pas sans saveur, en tout cas pas totalement. Le personnage de Seth Ember attise notre curiosité, et même s'il aurait mérité un traitement de plus haut vol, il reste  suffisamment intéressant pour ne pas nous ennuyer. Ce nouveau modèle de "prêtre" matriciel, capable de s'insinuer dans le rêve (ou le cauchemar d'ailleurs) d'un possédé afin de l'en sortir nous fait rêver à une suite réalisée par un roublard comme Mike Flanagan ("Ouija les origines") ou même à une série, format qui conviendrait parfaitement à ce genre d'histoire. Bref, on ne s'improvise pas faiseur de cauchemar, même si on aime les raconter (oui je sais, ça ne veut rien dire, mais on ne s'improvise pas Victor Hugo non plus, même si on est misérable)..

"Incarnate" est un petit film tout sauf déplaisant à condition qu'on le regarde avec l’œil indulgent du spectateur venu se divertir sans espérer dénicher une nouvelle perle du genre. Un petit plaisir généreux qui s'apparenterait à une grosse religieuse dont on aurait enlevé la moitié de la crème (rien de plus déprimant qu'un chou vide). Une moitié de réussite donc, mais qui évite la benne à bouzes déjà bien remplie de ce genre de productions dont le circuit est inondé ces dernières années.

 

Réactions
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