Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Annabelle 2 Création – David F. Sandberg – 2017

Synopsis:
Traumatisés par la mort de leur fille, un fabricant de poupées et sa femme accueillent chez eux une bonne sœur et les pensionnaires d'un orphelinat dévasté. Peu à peu, les jeunes filles vont découvrir qu'une des poupées de la collection semble possédée par un démon terriblement dangereux...

L'avis de David:
Le premier volet de cette nouvelle série instaurée par les "Conjuring" & co m'avait clairement laissé de bois (le marbre c'est plus cher). Un bois froid, lisse, même mon nez n'est pas parvenu à prendre une taille raisonnable (pourtant le mensonge était comme le film, sur-vendu). Alors on en pense quoi de cette suite qui n'en est pas une puisqu'elle est censée se passer avant. Est-ce qu'on voit le premier coup de rabot sur la tronche décrépie de la rouquine surnommée lèvres de feu (sans dec c'est quoi ce maquillage de merde)? N'en déplaise à Hulk Hogan, la tapineuse de la caisse à jouet s'en sort plutôt pas trop mal cette fois, et ça mérite d'être souligné. Ben oui, mix improbable entre un bilboquet et une barbie gonflée à l'acide hyaluronique (propulsé à l'aide d'une pompe à vélo et je ne vous dis pas où se trouve la valve), ce n'était pas gagné pour Annabelle d'arriver à nous faire peur. Mais le réalisateur ne s'est pas pris les pieds dans le tapis et l'a sacrifiée au profit d'un démon bien plus convaincant. La poupée se trouve donc reléguée au second plan avec quelques apparitions qui nous suffisent bien, l'essentiel des effets chocs venant de son "propriétaire" semblant être plutôt turbulent (ils auraient mieux fait de lui confisquer ça lui aurait fait les pieds). Oui, si on veut vraiment être critique jusqu'au bout, on a souvent l'impression de se retrouver devant un copier/coller des précédents succès du genre ("Ouija 2" ou "Conjuring 2") avec une photo conférant une ambiance assez similaire et quelques effets faciles discrètement transformés (l'homme tordu qui sera incarné ici par un épouvantail -tout de même assez réussi-, la possession de l'enfant par le démon vue mille fois...). Rien de bien original donc, rien de génial non plus, mais une vraie volonté de bien faire et un spectacle qui respire l’honnêteté et l'amour du travail bien fait. Certaines scènes sont bien plus réussies que d'autres et tirent le tout vers le haut comme ces doigts retournés délicatement qui vont vous faire grincer des dents à coup sûr; comme je l'ai dit plus haut, le démon est très réussi, à l'ancienne, avec dents pointues et cornes soignées, parvenant même à nous coller une sacrée frousse dans une séquence mémorable (ah ces yeux qui s'illuminent dans l'obscurité)... A l'instar du précédent film de Sandberg ("Dans le noir"), l'obscurité joue un rôle prépondérant et on ressent parfaitement la menace vicelarde tapie dans l'ombre, rampant vers nous la bave aux lèvres. Sur le plan technique, le film est bien emballé, plutôt bien joué et se suit vraiment sans aucun déplaisir même si on est blasé de toutes ces productions formatées qui s’enchaînent depuis quelques années. Le scénario fait le minimum syndical (avec pas mal d'allers-retours qui ne servent finalement à rien) mais une fois la bobine terminée, ce n'est pas ce qu'on retient et ça c'est forcement bon signe. Vu le nombre de bouses purulentes qui éclaboussent nos écrans et nos yeux ces derniers temps (à ce rythme les lunettes 3D seront bientôt remplacées par des lunettes de soudure, voir le casque intégral quand la gastro visuelle est trop forte), on ne va pas faire la fine bouche lorsqu'un réal obtient un bon résultat avec un matériau de merde (réchauffée en plus).. 

Voilà donc une sympathique suite qui a au moins le mérite d'exister sans provoquer de fortes douleurs rectales à celui qui la visionne; ça fonctionne bien, la dose de frissons recommandée est bien présente et même si on n'atteint pas de sommets, le plaisir est suffisant pour contenter une audience venue chercher quelques sensations fortes. Une suite dispensable mais tout à fait recommandable.

Critique: The Autopsy of Jane Doe – André Øvredal – 2016

Synopsis:
Tommy Tilden et son fils, Médecins légistes, se voient confier le cas de "Jane Doe" (nom désignant une personne sans identité), une femme morte de manière bien mystérieuse. L'autopsie, qui devait être une formalité, va se révéler de plus en plus troublante tout au long d'une nuit qui pourrait bien être la dernière..

L'avis de David:
Et vlan, revoilà le spectre du film que tout le monde a aimé et qui plane au dessus de ma tête comme un pigeon constipé depuis 3 semaines. Vais-je encore me prendre une omelette de caille en plein visage ou la peur daignera-t'elle enfin me titiller les orteils de la même manière que pour les autres spectateurs qui semblent avoir été terrifiés au gré des projections (du film hein, on oublie le pigeon là). Même Stephen King, très en vogue en ce moment, a semble-t'il dû être accompagné pour assister à la séance, c'est dire. Après avoir chassé les trolls à coups de boulettes saveur caca, le réalisateur au nom de meuble s'attaque donc à la possession diabolique et nous vend un truc qui promet des révélations plus ou moins flippantes sur une nana bizarre que personne ne semble connaitre. Pas mal. Bon j'ai déjà une petite réclamation complètement insignifiante et surtout qui ne sert absolument rien mis à part peut-être à me soulager en libérant ma connerie: pourquoi diable avoir traduit un titre Anglais par un titre Anglais..? Passons, et intéressons nous au nerf de la guerre, celui qui frétille à la seule évocation d'une porte qui claque, toujours prêt à nous dresser les poils les uns contre les autres. Le début commence plutôt bien; des personnages intéressants, bien joués et un joli emballage qui met l'eau à la bouche (générique top sur fond d'autopsie bien crado, musique qui claque et morgue filmée amoureusement appuyée par une photo de toute beauté). Raaaahhh, je vais aimer là c'est quasi sûr, en tout cas ça part très bien. Les phénomène bizarres commencent à survenir et tout semble monter crescendo jusqu'à un véritable déferlement de... ben rien justement. Comment ça, qu’ouïe-je? Dans quel étagère? On va vous épargner un suspense inutile tout de suite. Mis à part apprendre que c'est une sorcière (et on se demande bien comment, le héros semblant avoir fait tourner la roue des réponses toutes faites juste avant), vous ne saurez quasiment rien sur cette "Jane Doe" qui parait pourtant bien revancharde. Rien, nada, peau de balle. Le scénario a sûrement dû être écrit sur un coin de table (au sens propre comme au sens figuré) et le réalisateur n'essaye même pas de nous faire passer ce bout de bois indigeste en l'agrémentant de sursauts bien sentis ou d'apparitions fantomatiques à glacer le sang; non... Juste des zombies à la con, des péripéties à la con et surtout des incohérences à la pelle/con (le mec qui se casse 72 côtes et qui continue à courir comme un dératé). N'attendez rien non plus de la fin, vous n'aurez droit qu'à un vulgaire twist éventé comme les dessous de bras de Freddy lors du lavage hebdomadaire de son pull à rayures et rien de plus.. On se fout de tout et surtout de nous. Aucun cheminement, des personnages qui ne servent à rien, une histoire inexistante et des frissons qui ne dépasseront pas le frétillement d'un pet un soir de gastro, absolument tout est réuni pour qu'encore une fois je me fasse un maximum d’ennemis tant le film semblait avoir été apprécié par le plus grand nombre. On sauvera juste deux trois effets gores à l'ancienne ça et là mais guère plus. Bref, je dois décidément avoir des goûts de chiotte et présenter un penchant pour le sadomasochisme tant je m'obstine à y croire à chaque fois (et à chaque fois c'est la dégringolade). Promis pour la prochaine je me sélectionne un bon Z rital qui tâche; ça me donnera au moins l'occaz de me marrer...

Je me suis encore une fois excité tout seul dans mon coin pour hériter au final d'un pétard mouillé aussi vide que mon compte en banque après le passage du trésor publique. Quelle déception. Un néant abyssal qui ne sert absolument à rien mis à part tuer 1h26 de votre temps de vie à grands coups de bistouri dans la rétine. En tout cas moi, les incontournables, demain j'arrête...

Critique: Jessie (Gerald’s Game) – Mike Flanagan – 2017

Synopsis:
Jessie et son mari Gerald partent passer un week-end en amoureux, seuls, dans leur maison secondaire. Ils espèrent ainsi retrouver leur fougue perdue, notamment lors de leurs ébats sexuels. Gerald, en panne de désir depuis quelques temps, menotte sa femme au lit et, prenant un peu trop son rôle au sérieux, dérape méchamment au goût de Jessie qui lui demande d'arrêter. Celui-ci s’exécute, mais fait une crise cardiaque...

L'avis de David:
Attendue depuis longtemps par un grand nombre de fans, cette adaptation du "Jessie" de Stephen King avait de quoi faire peur. Imaginez un peu: un huit clos autour d'un plumard ça aurait pu très vite nous inciter à un gros dodo plus ou moins réparateur. Mais que nenni que nenni! Le jeune Flanagan nous ressort son cocktail détonnant, mélange de peur et d'angoisse, le tout saupoudré d'une bonne dose d'intelligence et de roublardise. Quand on s'ennuie, n'importe quoi paraît mieux (Doug Coughlin) mais dans le cas présent, cette loi ne s'applique pas et c'est tant mieux! Amateurs de spectaculaire, d'hémoglobine (quoique) et de monstres numériques affamés, passez votre chemin. Rien de tout cela ici, juste une femme seule face à ses démons qui va devoir se combattre elle-même afin de devenir plus forte et se libérer de ses chaines, au sens propre comme au sens figuré. Exit donc l'action débridée, place à la tension et à la psychose qui font au moins aussi bien le boulot quand elles sont bien maîtrisées (si on est un tant soit peu disposé à les subir). Et la maîtrise on peut dire que Mike Flanagan l'a. Adeptes depuis "Ouija les origines","Hush" ou encore "Ne t'endors pas" (deux autres productions Netflix), nous attendions avec impatience sa nouvelle réalisation (et encore plus sa version de "La maison du diable"); encore une fois nous ne sommes pas déçus. Le mec réussi quand même à se dépatouiller d'une histoire sacrément casse gueule tout en réussissant tour à tour à nous faire peur (les apparitions du faucheur valent le détour), nous inquiéter, nous dégoûter, pour finir avec un épilogue qui m'a laissé totalement sur le cul. Les personnages (joués admirablement par Carla Gugino, Bruce Greenwood ou encore Kate Siegel) sont ciselés, travaillés, et chaque aller-retour dans le passé de Jessie nous laisse un goût amer dont il est difficile de se débarrasser. Au travers de ses pensées (et de leur cristallisation via des doppelgängers tantôt sombres tantôt bienveillants), nous assistons à une véritable montagne russe de ses émotions qui vont jouer avec nos nerfs et renforcer sa hargne et son envie de s'en sortir. Au rayon des micro-problèmes, on citera une narration parfois un peu trop lente dans le milieu (mais c'était nécessaire je pense) et quelques facilités qui auraient pu être évitées (Bruce Greenwood en Gerald est bien trop séduisant pour ressembler au personnage du livre), mais franchement tout le reste frise la perfection. Mis en images avec brio, souligné par une musique mélancolique du plus bel effet, le film accumule aussi quelques passages gores bien gratinés (la séquence de la main prend littéralement aux tripes comme jamais; je n'en dis pas plus et vous laisse apprécier). Flanagan transforme donc une nouvelle fois l'essai et nous livre son film le plus riche, exigeant, s'appuyant sur un roman du King qui méritait d'être traité avec autant d'honneurs. C'est désormais chose faite; merci Mr Flanagan et revenez quand vous voulez...

Encore une réussite à mettre au palmarès de ce réalisateur qui a décidément tout compris au film. Une adaptation juste parfaite mélangeant les ingrédients d'une bonne frousse avec un brio qui force le respect. Oui d'accord il y a quelques longueurs, mais je ne lui en tiendrait pas rigueur et doit avouer avoir adoré cette indécente proposition. Je dois me faire vieux sûrement.. Merde où sont ces foutus pilules bleues?...