Synopsis:
Des ouvriers découvrent une substance étrange dans la neige au goût littéralement délicieux. Cette substance devient un yaourt particulièrement apprécié des Américains qui en font l’un de leurs aliments de prédilection. Ce met si prisé va s’avérer être une matière extraterrestre poussant jusqu’à la dépendance, les transformant peu à peu en de véritables ectoplasmes hors de contrôle..

L’avis de David:
Après un « Monstre est vivant » de haute volée, « Épouvante sur New-York » et son lézard volant en stop-motion ainsi qu’un tout aussi bon « Meurtres sous contrôle » (et bien avant le désormais culte « Maniac Cop »), Larry Cohen s’essaye au culinaire avec plus ou moins de réussite. Critique actuelle (et acerbe) de la société de consommation de demain (qui vu le grand âge du film se trouve reléguée au statut d’ancêtre de nos jours tant toutes les barrières ont déjà été franchies), « The stuff » joue la carte de l’exubérance et du parodique afin de tenter de nous rallier à sa cause. On le sait, les industriels sont des véreux qui ne pensent qu’à nous voir nous empiffrer de bidules bons marché assaisonnés d’additifs nocifs censés nous faire durer moins longtemps (ben oui, faut voir à renouveler le vivier à intervalles réguliers). Déjà, le choix du yaourt sentait le roussi (ou la bonne grosse farce bien grasse, c’est selon).Le machin blanc et visqueux, proche cousin du blob, se propose de vous titiller les papilles avant de littéralement vous « dissoudre » en lui. On pense bien sûr au dieu Coca, sauvagement égratigné via cette charge anti-capitaliste qui vire assez grossièrement vers la farce grand-guignol périmée (et laitage ou pas, vous devriez tout de même éviter de trop en consommer). Cohen se prend un peu les pieds dans le tapis et désamorce presque totalement sa charge sans le vouloir, pas aidé par un Michael Moriarty (toute moumoute dehors) complètement insipide dans le rôle principal. Le reste du casting est à l’unisson, les acteurs jouant comme des poignées de porte. Ajoutez à cela une réalisation en deçà de ce à quoi nous avait habitué le bonhomme et en secouant bien fort le tout vous obtenez un nanar pur jus qui vous gicle à la gueule comme une coulée de semence plus très fraîche (en même temps on est en droit de se demander de quelle partie de l’anatomie du petit vert vient cette substance.. A bon entendeur..). Ben oui, le film a vieilli et c’est bien dommage car ce qui le sauvait du naufrage et parvenait à le rendre sympathique à l’époque ne fait plus illusion aujourd’hui laissant une amertume en bouche qui fleure bon le Gaviscon. Heureusement, c’est mou mais drôle par moments et quelques effets spéciaux gore à l’ancienne (oui, comme la moutarde) viennent nous sortir de notre torpeur post-digestion. On notera également quelques gros clins-d’œil à des monuments tels que « L’invasion des profanateurs de sépultures » de Don Siegel (les « dépendants » se protégeant entre eux et devenant menaçants pour les autres) ou encore « Danger planétaire » (Blob Sinclar dans sa toute première apparition), mais cela reste bien maigre…

  • 3.5/10
    Scénario/Histoire - 3.5/10
  • 1.5/10
    Trouillomètre - 1.5/10
  • 4.5/10
    Gore/Effets sanglants/Violence - 4.5/10
  • 4.5/10
    Ambiance musicale - 4.5/10
  • 5/10
    Effets-spéciaux - 5/10
4/10

Conclusion

Voilà donc un des plus faibles représentants de la filmographie de Larry Cohen. Un ovni presque aussi rance que la substance qu’il met en scène desservi par un ton tirant un poil trop vers la parodie. Après vous me direz que ça ne se prends pas au sérieux et si vous recherchez un nanar pur jus à regarder entre deux pots de glace au beurre, vous devriez être servis. Sinon, gare à l’indigestion…

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