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2Mai/170

Critique: Before I wake – Mike Flanagan – 2016

Synopsis:
Un jeune couple dévasté après le décès accidentel de leur fils décide de devenir parents à nouveau en adoptant un jeune garçon. Tout semblait bien se passer jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que des choses étranges se passent lorsqu'il s'endort. Ses rêves (mais ses cauchemars aussi) semblent prendre forme dans la réalité...

L'avis de David:
"Ahhhhhh jeune Flanagan.. La chance s'envole, l'esprit s'décolle mais il nous reste la picole".. Ok, j'aurais pu choisir meilleure introduction que cette strophe lâchée par un poète cuité tout juste sorti d'un cocktail, mais Tom m'en aurait voulu et en plus je l'aime bien moi Bryan Brown.. Bref, revenons à nos papillons et faisons l'apologie de ce réalisateur novateur maniant la caméra comme personne et réussissant à chaque fois à transformer la pellicule en or, quel qu’en soit le sujet. Après un "Ouija, les origines" de très haute volée qui avait réussi à nous coller les poils jusque dans le dos, Mike Flanagan remet le couvert et se tourne vers le drame intimiste à tendance fantastico-horrifique.. Parce que oui, nous ne sommes pas vraiment devant un film d'horreur, pas complètement en tout cas. Distribué par Netflix chez nous à grand renfort d'affiche dégoulinante et inquiétante, "Before I wake" trompe son monde et même si certains passages montrent bien la maîtrise du bonhomme dans l'art de nous faire changer de couche plus souvent qu'à l'habitude, l'essentiel n'est pas là, pas cette fois. Thomas Jane et Kate Bosworth font bien le job et donnent la réplique à un Jacob Tremblay ("Oppression") tantôt inquiétant, tantôt franchement touchant. Parce que oui, c'est là que la substantielle moelle tient toute sa saveur. L'histoire nous plonge littéralement dans l'univers de ce gamin perturbé en nous entraînant dans un tourbillon d'émotions qui va peu à peu nous empêcher de discerner le vrai du faux. Tout ça jusqu'à un final au twist déchirant, d'une tristesse immense, qui en plus de vous laisser sur le cul vous remplira d'une mélancolie qui en deviendrait presque apaisante. La métaphore avec les papillons est à ce propos d'une intelligence rare; colorés au début, symbolisant la vie, et devenant noirs lors de la progression du mal. Le tout est filmé avec une grande sensibilité et l'utilisation de certains effets propulsent quelques plans au panthéon du genre. Une musique tout aussi magnifique termine d'achever le pauvre spectateur venu trouver bonheur et on peut vraiment se demander comment on faisait avant Flanagan (avec les "Dans le noir","Annabelle" et consorts Blumesques). Pourtant, tout n'est pas totalement parfait. Le rythme, même si le film ne prétend pas envoyer la sauce à coups de grosse caisse et d'effets digitaux, aurait parfois gagné à être accéléré et certains passages raccourcis, mais je chipote. Quelques facilités auraient également pu être évitées, deux trois trous scénaristiques et un monstre qu'on aurait pu rendre encore plus effrayant (même si après avoir vu la fin on se rend compte qu'il arbore la pire des apparences, tellement familière...); rien de grave en somme mais un poil pubien ou pas bien qui empêche le film de venir se classer comme le tout meilleur de son auteur.

Encore une petite perle à ajouter au palmarès d'un réalisateur qui décidément les aligne. Un peu film d'horreur, un peu effrayant, terriblement touchant et laissant un goût de mélancolie après sa vision, "Before i wake" vaut largement le détour pour quiconque voudrait voir quelque chose de différent, de plus intime qu'à l'accoutumée. Bravo jeune Flanagan, vous l'avez fait. On dit souvent que pour devenir riche il ne faut rien offrir; et pourtant vous faites tout l'inverse (loi de Coglin)...

Réactions
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