Synopsis:
La petite bourgade de Derry est secouée par une vague de disparition d’enfants qui survient tous les 27 ans. 7 gamins membres d’une même bande « les tarés », décident d’enquêter sur le sujet. Ils vont se rendre compte que tous sont poursuivis par un mystérieux clown qui cherche à les atteindre en jouant avec leurs plus grandes peurs…

L’avis de David:
Le voilà le mastodonte de l’année 2017, THE film d’horreur que tout le monde a encensé, qui a rapporté des millions de brouzoufs aux gentils producteurs qui ont crû en lui. C’est beau, mais qu’est-ce que ça vaut vraiment? Surtout qu’en matière d’adaptation, Mick Garris s’y était déjà collé et avait réussi le temps de 2 téléfilms à terrifier toute une génération habituée aux clowns gentils maniant la tarte à la crème (tout en restant très très très loin de l’oeuvre originale quand même). J’ai patiemment attendu pour le voir, me suis procuré la version bleue en 4K et laissé la grippe me peindre le nez en rouge afin d’être dans les meilleures dispositions pour profiter du spectacle. On va évacuer tout de suite le traumatisme par l’image tant cette version ultra haute définition brûle la rétine. Piqué (pas le footballeur hein) hyper détaillé et couleurs d’une force incroyable au programme font de ce disque une véritable démo technique pour peu qu’on dispose du matériel adéquat. Passons maintenant à ce qui se cache derrière la culotte de notre clown égoutier préféré (Toujours blanc d’ailleurs alors qu’il patauge h24 dans le caca.. Sacré service de teinturerie). Première constatation, l’ambiance « Stand by me » (voir « Stranger things » pour cette génération) fonctionne a fond les ballons (rouges). Les gosses jouent juste, sont vulgos juste comme il faut et leurs histoires respectives (parfois bien glauques) sont traitées avec bien plus d’égards que dans la version de 90 (on sent que Muschietti a pu s’autoriser bien plus de choses et c’est tant mieux). Même Eddy, psychopathe par excellence, est enfin dépeint justement, avec tous les honneurs qu’il mérite. L’ambiance musicale, alternant piano tendance mélancolique quand on frissonne et funk typiquement eighties dans les moments plus « lumineux » vient nous caresser les oreilles et la maîtrise du réalisateur de « Mama » fait le reste pour flatter nos rétines. Mais alors ma bonne dame, on la tient notre ultime adaptation d’un des romans les plus traumatisants du King? Ben non en fait, pas totalement. Passons sur les différentes incohérences qui ne sautent pas forcément aux yeux mais qui font diablement tâche quand on y repense (pas d’hopitâl à Derry, un môme est rafistolé dans une ruelle; toutes les familles qui semblent trouver « normaux » les événements qui surviennent, un môme allant jusqu’à tuer son père sans que cela ne chagrine personne.. En même temps il semble que cela soit le seul policier de la ville et qu’il ne se soit pas penché plus que ça sur les disparitions..) et allons directement à l’essentiel: Grippe-sou. Passé une séquence d’introduction absolument géniale (il croque le bras d’un môme au travers d’une bouche d’égout), il devient vite agaçant. Trop rigolard, trop fou-fou, il fait trop trop l’âne en fait (arf, toute mon enfance ça aussi). A force d’en faire des caisses,  Bill Skarsgård se perd et perd en même temps cette force qui le rendait tellement inquiétant. On se tape une nouvelle fois une ribambelle de jump-scares frelatés qui ne font pas peur et seules quelques apparitions théâtrales arrivent encore à faire leur petit effet (le lépreux ou la dame du tableau). Les effets spéciaux, même si en grande partie numériques, fonctionnent et ne dénotent jamais à l’écran, nous offrant même quelques scènes gores sympas qui manquaient cruellement à la précédente adaptation (ça l’aurait rendue plus « méchante »). Dommage, le combat final (censé être le clou du numéro) est monté à la serpette et du coup totalement illisible. Mais ce qui empêche clairement le film d’aller plus haut (n’en déplaise à Tina Arena) c’est ce manque de peur à tous les étages; oui, le film ne fait jamais peur et rate du coup son principal objectif, c’est ballot (ça aurait dû être ballon). La faute à un clown qui fait trop le clown justement et qui avec le recul, fait bien pâle figure face à celui campé par Tim Curry à l’époque (pourtant beaucoup plus simple).

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