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8Nov/17Off

Critique: Last Girl, celle qui a tous les dons – C.McCarthy – 2016

Synopsis:
Au beau milieu de la campagne Anglaise, une base militaire abrite un projet scientifique visant à éradiquer un champignon qui transforme ses hôtes en dangereux zombies carnivores. Les expériences sont conduites sur un groupe d'enfants, toujours conscients mais potentiellement dangereux, éduqués et examinés par une équipe constamment sur le qui-vive. Très vite, les choses vont se gâter et la situation devenir critique...

L'avis de David
Dernier rejeton de l'armée de films de Zombies que nous voyons -parfois sous la contrainte- déferler sur nos écrans depuis l'avènement des "Walking Dead" et autres "World War Z", nous étions en droit de nous interroger sur son utilité.. Ben oui, on sait que parfois ils sont lents mais qu'ils peuvent courir, qu'ils sont bien souvent infectés, affamés (de chair humaine par préférence) et qu'ils ne sentent pas vraiment la rose (la faute à un léger état de décomposition avancé). A quoi bon remettre le couvert pour se retaper des tout verts qui bectent les humains comme des piverts (à dire très vite pour que ce soit rigolo)? Pour tout vous dire, le début m'a tout de même fortement titillé les neurones (enfin ceux qui restent). Tout simplement car on ne nous présente absolument rien de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce genre de productions. Du coup, les codes s'en trouvent changés et l'envie d'en savoir plus démultipliée. On assiste donc à un cours dispensé à des élèves bien particuliers puisque cloués (volontairement cette fois) sur une chaise, attachés de toute part et qui semblent pourtant bien inoffensifs (voir même sympathiques pour certains). De ce groupe ressort très nettement une personnalité, celle de Mélanie, jeune adulte enfermée dans un corps d'enfant (infecté qui plus est) qui semble représenter un début d'échappatoire à ce monde qui part en cacahuètes. Je ne voudrais surtout pas spoiler quoi que ce soit (qui a dit "pour une fois"?!) et je tairais donc la teneur des événements à venir en essayant de me concentrer sur les points forts et les points faibles du film mais ce que je peux déjà vous dire c'est qu'il m'a littéralement transporté. De par son ambiance d'abord, poisseuse, glauque, froide, sublimée par cette musique indus aux relents d'outre-tombe et à cette photographie à la blancheur presque médicale. Le pitch est également plutôt malin et l'explication donnée pour cette contamination s'en trouve du coup bien plus plausible qu'à l'accoutumée. On ne s'ennuie pas, la violence est bien présente (certaines attaques font froid dans le dos) et une poignée de scènes frise le génie (j'aurais pu dire crie au génie mais ça aurait sûrement jeté un froid) comme la séquence obligeant les héros à déambuler au milieu de morts en veille (mais aptes à se réveiller instantanément) qui promet quelques belles sueurs froides et fait preuve d'une originalité sacrément rafraîchissante. On notera aussi de belles analogies avec un autre art majeur, le jeu vidéo, dont une partie de la trame semble s'approcher par certains aspects ("The last of us" pour ne pas le citer). Mention spéciale enfin à ce final en inversion totale qui fait réfléchir et qui place l'humain face à son évolution (ou sa déchéance); du primitif à l'être civilisé il n'y a parfois qu'un pas et tout dépend de quel côté on se place.. Chacun y trouvera son interprétation, de la plus simple à la plus philosophique. Au rayon du négatif, on pourra tout de même se dire que si son traitement est particulièrement malin, nous sommes encore devant un film d'infectés avec quelques écueils qui ont la dent dure et surtout quelques facilités qui auraient pu être évitées (la base qui est imprenable pendant près de 10 ans et qui d'un coup se voit aussi accostable qu'un crocodile dans un bayou)... Soit. Cela ne m'a absolument pas gêné et surtout cela n'a absolument pas freiner ce coup de cœur qui m'a fait passer un excellent moment (en même temps j'étais client, j'aime bien les champignons moi). 

Enfin un film d'infectés qui nous sert une soupe un peu différente du pré-mâché de ces dernières années. Pas le plat ultime mais un truc suffisamment goûtu pour laisser nos papilles de cinéphiles avec une sensation de reviens-y absolument délicieuse. L'aile ou la cuisse, chacun choisira son camp mais ce qui est certain c'est que Tricatel n'est pas de la partie et que les étoiles sont méritées; n'est-ce pas Mr Duchemin.

Réactions
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