Synopsis:
Lockhart est un jeune cadre aux ambitions affirmées qui rêve de gravir les échelons de son entreprise de placements financiers. Il est envoyé en mission pour retrouver son ancien patron parti en Suisse suivre une cure de remise en forme. Piégé à demeure, il va découvrir toutes les spécificités du traitement mis en place par l’inquiétant docteur propriétaire des lieux…

L’avis de David:
Bon, les pirates qui officient dans les Caraïbes, moi c’est pas trop mon truc; je suis plutôt Pina Colada et farniente au creux d’un bon hamac. Ça tombe bien car même si on reste en terrain aquatique, l’ami Verbinski nous propose cette fois un rafraîchissement plus en phase avec les aspirations de la maison; et c’est diablement bon. D’abord parceque c’est à l’opposé de tout ce que nous propose Hollywood au rayon horreur depuis bien des années. Stylé, gavé de plans absolument magnifiques, oscillant en permanence entre une réalité froide et aseptisée et un conte macabre parfois dérangeant, ce « Cure for life » ne laisse pas indifférent. Critique au vitriol de la société d’aujourd’hui qui encense les financiers sans scrupules et laisse mourir ses anciens dans de véritables mouroirs, le réalisateur n’y va vraiment pas avec le dos de la cuillère. Culotté, ou pas d’ailleurs, s’affranchissant des bonnes manières, il enchaîne les nus à l’écran sans aucune pudicité, provoque le spectateur en effleurant des thèmes tels que l’inceste ou le viol et se lâche complètement dans une poignée de scènes trash qui font mal par où elles passent (les phobiques des dents passez votre chemin)… Mais ce qui laisse d’abord pantois en regardant ce film, c’est cette ambiance qui nous enserre, nous embarque (la musique, lyrique, sublime, n’y est pas étrangère) et nous tient jusqu’au bout des 2h26 d’une intrigue dont on veut absolument connaitre le dénouement. Les acteurs jouent juste (et sont à l’opposé des stéréotypes habituels), l’histoire se tient et mis à part une ou deux incohérences (le bidon d’essence à la fin qui apparaît comme par magie) le tout forme un met terriblement délicieux jusqu’à la dernière miette. Et quelle miette.. Le final grandiose et apocalyptique enchaîne les références de malade (« The Burning » de Tony Maylam qui partage le plan de mise à mort de son grand méchant ou même « La maison près du cimetière » et sa dégringolade d’escalier menant à un sous-sol d’éternité -surtout que là aussi les méchants pourraient se ressembler-). Ajoutez à cela une grosse inspiration qu’on sent émaner du jeu-vidéo « Bioshock » et vous obtenez un film presque sur-réaliste. Gothique, hors des balises Hollywoodiennes, cette cure de jouvence à la fois romantique et violente (dans ses actes mais aussi dans son propos et sa dénonciation de nos travers d’égoïstes notoires) est une véritable bouffée d’air frais qui laisse admirateur face au travail d’orfèvre réalisé par Gore Verbinski. Inespéré et tellement unique qu’il en devient magique.

  • 9/10
    Scénario/Histoire - 9/10
  • 6/10
    Trouillomètre - 6/10
  • 2/10
    Gore/Effets sanglants/Violence - 2/10
  • 9/10
    Ambiance musicale - 9/10
  • 9/10
    Effets-spéciaux - 9/10
9/10

Conclusion

Visuellement renversant et pétri d’éléments de réflexion sur la nature humaine, ce nouvel essai du réalisateur de « Pirates des Caraïbes » saborde le tout conventionnel du cinéma horrifique et apporte une aura à la fois belle et dérangeante à un genre qui en manque cruellement ces derniers temps (marre des copiés/collés sans saveur). Aimé ou détesté, apprécié ou subi, « A cure for life » ne laissera en tout cas personne indifférent; c’est bien ce qui caractérise les œuvres majeures non?

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