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5Mai/170

Critique: Pas un bruit (Hush) – Mike Flanagan – 2016

Synopsis:
Maddie est une jeune écrivain devenue sourde et muette après avoir attrapé une méningite lorsqu'elle était adolescente. Elle vit depuis peu recluse dans une grande maison au fond des bois afin de terminer sereinement son dernier roman. Malheureusement pour elle, un terrifiant tueur en série va jeter son dévolu sur sa demeure et elle va devoir se défendre coûte que coûte pour survivre à cette nuit qui s'annonce sanglante...

L'avis de David:
Je vous jure j'ai pas fait exprès... J'en entends déjà certains "Il n'a d'yeux que pour ce réalisateur, il a des actions chez Flanagan, tout ça pour gratter un cocktail".. Mais non mais non, je vous arrête! C'est en déambulant nonchalamment sur Netflix que je suis tombé sur ce "Pas un bruit" qui m'a interloqué et que j'ai donc regardé dans la foulée avant de me rendre compte lors du générique final qu'il s'agissait ENCORE d'un film de Mike Flanagan ("Ouija, les origines", "Before I wake", "Absentia"). Décidément très prolifique dans le genre que nous aimons, le gus s'attaque cette fois à l'exercice périlleux du Home-Invasion. Autant le dire tout de suite, tout ou presque a déjà été tenté dans le domaine et il serait fort étonnant qu'on arrive encore à nous surprendre avec cette recette. Du coup, notre touche à tout cinéphile décide d'ajouter un peu de piment à la sauce en rendant son héroïne sourde et muette. Alors? Ça marche? Oui, mais pas forcément pour les raisons imaginées au départ. L'efficacité va primer ici sur l'originalité et c'est bien devant une péloche sévèrement burnée que l'on se retrouve, aucun doute n'est permis. Flanagan met curieusement un peu de côté le handicap de Maddie (qui deviendra une force le temps d'une scène clé) et ne se sert finalement que très peu de ses autres sens aiguisés comme des couperets, restant prudemment sur un sentier balisé, presque convenu, mais diablement efficace. Le film est court (une petite heure vingt au compteur) mais la tension ne faiblit pas, grâce notamment à un tueur sadique particulièrement retors qui prendra un malin plaisir à faire mijoter notre piégée malentendante. Très peu de personnages interagissent avec nos deux protagonistes mais les scènes fortes s’enchaînent sans faiblir et c'est bien la première fois que je peux dire que Flanagan s'est un poil lâché sur le gore. Gorges tranchées ou transpercées (avec geysers de sang à la clé), tête explosée et surtout LA scène qui fait mal quand on la regarde: un éclatage de main à coups de pieds qui fera ressembler celle-ci à une oeuvre de Dali tant les doigts finiront asymétriques et en escalier (sincèrement la scène m'a piqué la rétine). La réalisation est comme toujours ultra efficace, les acteurs très bons (mention spéciale à Kate Siegel qui campe une sourde-muette particulièrement déterminée) et quelques scènes arrivent tout de même à nous prendre à rebrousse-poil (Maddie qui "perd" une vie et le tueur qui se sert d'un cadavre comme d'une marionnette pour frapper à la porte sont d'un glauque absolu). Malin. Au rayon des petites choses qui fâchent, on notera quelques trous scénaristiques ou réactions incohérentes des personnages et un classicisme qu'on aurait aimé voir écarté au profit de la singularité de l'héroïne. Autre déception, on ne saura rien sur le tueur et ses motivations, dommage. Bref, pas de quoi fouetter un chat, qui ne le sera pas d'ailleurs puisque c'est à peu près le seul à sortir indemne du machin...

Encore une réussite de Mike Flanagan qui nous prouve qu'il excelle dans à peu près tous les sous-genres de l'horreur. Après les fantômes et les mauvais esprits, il jette son dévolu sur une histoire de tueur fou pas piquée des hannetons. Un excellent moment à ne pas passer en famille, tendu, âpre et violent qui met définitivement du baume au cœur de l'amateur d'horreur cinéphilique. Amis Grimmers de tous bords, vous pouvez y aller les yeux fermés (ça changera), parole de scout mort.

Réactions
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