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23Oct/17Off

Critique: Alien Covenant – Ridley Scott – 2017

Synopsis:
L'équipage du vaisseau Covenant fait route vers une planète lointaine avec à son bord toute une colonie d'humains prêts à découvrir un nouveau jardin d'Eden. En chemin, ils captent un étrange message semblant venir d'un endroit proche et qui serait possiblement un véritable paradis. Mais ce qu'ils vont y découvrir va certainement plus se rapprocher de l'enfer que d'un quelconque havre de paix favorisant une reconstruction.

L'avis de David:
Après un "Prometheus" à l'ambiance plutôt réussie mais au rythme quelque peu soporifique (on aime ou on aime pas, ça ne se discute pas), Sir Scott se devait de nous proposer une suite qui en plus d'apporter sa pierre à l'édifice devait envoyer un peu de lourd. Et il en est capable le bougre, même si ses dernières productions essayent vainement de nous faire croire le contraire ("Exodus"..ouch..). En plus, j'ai fait l'erreur d'attendre avant de m'empiffrer de ce nouvel opus ce qui a eu pour effet de me faire lire un paquet de trucs sur le bouzin; et ça ne sentait pas la fleur. Bref, c'est désabusé que je me suis lancé dans le visionnage et que je vais essayer de vous livrer mes (pauvres) impressions. D'abord, je dois dire que j'ai trouvé le film absolument magnifique. Les décors sont splendides, certaines scènes homériques et l'ambiance poisseuse qu'on espérait retrouver est bien là. Ça commence plutôt bien. L'histoire, même si elle est calquée plan par plan sur celle de l'"Alien" originel, se suit sans déplaisir (je ne vais pas me lancer dans un procès d'intentions à base de "ils n'ont rien inventé" ou "sous le soleil, rien de nouveau", ça n’emmerde) et jusqu'à l'arrivée sur la terre promise je dois avouer avoir été happé par cette indécente proposition. Comme prévu, les cons se font infecter connement et ramènent au vaisseau un petit énergumène super énervé qui a dû abuser de la poudre blanche qui fait rigoler (légère variante tout de même, le truc sort par le dos plutôt que par le ventre.. faut s'arrêter là par contre, sinon le troisième épisode va choper un classement X et les acteurs de sacrées crises d'hémorroïdes). Trucages à l'avenant, créatures bien foutues, effets gores un peu plus présents qu'à l'accoutumée, y a bon! Je sens que je vais aimer ce plaisir coupable qu'on est en train de me servir dans un joli plat en argent, même si il est déjà mâché, voir même prédigéré. La séquence de sauvetage parachève le tout et envoie une bonne dose de pâté de campagne, Ridley maniant le spectaculaire avec aisance et fluidité. Mais diable pourquoi ne pas s'être arrêté là? Sans déconner, à ce stade le film était déjà plié pour tout le monde (chacun se faisant son idée sur la thématique de création qu'on venait de lui asséner), alors pourquoi nous remettre une couche dans le vaisseau avec un combat final qu'on aurait vraiment préféré ne pas voir... Trente minutes calquées sur le huitième passager avec en bonus une empoignade finale sentant fort les pieds de James Cameron (Ok on remplace le robot chargeur par une grue... les pinces y sont en tout cas), mais version baskets après une centaine de kilomètres. Mal foutu, mou du genou et gavé de CGI hyper limites, mais qu'a t'il bien pu se passer pour que le soufflé retombe à ce point?.. On a donc droit à un déambulage sans intérêt dans le vaisseau à la recherche de quenottes, une baston entre lui et une Ripley du pauvre à peine camouflée, le tout saupoudré d'effets foireux avec incrustations calamiteuses en sus (pourtant le reste était vraiment superbe, surtout les décors). Et c'est sans compter le twist final qu'on avait vu venir à la vitesse de la lumière... Heureusement y a encore un peu de gore (ahhh la douche) pour venir nous sortir de notre léthargie mais difficile de comprendre les motivations de ce final sans génie qui prolonge artificiellement le film en lui plombant une aile qui n'en demandait pas tant..

Covenant n'est pas le ratage que j'avais pu imaginer; j'ai même pris un réel plaisir à suivre les trois quarts de son aventure. Mais quelle déception que ces trente dernières minutes qui ne servent à rien si ce n'est à rallonger une sauce qui perd de sa saveur. On récapitule: pas d'imagination (Ridley ne réinvente rien et pioche à droite à gauche dans la mythologie de ses films), une tout de même savoureuse première partie et une fin en forme de non recevoir font de cet opus un honnête divertissement sans plus d'ambition.

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